Lieu historique national du Canada Cartier-Brébeuf

La géographie de la province de Canada

Une carte du Québec et du nord de L'Ontario où un encadré situe l'ancienne province de Canada, qui se situait aux environs de Stadaconé (maintenant la ville de Québec). Localisation approximative de la province de Canada
© Parcs Canada

C'est dans cette province que Cartier hiverne à deux reprises, mais le récit de ses relations de voyage comporte certaines imprécisions. Par exemple, les chercheurs ont souvent tenté de situer précisément les limites de la province de Canada, mais l'exercice demeure interprétatif. En effet, Cartier reste muet sur la limite ouest et il est loin d'être limpide lorsqu'il fait mention de la limite est. De façon générale, les chercheurs ont quand même situé la frontière occidentale dans la région du village actuel de Portneuf, alors que la frontière orientale est positionnée à l'archipel de Montmagny ou à l'île aux Coudres.

Quant aux agglomérations qui font partie de la province de Canada, Cartier en énumère sept, toutes sur la rive nord du fleuve, qui vont comme suit, d'est en ouest : Ajoaste, Starnatam, Tailla, Sitadin, Stadaconé, Tequenonday et Hochelay (ou Achelacy). Soulignons que Cartier ne parle pas de villages, mais plutôt de peuples et « demourances », ce qui ouvre la porte à des interprétations différentes pour quelques-uns de ces toponymes. Il pourrait s'agir, dans certains cas, de camps de pêche sur la rive du Saint-Laurent. L'emplacement de ces lieux est également objet de conjectures, sauf peut-être pour Achelacy, au pied des rapides Richelieu, et Stadaconé, quelque part sur le flanc nord du promontoire de Québec, sur la rive droite de la rivière Saint-Charles. Mais même dans ces deux cas, l'archéologie n'a pas encore permis de les trouver et de les localiser avec précision.

Ce que l'archéologie révèle de la province de Canada diffère des descriptions de Cartier. On n'a retrouvé que deux sites de villages (un à Deschambault et l'autre au cap Tourmente) et plusieurs sites de campements, dont un au pied du cap Diamant et la plupart des autres sur les basses terres du cap Tourmente. Il va de soi que cette image est biaisée par les efforts encore trop localisés de la recherche ainsi que par les aménagements modernes des rives, notamment sur la côte de Beaupré et le long de la rivière Saint-Charles, qui ont dû détruire beaucoup de sites iroquoiens. Quoi qu'il en soit, il semble au moins que les Iroquoiens de la région de Québec occupent intensément le tout dernier espace de la plaine laurentienne avant que le Bouclier canadien plonge, de toute sa hauteur, dans le fleuve au cap Tourmente.