Lieu historique national du Canada du Canal de Chambly
Les témoins de l'histoire
Malgré l'assaut des ans et en dépit de certaines modifications
apportées depuis l'ouverture du canal en 1843, la plupart des structures
du canal ont conservé un caractère ancien qui confère à l'ensemble
un cachet particulier.
Au sein du réseau des canaux historiques du Québec, le canal
de Chambly constitue la seule composante opérationnelle qui ait conservé,
dans sa forme actuelle, son tracé d'origine, ses structures anciennes
et plusieurs mécanismes datant du début du XXe siècle.
Barge
entrant dans le canal par les écluses numéros 1, 2 et 3
© Archives nationales du Canada / PA-085627
Le canal de Chambly est doté de neuf écluses de dimensions relativement
modestes. Ces écluses ont été reconstruites vers la fin
du XIXe siècle sans que leurs dimensions d'origine n'aient été modifiées.
Puisque la plupart d'entre elles ont conservé les principales caractéristiques
architecturales de cette époque et sont encore opérées
manuellement, on peut les considérer comme des témoins marquants
de la technologie des transports maritimes au XIXe siècle.
Les écluses combinées nos 1, 2, 3 en sont de remarquables exemples.
Une dizaine de ponts mobiles enjambent le canal de Chambly. À l'exception
du pont no 1 reconstruit au cours des années 1970 et du nouveau pont
no 10 construit en 1986, les ponts du canal ont conservé l'authenticité de
leurs structures datant du début du XXe siècle. Le
pont no 9, construit au canal de Lachine à la fin du XIXe siècle,
fut installé au canal de Chambly en 1923 après avoir été amputé de
seize pieds. L'opération des ponts nos 4 et 5 demeure encore à ce
jour manuelle.
Logette
d'éclusier à l'écluse numéro 8, 1934.
© Archives nationales du Canada / C-060765
Les logettes représentent des éléments marquants du paysage
architectural du canal. La Commission des lieux et monuments historiques du
Canada a recommandé la conservation des deux anciennes logettes des écluses
combinées nos 1, 2, 3, les logettes des écluses nos 7 et 8 de
même que les logettes des ponts nos 2 et 5. Elles ont conservé leur
aspect ancien, caractéristique du début du siècle. Elles
sont de style architectural Néo-Queen-Anne (écluses nos 7 et
8 de même qu'à proximité des écluses nos 1, 2,
3). Pour leur part, les logettes des ponts nos 2, 4, 5 et 7 datent du début
du siècle, mais arborent un style plus sobre puisqu'elles sont dénuées
de tout élément décoratif.
Les
ateliers du canal de Chambly en 1904.
© Archives nationales du Canada / PA-085606
Le vieil atelier regroupe six bâtiments construits entre 1883 et 1960.
Il se distingue par un toit mansarde et des fenêtres de style « revival ».
Depuis 1843, il a servi pour la fabrication de portes d'écluse et pour
l'entretien du canal de Chambly, d'autres canaux et de diverses propriétés
de Parcs Canada. Il s'agit d'un bâtiment reconnu par le Bureau d'évaluation
des édifices fédéraux du patrimoine. La croissanterie « Aux
berges du canal », bien que n'appartenant pas à Parcs Canada,
date du XIXe siècle et contribue à rehausser le caractère
patrimonial du canal.
La
maison du surintendant en 1914.
© Parcs Canada / B.2.4
Situé à proximité des écluses combinées,
la maison du directeur a été construite vers 1867. Elle a servi
de bureau pour le percepteur et pour le surintendant du canal. En 1914, elle
a été agrandie et transformée en résidence pour
le directeur du canal. Ce bâtiment a été reconnu comme
ayant une valeur patrimoniale par le Bureau d'examen des édifices fédéraux
du patrimoine. Il a été reconnu en raison de son association à la
croissance et au développement du bassin de Chambly, parce qu'il renforce
le cadre du canal et parce qu'il est l'un des immeubles qui subsistent de
l'infrastructure du canal et le seul associé à l'écluse
no 2. Le toit mansarde, la véranda, le balcon, les fenêtres et
les lucarnes représentent les éléments les plus significatifs
de son architecture.