Lieu historique national du Canada de la Voie-Navigable-Trent-Severn

Programme de gestion des eaux

Cycle opérationnel de gestion des eaux

Opérations automnales et hivernales

En automne et en hiver, trois grands objectifs guident le programme de gestion des eaux :
  1. préparer les lacs de manière à ce que leur capacité de stockage soit suffisante pour absorber l’écoulement printanier;
  2. minimiser les débordements le long du littoral de chacun des lacs et partout ailleurs dans le réseau;
  3. préserver l’habitat du poisson.
La fin de semaine de l’Action de grâce marque la fin de la saison de la navigation sur la voie navigable. À l’automne, un calendrier de rabaissement assorti d’objectifs hebdomadaires est produit et mis en oeuvre. En hiver, des évaluations de l’enneigement sont effectuées à cinq endroits toutes les deux semaines, du mois de janvier au début de la crue nivale : une dans le bassin hydrographique de la rivière Severn, une dans le secteur des lacs Kawartha et trois dans les hautes terres d’Haliburton. Les renseignements sur la profondeur et la teneur en eau de l’accumulation de neige contribuent à la prévision du volume total et de la pointe d’écoulement de la crue nivale printanière.

Les paragraphes suivants décrivent les opérations automnales et hivernales effectuées dans les trois bassins hydrographiques.

Les lacs réservoirs

À l’Action de grâce, les lacs réservoirs contiennent généralement entre 30 % et 50 % de leur capacité de stockage maximale. C’est souvent une trop grande quantité d’eau pour permettre un stockage suffisant au moment de l’écoulement printanier. Par conséquent, on retire l’excédent d’eau des lacs réservoirs avant l’hiver et on installe, à chaque barrage, un nombre précis de poutrelles d’arrêt qui permettront de maintenir un niveau adéquat pendant la saison froide. Selon les conditions climatiques, on procède généralement à ce rabaissement avant la fin du mois d’octobre pour éviter que les niveaux d’eau peu élevés n’exposent la ponte de la truite. Lors d’années humides, l’abaissement des lacs prend plus de temps. Lors d’années sèches, il peut s’avérer nécessaire de remplir certains lacs pour que l’eau atteigne le niveau établi pour l’hiver.

Plusieurs raisons expliquent le fait que l’on abaisse les lacs du réservoir d’Haliburton à l’automne :
  1. les lacs doivent être abaissés pour faire de la place à l’eau de la fonte des neiges;
  2. bon nombre de barrages deviennent inaccessibles en hiver;
  3. l’opération de changements sur les poutrelles d’arrêt en hiver, lesquels consistent souvent à dégager les poutrelles de la glace avec des scies à chaîne, est risquée et coûteuse;
  4. un nombre réduit d’employés sont disponibles pour l’entretien et les opérations hivernaux;
  5. les changements apportés au niveau de l’eau qui affaiblissent le couvert de glace pourraient mettre en danger les passionnés de l’hiver;
  6. en hiver, les niveaux d’eau doivent être établis avant le frai du touladi pour éviter l’assèchement ou le gel des frayères.
Pendant l’hiver, les réservoirs sont pratiquement laissés à eux mêmes. Si la neige n’est pas suffisamment abondante à l’approche du printemps, il peut s’avérer nécessaire de placer quelques poutrelles d’arrêt dans les barrages dès le mois de février pour commencer à emmagasiner l’eau.

Les lacs Kawartha

On rabaisse les lacs Kawartha représentant les plus petits corridors de navigation (Canal, Mitchell, Cameron, Lower Buckhorn et Lovesick) à leur niveau hivernal entre le 15 octobre et le 1er décembre pour éviter que le personnel responsable des opérations ait de la difficulté à accéder aux barrages et pour réduire les coûts de gestion des eaux. On laisse le niveau des lacs Kawartha les plus grands atteindre la moitié de la limite supérieure ou de la limite inférieure de navigation.

On rabaisse les lacs les plus grands du 1er janvier au 15 mars. En règle générale, on s’assure ainsi que tous atteignent leur faible niveau naturel avant la crue nivale printanière. Sur certains barrages, les poutrelles sont retirées, et la date à laquelle le niveau final est atteint varie en fonction du débit entrant naturel pendant l’hiver. Lorsque le débit entrant est élevé pendant l’hiver, l’eau de certains lacs monte au delà du niveau souhaitable, ce qui réduit la capacité de stockage pendant la période de débordement. Par ailleurs, les hivers secs et froids où l’on n’enregistre qu’un faible débit sortant peuvent amener certains lacs à s’abaisser plus que la normale. Un débit insuffisant peut causer des problèmes aux barrages des rivières en aval, car la quantité d’eau qui passe par les déversoirs n’est pas suffisante pour empêcher les poutrelles et les vannes de geler dans les barrages.

Écoulement glaciaire bloquant les poutrelles d’arrêt
Figure 12. Écoulement glaciaire bloquant les poutrelles d’arrêt
© Parcs Canada

La rivière Severn

On régule le débit sortant des lacs Simcoe et Couchiching afin de plus ou moins suivre la courbe des niveaux optimaux, qui demeure stable du 20 novembre au 20 mars. Les lacs atteignent habituellement leur niveau le plus bas en été et en automne. Pendant l’automne et l’hiver, on les « dirige » suivant la normale en augmentant le débit s’ils sont plus hauts et en le diminuant s’ils sont plus bas, sans toutefois réduire le débit en deçà du minimum historique. Aussi, on doit toujours coordonner le débit des lacs Simcoe et Couchiching à celui de la rivière Black afin de réduire les risques de hautes eaux sur la rivière Severn et le lac Sparrow.

Conclusion

Le programme de gestion des eaux associé à la voie navigable Trent–Severn suit un cycle saisonnier, et il est sujet à d’infinies variations qui dépendent des conditions climatiques. Les membres dévoués de l’équipe de gestion des eaux travaillent au maintien de la navigation le long du canal et cherchent à faire en sorte que les autres priorités soient respectées.

précédente: Opérations estivales
la prochaine: Annexe 1