Lieu historique national du Canada du Fort-Malden

Histoire

Les origines

Fort Amherstburg, v. 1804Fort Amherstburg, v. 1804
© Parcs Canada

Il faut préciser d'abord que le lieu historique national du Fort-Malden préserve les vestiges d'un second fort, construit sur les ruines d'un premier, le fort Amherstburg, lui-même érigé en 1796. L'armée britannique en avait fait le centre de ses opérations pour la frontière du Détroit pendant la guerre de 1812, mais dut l'incendier avant d'abandonner la région en septembre 1813.

C'est l'armée américaine, en occupant les lieux de septembre 1813 à juillet 1815, qui a donné au fort sa configuration actuelle. Elle entreprit la construction dès son arrivée, mais dut faire face à un manque chronique de main-d'oeuvre et de matériaux. Lorsque les Britanniques reprirent possession des lieux au cours de l'été 1815, ils y trouvèrent un rempart en terre plus petit, à demi achevé, et qui entourait quelques bâtiments rudimentaires.


La reconstruction

Les Britanniques ont été lents à reconstruire le fort par souci d'économie. Les commandants locaux ne pouvaient effectuer que les travaux urgents. Au fort Malden, rien ne fut entrepris avant le début des années 1820. L'officier du génie militaire en poste au fort dirigea la construction d'une caserne en brique, une cuisine, un poste de garde, un hangar pour le matériel d'artillerie et plusieurs remises. En dépit de ces améliorations, on ne répara presque pas le rempart en terre et le poste n'avait vraiment d'un fort que le nom.

Les Britanniques hésitèrent à consacrer des sommes plus importantes au fort Malden en raison de l'incertitude de son avenir. Au cours des années 1820, ils dressèrent des plans divers pour améliorer ou remplacer les ouvrages existants, mais n'en réalisèrent aucun. Par suite de la détente des relations entre Américains et Britanniques, le fort fut abandonné en 1836.

Malden reprend vie

Fort Malden, v. 1840 Fort Malden, v. 1840
© Parcs Canada

C'est la rébellion de 1837-1839 dans le Haut-Canada qui déclencha une relance des activités au fort Malden. Des troupes britanniques furent expédiées d'urgence pour repousser les attaques des insurgés et de leurs partisans américains. De 1838 à 1840, le fort fut presque complètement rebâti. On érigea à la hâte deux grandes casernes pour 400 hommes, de même qu'une caserne pour les officiers, un nouveau poste de garde, une prison et de nombreux bâtiments auxiliaires. Le rempart fut réparé et armé de pièces d'artillerie.

En dépit de cette relance, la plupart des travaux effectués à Malden n'étaient que des expédients, car les autorités militaires continuaient de s'interroger sur l'avenir des lieux. La fin de la rébellion et l'amélioration des rapports avec les États-Unis réduisirent la pertinence d'une forte présence militaire dans la région. Tous les projets d'améliorations permanentes du fort furent abandonnés et les derniers soldats britanniques quittèrent le poste en 1851.

Des pensionnés de l'armée ont alors été chargés d'entretenir le fort et d'exploiter les terres de la réserve militaire qui l'entoure. Aucune construction d'envergure ne fut entreprise pendant la période 1851-1858, si ce n'est celle de cottages pour loger les colons militaires.

Période ultérieure

Lieu historique national du Fort-Malden, 1989 Lieu historique national du
Fort-Malden, 1989

© Parcs Canada

En 1859, la province du Canada-Ouest (l'Ontario) acquit le fort et y ouvrit un asile d'aliénés. On rénova les bâtiments existants destinés aux patients et au personnel. De nouveaux bâtiments furent ajoutés, dont une buanderie de deux étages en briques. Après la fermeture de l'asile en 1870, le terrain et les bâtiments du fort servirent de cour à bois et d'usine de rabotage. Au début du XXe siècle, on commença à lotir la réserve militaire pour construire des maisons particulières.

En 1921, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada établit que le fort Malden avait une importance historique nationale. Grâce à l'aide de quelques citoyens, le gouvernement fédéral acquit des terrains afin d'établir un petit parc en 1937. Celui-ci s'est agrandi et permet aujourd'hui de rappeler certains des événements qui ont marqué la formation du Canada.


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Shadrach Minkins

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