Lieu historique national des Fortifications-de-Québec

Merveilles naturelles et trésors culturels

Le Parc-de-l'Artillerie

La redoute Dauphine
La redoute Dauphine
© Parcs Canada

Histoire

Le parc de l'Artillerie, riche d'un important patrimoine architectural, témoigne de plus de deux siècles et demi d'histoire. Son emplacement a été reconnu comme endroit stratégique dès la fin du 17e siècle et les ingénieurs militaires y ont érigé divers ouvrages de défense au fil des ans. Puis, à partir du milieu du 18e siècle, le lieu devient graduellement un secteur de casernes. Soldats français et britanniques y logeront avant que le secteur devienne un important complexe industriel.

Le parc de l'Artillerie détenait une grande importance stratégique : il dominait le plateau à l'ouest, où une armée pouvait assiéger la ville, et il surplombait la rivière Saint-Charles, où des navires pouvaient débarquer. Sous le Régime français, toutes les lignes de défense proposées et construites passaient sur ce territoire. En 1712, on a mis en chantier la redoute Dauphine. Cependant, la signature du traité d'Utrecht a mis fin aux travaux en 1713.

Le séjour provisoire en 1748 de 8 compagnies des Troupes franches de la Marine et d'un détachement du régiment de Karrer, formé de mercenaires suisses au service du roi de France, a poussé l'ingénieur Chaussegros de Léry à concevoir l'implantation d'un véritable secteur de casernes dans la zone nord-ouest des fortifications de la ville. Il a donc terminé la redoute Dauphine, l'a aménagée en caserne et a entrepris la construction d'un édifice long de 160 mètres adossé aux fortifications, qui s'appellera les « Nouvelles Casernes ». Il a entouré son secteur de casernes d'un mur de garde, l'isolant ainsi de la ville et de la population civile. Enfin, il a aménagé un champ de parade au centre. Les soldats des Compagnies franches de la Marine et des Troupes de Terre sont donc arrivés à partir de 1749 et ont habité les Nouvelles Casernes jusqu'à la fin du Régime français.

Après la Conquête, les soldats des compagnies d'infanterie de l'armée britannique, puis ceux du Royal Artillery Regiment, ont logé dans le secteur des casernes. Au 19e siècle, la redoute Dauphine a surtout servi de logis et de mess aux officiers du Royal Artillery. Quant aux Nouvelles Casernes, elles ont gardé leurs usages antérieurs : casernes, salles d'armes, prison et entrepôts. Après un incendie en 1816, le commandant en chef du Royal Artillery Regiment a établi ses quartiers à l'extrémité ouest du bâtiment. À cette époque, les militaires britanniques ont commencé à désigner le secteur sous le nom Artillery Barracks, Yard and Ordnance Stores.

Les militaires anglais ont érigé de nombreux bâtiments et ouvrages complémentaires aux édifices en place. La construction d'une poudrière, de 1806 à 1807, et celle d'une remise pour les affûts de canon, de 1813 à 1815, complètent l'équipement défensif du bastion Saint-Jean. D'autres bâtiments ont été construits autour du champ de parade : entrepôts, abris, écuries, remises, ateliers, latrines, station de pompage, logis des officiers (1818) et corps de garde (1832).

La vocation industrielle du secteur est née en 1879, alors que le gouvernement canadien transformait les casernes désaffectées en usine de munitions de l'armée canadienne. La fabrique se trouvait alors dans les Nouvelles Casernes et la redoute Dauphine servait de résidence au surintendant. Ces bâtiments étaient désaffectés depuis le retrait définitif des troupes britanniques du Canada en 1871.

En 1901, la cartoucherie a connu une croissance d'envergure et on a changé son nom pour celui d'Arsenal du Dominion. Deux ans plus tard, les dirigeants de l'entreprise ont érigé une fonderie dans la gorge du bastion Saint-Jean et, en 1908, l'ancien champ de parade a disparu sous un immense atelier de mécanique.

Pendant les deux guerres mondiales, l'Arsenal du Dominion a joué un rôle prépondérant dans l'effort de guerre du Canada. Plusieurs milliers de Québécois et de Québécoises y ont travaillé. En 1945, l'Arsenal a été englobé dans la corporation de la Couronne « Arsenaux canadiens ltée ». Les usines du parc de l'Artillerie ont périclité lentement pendant la production des munitions et ont déménagé dans d'autres ateliers du conglomérat. Elles ont fermé définitivement en 1964.

De la cuisine aux canons : Les ouvrières de l’Arsenal du Dominion à Québec

Écoutez en primeur, le témoignage de trois ex-ouvrières des usines de munitions. Des milliers de femmes contribuèrent à l'effort de guerre en travaillant au remplissage, à l'assemblages et à l'inspection des munitions dans des usines privées ou publiques à travers le pays. Cette vidéo a été produite à l'occasion de la désignation des travailleuses de l'industrie des munitions militaires en tant qu'événement d'importance historique nationale.