Lieu historique national du Canada de la Voie-Navigable-Trent-Severn

Fiche de renseignements

Gestion des lacs Simcoe et Couchiching Lieu historique national de la Voie-Navigable-Trent–Severn, Parcs Canada

La voie navigable Trent-Severn est un réseau de lacs, de rivières aménagées et de canaux artificiels qui s’étend sur plus de 386 kilomètres, en plein coeur de l’Ontario. L’eau de la voie navigable provient de deux principaux bassins hydrologiques, soit ceux des rivières Trent et Severn. Les niveaux d’eau et les débits sont gérés par Parcs Canada afin d’assurer une navigation sécuritaire, d’éviter l’inondation des territoires agricoles, résidentiels et commerciaux, de protéger les habitats fauniques et aquatiques, de faciliter la prestation des services municipaux, de permettre la production hydroélectrique et de maintenir la qualité de l’eau.

La gestion des niveaux d’eau dans les lacs et les rivières des bassins hydrologiques de la Trent et de la Severn suit un protocole complexe qui tient compte de nombreux facteurs. Dans le cadre de ce protocole, les lacs Simcoe et Couchiching suivent ce qui est historiquement connu sous le nom de courbe des niveaux optimaux. Utilisée pour la première fois il y a presque 100 ans, cette politique de gestion des eaux a été examinée par des experts en génie-conseil indépendants en 1988. Les principaux objectifs de cette approche sont la suppression des inondations, la protection des poissons (tout particulièrement durant le frai d’automne) et le maintien de la navigation et des activités récréatives – la suppression des inondations et la sécurité du public sont les considérations primordiales. De nombreux facteurs sont pris en compte avant tout ajustement du niveau d’eau des lacs et des rivières des bassins hydrologiques de la Trent et de la Severn. Parcs Canada porte une attention particulière à la gestion de ces plans d’eau afin de respecter un éventail de valeurs partagées par le public. Les décisions touchant un plan d’eau en particulier sont soumises à un examen approfondi afin de déterminer les répercussions sur les autres plans d’eau et sur le réseau en général.

Pour ce qui est des lacs Simcoe et Couchiching, un certain nombre de facteurs doivent être pris en compte au moment de la gestion des niveaux d’eau :

  • Ces lacs sont vastes et leurs décharges sont très petites. C’est pourquoi il est difficile pour Parcs Canada de baisser rapidement le niveau au moyen des barrages de Washago. Il est donc nécessaire de procéder à un abaissement lent et prolongé.
  • Les processus naturels jouent un rôle important dans le changement du niveau d’eau de ces lacs. Par exemple, jusqu’à un centimètre peut être perdu par évaporation durant une seule journée chaude et ensoleillée. Des échanges importants se produisent également entre les lacs et la nappe phréatique. Pour illustrer ce phénomène, prenons l’exemple du 16 septembre 2011 : même si Parcs Canada ne faisait passer que 20 m3 d’eau par seconde dans les barrages de Washago, les instruments de mesure montraient que le niveau d’eau avait baissé de 0,9 centimètre, ce qui correspondait en fait à un débit de 79 m3 par seconde. Parcs Canada est à même de modifier les niveaux d’eau de ces lacs; cependant, dans cet exemple, les processus hydrologiques naturels ont eu une influence encore plus importante. Il existe de nombreuses autres situations semblables.
  • On a très peu de contrôle sur l’eau qui se déverse dans ces deux lacs. Un épisode de pluie important durant un abaissement du niveau d’eau peut avoir une incidence significative. En effet, une seule chute de pluie importante peut faire monter rapidement le niveau d’eau des lacs, même en période d’abaissement.
  • La non-atteinte des niveaux d’abaissement requis pour les lacs Simcoe et Couchiching conduit à une augmentation du risque d’inondations dans les zones basses à la suite des tempêtes automnales et hivernales et de la crue nivale du printemps.
  • Pour ce qui est du débit sortant, Parcs Canada doit tenir compte des mètres cubes d’eau supplémentaires provenant de la rivière Black (rivière non contrôlée en aval du lac Couchiching) et doit gérer le débit sortant des barrages de Washago de manière à réduire le risque d’inondations en aval. Les obstructions et les développements en aval doivent aussi être pris en considération. Autrement dit, si la rivière Black est haute et que son courant est rapide, Parcs Canada doit réduire le débit sortant des lacs Simcoe et Couchiching afin de réduire le risque d’inondations en aval.
  • Pendant toute l’année, des débits minimaux doivent être maintenus aux barrages de Washago afin de protéger l’environnement, la qualité de l’eau et d’autres caractéristiques de l’environnement en aval. Ainsi, il est exclu de fermer complètement les barrages.
  • Les niveaux des lacs Simcoe et Couchiching doivent avoir été abaissés au plus tard le 1er octobre afin de respecter la législation sur la gestion des pêches.

Tous ces facteurs sont pris en considération dans la politique de gestion des eaux des lacs Simcoe and Couchiching. Ces facteurs sont aussi pertinents aujourd’hui qu’au moment où le protocole a été élaboré. Par ailleurs, d’autres considérations se sont ajoutées, notamment le changement climatique, qui entraîne des épisodes de pluie plus intenses, et l’urbanisation, qui se traduit par un développement accru sur les berges de ces lacs. Il est important de remarquer que les pratiques de gestion des eaux de Parcs Canada suivent étroitement le cycle hydrologique naturel des lacs Simcoe et Couchiching.

En 2008, la Commission sur l’avenir de la voie navigable Trent-Severn a produit un rapport intitulé « L’essentiel c’est l’eau ». En 2009, le gouvernement fédéral a reconnu le travail considérable de ce groupe de spécialistes important et a établi un plan d’action. Même si les recommandations du rapport n’ont pas toutes été acceptées, un certain nombre d’initiatives cruciales ont été lancées. Pour ce qui est de la gestion de l’eau, on a notamment créé un conseil consultatif sur la gestion de l’eau, en plus de procéder à des investissements dans l’infrastructure de gestion de l’eau.

Le Conseil consultatif sur la gestion de l’eau est un organisme indépendant créé par Parcs Canada. Il est composé d’intervenants représentant un éventail d’intérêts. Ces intervenants, parmi lesquels est nommé le président du Conseil, comprennent des scientifiques, des ingénieurs, des gestionnaires des ressources, des gestionnaires d’aménagements hydroélectriques, des associations de riverains et des citoyens. Le Conseil, qui se réunit trimestriellement, est responsable de fournir des orientations en matière de gestion de l’eau à l’équipe chargée de la gestion de la voie navigable Trent-Severn. Les membres du Conseil, qui proviennent de toutes les régions du bassin hydrologique, présentent à Parcs Canada des observations et des avis sur la gestion de l’eau.

Au cours des dernières réunions, le Conseil a discuté de la gestion de l’eau des lacs Simcoe et Couchiching. Le Conseil a assisté à des exposés de divers intervenants, y compris de la Lake Simcoe Region Conservation Authority (société d’aménagement de la région du lac Simcoe), d’associations de plaisanciers et d’organismes récréatifs. Lors d’une septième réunion, le 27 octobre 2011, les membres du Conseil ont décidé, à l’unanimité, d’appuyer le maintien de la politique actuelle fondée sur la courbe des niveaux optimaux comme base régissant les décisions liées à la gestion de l’eau des lacs Simcoe et Couchiching. Le Conseil a aussi incité Parcs Canada à mobiliser la collectivité afin que la population comprenne mieux les complexités associées à la gestion de l’eau de ces deux lacs.

Parcs Canada prend une décision sur la gestion de l’eau des lacs Simcoe et Couchiching