Lieu historique national du Canada Fort-St. Joseph

au fil de L'EAU: Récits de nos guides et gardiens

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L'esprit du capitaine Charles Roberts, commandant du fort St. Joseph, contemplant la capture du fort Mackinac L'esprit du capitaine Charles Roberts, commandant du fort St. Joseph, contemplant la capture du fort Mackinac
© Parcs Canada / Tamara van Dyk

DES ESPRITS QUI EN ONT LONG À RACONTER
par Frances Robb

Tenue la troisième fin de semaine d'août, la marche annuelle des fantômes du fort St. Joseph est une expérience sans pareille qui permet aux participants d'entrevoir la vie des habitants du fort et de l'établissement, lesquels étaient érigés à l'extrémité sud de l'île St. Joseph, là où la rivière St. Marys s'élargit pour laisser place au chenal du Nord et au lac Huron. Fruit des efforts soutenus et concertés du personnel de Parcs Canada et de plus d'une douzaine de bénévoles, ce rendez vous avec les esprits a pour théâtre les ruines du fort.

Lorsque les derniers rayons du crépuscule inondent les ruines, celles ci semblent retrouver leur splendeur d'antan et redevenir ce qu'elles étaient : d'une part, l’avant-poste le plus à l’ouest, et d'autre part, un carrefour de la vie militaire, domestique et commerciale, où se côtoyaient Autochtones et Européens. Vêtus de costumes historiques, des acteurs se métamorphosent en esprits pour le plus grand bonheur de leur auditoire.

Dans des sentiers éclairés à la chandelle, le capitaine Charles Roberts explique comment il a aidé à la formation de l’alliance commerciale et militaire entre les Premières nations, les Métis et les Britanniques, une alliance qui a facilité la capture du fort Mackinac dans le cadre de la première opération militaire offensive de la guerre de 1812.

Au rythme des tambours autochtones et au son des cornemuses, le chef Little Crow raconte aux visiteurs comment il a adopté le lieutenant Landmann et en a fait son petit frère en lui donnant un nom sacré Ojibwa, Manitouwiwin (ce qui signifie petit esprit).

John et Madelaine Askin décrivent les menaces de guerre
John et Madelaine Askin décrivent les menaces de guerre
© Parcs Canada / Tamara van Dyk

Les visiteurs peuvent ensuite laisser la douce lueur des étoiles guider leurs pas vers un commerçant, John Askin, et son épouse Madelaine. Ceux ci expliquent à quel point ils redoutaient qu’un conflit n’éclate avec les Américains, leurs voisins du Sud. En effet, comme la Grande Bretagne est occupée à combattre dans la guerre napoléonienne en Europe, la frontière est laissée sans défense.

À la clarté fantomatique de la lune, il est facile de s’imaginer que l’on se trouve dans un avant-poste sur le point d’entrer en guerre. Certes, à l’aube, la scène redevient un simple amas de pierres, et les esprits redeviennent des employés et des bénévoles passionnés désireux de faire connaître aux visiteurs une page de l’histoire du Canada. Du moins, jusqu’à l’an prochain!

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