Le plan directeur

CRITÈRES D’ÉVALUATION DES RESSOURCES NATURELLES

On dispose à ce jour d’une bonne quantité d’informations sur les ressources floristiques de la Grosse Île et c’est ce qui explique que les priorités de conservation ont surtout été élaborées en fonction de ces ressources. L’analyse a principalement été réalisée à partir des communautés végétales identifiées par Marineau (1995). Chaque communauté a été examinée en fonction des critères suivants : la diversité, la sensibilité, l’état de perturbation et l’unicité. Les critères ont été évalués pour chaque groupement végétal sous forme d’une cote permettant de faciliter la priorisation et de favoriser l’objectivité. Le poids attribué à chacun de ces critères varie en fonction de leur importance au plan écologique. Les critères ont été définis de la façon suivante :

Sensibilité

La sensibilité des groupements végétaux introduit le concept de fragilité intrinsèque de chaque composante et de représentativité (étendue et dispersion) de chaque groupement sur l’île. Ainsi, la sensibilité peut être reliée à la présence de plantes rares ou menacées, de milieux humides, de sols minces sujets à l’érosion, de plantes situées à la limite de leur aire de distribution, de groupements particuliers faiblement représentés sur l’île, etc. La sensibilité représente le critère le plus déterminant, faisant intervenir la notion de vulnérabilité des communautés végétales aux perturbations du milieu. Soumises à des activités humaines, certaines ressources ou communautés végétales peuvent en effet être affectées de façon irréversible par altération ou destruction, ce qui justifie le poids élevé accordé à ce critère. Les cotes suivantes ont donc été établies :

Très élevée : 12
Élevée : 8
Moyenne : 4
Faible : 0
Diversité

Le gouvernement fédéral s’est engagé à préserver la diversité biologique au pays. Par ailleurs, en tant qu’organisme de protection du patrimoine naturel et culturel, Parcs Canada se doit de protéger les habitats riches en espèces. C’est la raison pour laquelle le poids de ce critère a été jugé pratiquement aussi crucial que le précédent. Pour évaluer ce facteur et définir des cotes qualitatives appropriées, on a pris en compte la richesse en espèces et utilisé les indices de Simpson et de Shannon estimés pour chaque communauté végétale dans l’étude de Marineau (1995). Les cotes suivantes ont ainsi été définies :

Très élevée : 8
Élevée : 5
Moyenne : 2
Faible : 0
État de perturbation

L’examen de l’état de perturbation de chaque communauté végétale tend à indiquer dans quelle mesure l’environnement actuel peut être considéré comme le résultat de l’évolution naturelle, compte tenu des perturbations importantes découlant de l’occupation de l’île. On a surtout tenu compte des perturbations des dernières décennies, de leur gravité et de leur caractère permanent. Le poids de ce critère est moindre que ceux cités précédemment; toutefois, il joue un rôle non négligeable puisqu’il permet de distinguer les secteurs les plus représentatifs et les moins perturbés parmi les communautés végétales de l’île. Les cotes suivantes ont été établies :

Élevé : 0
Moyen : 2
Faible : 4
Unicité

Certaines communautés végétales peuvent être caractérisées d’« uniques » sur l’île ou dans la région. Elles peuvent constituer des entités distinctives en fonction :

- de leur nature intrinsèque comme unité de paysage;
- de la présence dans la communauté d’espèces fauniques ou floristiques rares ou menacées, en faible abondance ou distribuées de façon sporadique;
- de leur conservation dans un état naturel ou faiblement perturbé par l’occupation humaine.

Les cotes associées à ce critère sont les suivantes :

Caractère unique : 4
Caractère non unique : 0

La somme des cotes obtenues pour chacune des communautés végétales de la Grosse Île nous a permis d’établir les priorités de conservation du lieu (voir tableau), lesquelles s’établissent selon les classes suivantes :

Priorité I : les valeurs numériques comprises entre 28 et 18 inclusivement;
Priorité II : les valeurs numériques comprises entre 17 et 13 inclusivement;
Priorité III : les valeurs numériques comprises entre 12 et 8 inclusivement;
Priorité IV : les valeurs numériques de 7 et moins.

Il importe de souligner toutefois que l’évaluation décrite précédemment n’a pas été appliquée aux groupements végétaux retrouvés sur le littoral. Étant donné que la majorité des éléments rares, menacés ou vulnérables sont répartis de façon plus ou moins regroupée sur tout le littoral de l’île, il apparaît évident que cette zone exige le plus haut degré de protection.


Méthodologie
Critères d’évaluation des ressources naturelles
Priorités de conservation
Définition des classes de priorité
Conclusion