Lieu historique national des Fortifications-de-Québec

Le lieu historique national du Parc-Montmorency

Détail d’une gravure de Jean-Baptiste Franquelin Détail d’une gravure de Jean-Baptiste Franquelin
© BANQ

Le palais épiscopal après les bombardements de 1759 Le palais épiscopal après les bombardements de 1759
© MNBAQ

Le parlement vers 1852 Le parlement vers 1852
© Archives de la Ville de Québec

Le parlement vers 1860 Le parlement vers 1860
© Illustrated London News
Le parc Montmorency en 1898 Le parc Montmorency en 1898
© BANQ

Sis au sommet de la côte de la Montagne, dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec, le parc Montmorency a tour à tour été un cimetière, un lieu de pouvoir religieux et civil, un site militaire stratégique ainsi qu’un parc urbain. C’est néanmoins à titre de lieu de réunion de l’Assemblée législative de la province du Canada-Uni entre 1841 et 1866 qu’en 1949, il a été désigné lieu d’importance historique nationale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Occupé dès 1616 par les pères Récollets, le terrain connaît une succession de propriétaires jusqu’à son acquisition en 1688 par Mgr de Saint-Vallier, qui fait de la maison qui s’y trouve le site du premier Palais épiscopal. De 1693 à 1695, Saint-Vallier entame la construction d’un nouveau palais, mais le projet est ambitieux et seule la moitié du bâtiment est complétée. Partiellement détruit lors du siège de Québec, en 1759, le bâtiment ne sera rénové qu’en 1766.

En 1791, le parlement britannique adopte l’Acte constitutionnel, qui divise la colonie en un Haut et un Bas-Canada. Chacune des provinces est alors dotée d’institutions comprenant, entre autre, un gouverneur, un conseil exécutif nommé par la couronne et un conseil législatif. À Québec, le gouverneur Carleton et les conseillers législatifs siègent dans le palais épiscopal. C’est aussi dans cet édifice que s’ouvre, le 17 décembre 1792, la première session de l’Assemblée législative du Bas-Canada.

La période trouble qui suit l’Acte constitutionnel culmine avec les rébellions de 1837 et 1838, à la suite desquelles le parlement de Londres adopte l’Acte d’Union, une loi qui unifie les Haut et Bas Canada en une seule province, le Canada-Uni. Pendant cette période, plusieurs villes accueilleront le siège du parlement : Kingston, Montréal, Toronto et Québec. Cette dernière est le siège du pouvoir du Canada-Uni de 1852 à 1855 et de 1860 à 1865. Or, en octobre 1864, une rencontre cruciale pour la suite de l’histoire politique du Canada s’y déroule.

En effet, entre 1864 et 1867, trois conférences ont lieu, à Charlottetown, à Québec et à Londres. À la suite des travaux de la conférence de Québec, les délégués préparent une série de recommandations, les Résolutions de Québec. Au nombre de 72, ces résolutions servent de base aux travaux qui mèneront à la sanction royale de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, lequel entrera en vigueur trois mois plus tard, soit le 1er juillet 1867.

Avec l’avènement de la Confédération, la ville de Québec devient la capitale de la Province de Québec. Le nouveau gouvernement provincial siège dans l’ancien Parlement du Canada-Uni. En 1883, l’édifice est la proie des flammes. Les députés intègrent alors l’actuel Hôtel du Parlement, beaucoup plus vaste, dont la construction de l’aile principale vient à peine de débuter.

Dix ans plus tard, le site est nettoyé et cédé à la ville. En 1898, à l'initiative du maire Simon-Napoléon Parent, il devient un parc public. En 1908, il porte le nom de « Jardin Montmorency », à la mémoire du vice-roi de la Nouvelle-France, Henri II duc de Montmorency, et du premier évêque de Québec, Mgr François de Montmorency-Laval. En 1950, le gouvernement fédéral (Parcs Canada) en devient propriétaire. Aujourd’hui, le parc Montmorency demeure un des rares parcs publics de la ville intra-muros. Il fait partie intégrante du lieu historique national des Fortifications-de-Québec.