Lieu historique national du Canada du Canal de Chambly

Le charretier du canal

« Il marche derrière ses chevaux, le pas appesanti par la fatigue. La pleine lune éclaire le chemin de halage et la barge chargée de charbon glisse sur l'eau, environ 100 mètres derrière. La nuit est chaude, c'est juillet.

La journée a été bonne et même si les chevaux semblent un peu nerveux, il n'y a eu aucun accident, ni bris de harnais, ni chute dans l'eau, ni accrochage. Tout a bien marché mais l'homme est las. Levé avant le jour, au travail depuis quatre heures ce matin, il est maintenant près de dix heures.

Un charretier avec ses trois chevaux tirant une barge le long du chemin de halage du canal de Chambly. Vue du canal de Chambly, au début du XXe siècle.
© Musée McCord d'histoire canadienne / Notman

Dans quelques minutes, il sera aux écluses, près de chez lui. Il lui reste encore à écluser sa barge, à amener ses chevaux au bassin pour les rafraîchir, à nettoyer les plaies qui se sont peut-être formées sous les colliers et à nourrir ses bêtes avant de pouvoir prendre quelques heures de repos.

La journée du lendemain viendra vite car il y a encore des barges au quai qui attendent d'être halées vers Saint-Jean. Depuis l'appel de la sirène qui annonçait l'arrivée des premières barges à la mi-mai, l'activité a été grande et le temps maussade. Malgré la fatigue, il n'est pas question de prendre congé : les barges doivent être montées sans délai et c'est le travail des charretiers du canal de Chambly de le faire. »

Adaptation d'un texte de Bernadette Laflamme,
présidente de la Société d'histoire de la Seigneurie de Chambly