Lieu historique national du Canada du Canal-de-Sault Ste. Marie

Patrimoine naturel


Sentier Attikamek

Île St. Marys du sud
Île St. Marys du sud.
© Parcs Canada / George Vandervlugt, été 2000

L'île St. Marys Sud, une des îles de la rive nord, est située dans les rapides tourbillonnants où, en d'autres temps, venaient pêcher les Ojibwa. Elle présente de nos jours deux visages distincts, soit un milieu naturel diversifié et des ouvrages techniques d'avant-garde réalisés par l'homme.

Le long du sentier Attikamek, bâtisseurs, exploitants et protecteurs du canal ont laissé les traces de leurs passage sous les arbres et dans la broussaille qui envahissent de nouveau l'île.

Des tonnes de roches et de débris provenant de la construction du canal ont été jetés sur l'île St. Marys sud qui est maintenant recouverte d'une mince couche de terre sur laquelle les plantes ont pris racine. On peut encore y voir les fondations en béton et d'autres vestiges des camps militaires de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la Première Guerre mondiale, le 51e Régiment d'infanterie, nouvellement créé, a protégé le canal de toutes tentative de sabotage tandis que des navires chargés de matériel indispensable à l'effort de guerre franchissaient l'écluse. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les militaires américains ont participé à la défense du canal. Il a fallu construire un camp pour les loger.

Les colonisateurs

Achillée millefeuille Achillée millefeuille

Le changement donne souvent des résultats inattendus. Ainsi, lorsque le paysage est bouleversé, des plantes mieux adaptées aux nouvelles conditions - luminosité, humidité et sol - viennent s'installer. Elles servent ensuite d'habitat ou de nourriture à diverses espèces d'animaux ou d'insectes.

Un bouquet de petites fleurs blanches permet d'identifier l'achillée mille-feuille, une plante utilisée autrefois par les Ojibwa comme cataplasme médicinal. Ils la faisaient aussi brûler sur des charbons pour produire une fumée qu'ils inhalaient en vue de guérir la fièvre. Les fraises des champs qui poussent au ras du sol sont une des collations préférées des petits animaux. Le peuplier baumier embaume l'air de son odeur douce et apaisante; la population locale de castors en raffole.

Une lente remontée

Il y a 10000 ans
Il y a 10000 ans

Le substratum de grès rouge de Jacobsville qui se trouve sous la rivière St. Marys continue de remonter graduellement, libéré de l'énorme poids des derniers glaciers. En se retirant, les glaciers ont laissé derrière eux d'immenses roches appelées « blocs erratiques ». En 1888, on a construit un barrage sur ce petit ruisseau; la digue sur laquelle le sentier est aménagé devait élever le plan d'eau d'amont en vue de la production d'énergie.

Le ruisseau

Whitefish
Corégone
© Parcs Canada

Le chenal Whitefish, aujourd'hui un refuge de poissons, sert de frayère d'abord au printemps pour le lançon, puis à l'automne pour le saumon et le cisco. Le ruisseau reproduit, à plus petite échelle, les conditions qui font des rapides St. Marys un habitat propice aux poissons. L'eau froide s'oxygène à mesure qu'elle tourbillonne sur les roches du lit.

Un peu plus loin, on a créé un lit artificiel pour inciter les poissons à frayer : voyez comme sa stérilité contraste avec la diversité de la vie animale et florale du cours d'eau naturel.

L'île Whitefish

Les rapides - 1907 Capture de corégones dans les rapides - 1907.
© Parcs Canada / 1907

Les Ojibwa « Attikamek » appelaient les corégones de la rivière , ce qui signifie « caribou des eaux ». Les pêcheurs ojibwa venaient de milles à la ronde récolter cette nourriture abondante. Pour pêcher, ils laissaient tomber leurs filets dans les eaux vives de la rivière tout en manSuvrant adroitement leur canot d'écorce dans les remous des rapides.

Les abords du sentier

Merisier Merisier
© Parcs Canada

Les oiseaux, les petits animaux et les insectes, très nombreux dans ce cadre champêtre, trouvent nourriture et protection dans les arbustes fruitiers (airelle, merisier, aubépine). Les oiseaux cachent souvent leurs nids dans les aubépines parées d'épines de 2,8 cm afin de profiter de cette « armure » naturelle et ainsi éloigner les prédateurs des oeufs et des jeunes.

Terres perdues ou humides

Les milieux humides comptent trop souvent parmi les victimes du développement, de l'exploitation agricole et autres des aires naturelles du Canada. Un grand nombre d'animaux et de plantes dépendent de nos milieux humides qui aident à filtrer les polluants présents dans l'eau. La couleuvre rayée et le crapaud d'Amérique se baladent parmi les eupatoires maculées et les iris versicolores.

Castorville

La faune La faune.
© Parcs Canada / George Vandervlugt, été 2000

Les castors sont en mesure d'adapter l'environnement à leurs besoins. Dans le chenal, les castors ont construit un barrage afin que le niveau de l'eau soit suffisamment haut pour leur permettre d'aménager leur hutte et de garder leur réserve de nourriture pour l'hiver sous la couche de glace. Les castors ont aujourd'hui migré en amont, comme en témoignent la nouvelle hutte, la réserve de nourriture et les arbres rongés des boisés voisins.

En bordure de la St. Mary's

Bernaches du Canada Bernaches du Canada.
© Parcs Canada / Roger Draycott, juin 1982

La faune profite des habitats naturels protégés de l'île. Le rivage sud et les eaux adjacentes attirent diverses espèces d'oiseaux et d'animaux.

Perché sur une branche, un martin-pêcheur guette patiemment le reflet d'une nageoire ou d'une écaille sous la surface de l'eau. Vif comme l'éclair, il plonge pour attraper un savoureux festin. Des visons patrouillent le rivage et les eaux profondes à la recherche de grenouilles, de serpents, de souris et de rats musqués.

Nageurs hors pair, les visons élisent souvent domicile dans d'anciens barrages de castors ou terriers de rats musqués. Le grand bec-scie plonge sans avertissement dans les rapides et refait surface à un endroit inattendu lorsqu'il pêche sous la surface de l'eau. Ce petit jeu de cache-cache plaît énormément aux visiteurs qui l'observent du rivage.

Ponts, barrages, et canaux

Pont international Pont international.
© Parcs Canada

L'impressionnant pont International (3,2 km) relie le Canada aux États-Unis et l'Ontario au Michigan. Construit en 1887, le chemin de fer sous le pont sert encore au transport transfrontalier des marchandises.

Ouvrage compensateur Ouvrage compensateur.
© Parcs Canada / Roger Draycott, août 1978.

Un ouvrage compensateur muni de 16 portes contrôle le débit de l'eau provenant du lac Supérieur.

Plus au sud, presque dissimulés à la vue par les digues, des navires passent dans les écluses du canal américain. Le premier canal américain, construit en 1885, rendait le lac Supérieur et l'Ouest accessibles aux échanges commerciaux. Un muret bas en béton aménagé près des rapides améliore l'habitat des poissons.

Les rapides
Rapides de la rivière St. Marys La rivière St. Marys est le lien fluvial entre le lac Supérieur, à l'ouest, et le lac Huron, à l'est.
© Parcs Canada / Roger Draycott, août 1978.

Les premiers explorateurs et les commerçants de fourrures devaient portager leurs canots chargés de fournitures pour contourner ces eaux turbulentes. Les rapides de la rivière St. Marys sont demeurés un obstacle pour les bateaux qui entraient dans le lac Supérieur ou en sortaient jusqu'à la construction des premiers canaux.

Les eaux oxygénées et peu profondes des rapides en font un écosystème aquatique productif. Le cisco, la truite, la perche et le brochet indigènes, ainsi que les espèces introduites dernièrement comme le saumon, se nourrissent de larves de phryganes et d'éphémères communes.