Lieu historique national du Canada de Port-la-Joye- Fort-Amherst
La lutte franco-britannique
L’Europe et l’Amérique du Nord sont profondément marquées par la guerre au cours des 17e et 18e siècles. Les puissances européennes sont alors empressées de découvrir des colonies outre-mer et s’affrontent dans la course pour accroître leur prospérité économique et leur influence dans le monde.
Entre le début du 17e siècle et le milieu du 18e, la France et la Grande Bretagne cherchent toutes deux à obtenir le contrôle du territoire qui forme aujourd'hui les provinces de l'Atlantique. L’Acadie de l'époque, qui correspond à peu près à l'actuelle Nouvelle-Écosse continentale, est au cœur de la plupart des conflits. L’Acadie change de mains sept fois en cent ans. Le dernier changement de régime se produit en 1713, quand la France cède la région aux Britanniques aux termes du traité d’Utrecht.
Cette lutte entre les deux empires marque également l'île Saint-Jean (l'Île‑du-Prince-Édouard) et l'île Royale (le Cap-Breton). Ces deux îles sont toujours aux mains des Français, même après 1713, et le restent jusqu'à leur capture en 1745 par des troupes de la Nouvelle-Angleterre. Elles sont cédées de nouveau à la France en 1748 aux termes du traité d'Aix‑la‑Chapelle, et des colons et des soldats français reviennent l'occuper l'année suivante. Capturées une deuxième fois en 1758, les deux îles demeurent des possessions britanniques et sont rebaptisées île St. John's et île Cape Breton.
Les rivalités impérialistes forcent certains colons et la majorité des Acadiens à opter pour la neutralité. Ce n'est certes pas une position prônée ni acceptée par la France et la Grande-Bretagne. Les Acadiens essaient de trouver un juste milieu et de négocier avec les deux puissances, mais finissent par le payer chèrement.