Lieu historique national du Canada du Fort-Malden

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Retraite du fort Amherstburg et bataille de la Thames

Lorsque le brigadier général Hull abandonna Détroit aux mains des Britanniques en août 1812, le général William Henry Harrison forma une nouvelle armée du Nord-Ouest. Cependant, il dut sérieusement réviser ses plans d'attaque du bastion britannique à Amherstburg lorsque son subalterne, le général Winchester, fit preuve de témérité en se rendant jusqu'à la rivière Raisin en janvier 1813 où il fut défait par l'ennemi. Toutefois, les efforts des guerriers amérindiens et des Britanniques dirigés par le major général Henry Procter ne réussirent pas à déloger les Américains des forts Stephenson et Meigs dans le nord de l'Ohio. Lorsque Perry acheva la construction de ses navires à Érié (Presqu'ile), (Pennsylvanie), il s'en servit pour écraser la flotte britannique près de Put-In-Bay (Ohio) le 10 septembre, ouvrant ainsi la voie à l'invasion du Canada.

L'armée américaine débarqua en aval d'Amherstburg le 27 septembre 1813. À ce moment-là, Procter quittait Sandwich en direction de la Thames, après avoir réduit les édifices publics d'Amherstburg, de Sandwich et de Détroit en ruines fumantes. Sa position étant devenue intenable, il avait décidé de battre en retraite par la seule issue qui lui restait, c'est-à-dire la route qui menait au point de rencontre avec les forces britanniques à l'amont du lac Ontario. Toutefois, pour apaiser Tecumseh et ses guerriers, qui craignaient d'être abandonnés, il accepta d'organiser la résistance au village moravien de Fairfield sur les bords de la Thames.

Lourdement chargés et empruntant des routes que les dernières pluies avaient presque rendues impraticables, les Britanniques n'arrivèrent que le 1er octobre à la ferme de Matthew Dolsen sur la Thames, à quelques milles en aval de Chatham. Procter étant persuadé que ses ennemis mettraient du temps à le rattraper, il partit pour Moraviantown, laissant son armée campée à la ferme de Dolsen.

Toutefois, les Américains étaient déterminés à venger le massacre de leurs compatriotes à la rivière Raisin et ne tardèrent pas à être sur la bonne piste. Les ponts enjambant les ruisseaux étant demeurés intacts et les routes ayant durci à la suite d'un gel soudain, ils purent remonter la rivière et se rendre pratiquement à mi-chemin de Chatham tard le 3 octobre. En cours de route, les Américains capturèrent le lieutenant Holms et onze Provincial Dragoons qui avaient été dépêchés pour détruire un pont enjambant le ruisseau Jeanette's. Cette nuit-là, l'armée de Harrison campa à la ferme de Drake, à 5,5 kilomètres en aval de la ferme de Dolsen désormais abandonnée par les Britanniques.

Le lendemain, le commandant adjoint de Procter ordonna aux troupes de remonter rapidement la rivière alors que les guerriers de Tecumseh restaient sur place pour attaquer les Américains lorsqu'ils traverseraient le ruisseau McGregor's à Chatham. Après une vive escarmouche, qui causa des pertes de part et d'autre, les Amérindiens se replièrent sur les traces des Britanniques, suivis de près par la cavalerie américaine.

Immédiatement en amont de Chatham, les hauts-fonds bloquèrent le passage aux canonnières que les Britanniques avaient amenées avec eux pour transporter les lourdes charges de vivres et de munitions. La plus grande, la General Myers, s'échoua et fut abandonnée après qu'on eut incendié son chargement. À six kilomètres en amont, à la ferme de Bowle, les poursuivants trouvèrent d'autres bateaux semblables, partiellement incendiés; un arsenal dans une distillerie avait subi le même sort. L'ennemi s'empara de deux canons de 24 livres, puis de deux autres canonnières et de plusieurs bateaux le lendemain, laissant très peu de munitions aux forces de Procter.

Ce dernier rejoignit ses hommes le 4 octobre et lorsqu'il apprit le lendemain matin chez Sherman que l'ennemi avait traversé la rivière à Arnold's Mills, il leur donna l'ordre de se mettre en marche sans attendre leur petit déjeuner. À peine trois kilomètres plus loin, ils reçurent l'ordre de s'arrêter. À la dernière minute, leur commandant avait décidé d'organiser la résistance à cet endroit afin d'épargner les femmes, les enfants et les malades qui avaient été envoyés au village moravien à environ deux kilomètres plus loin.

Procter plaça ses troupes sur deux lignes en travers de la route et au milieu des arbres, la Thames se trouvant sur la gauche et un vaste marais sur la droite. Les guerriers de Tecumseh prirent position dans le marais. Harrison, contrevenant aux règles de la guerre frontalière, empêcha son flanc gauche de rencontrer les Indiens dans le marais, mais lança ses fusiliers montés du Kentucky à l'attaque des lignes britanniques. Les troupes régulières, découragées par la retraite, transies par le froid et l'estomac vide, tirèrent quelques coups avant que les troupes du Kentucky ne s'abattent sur elles. Pendant que les Tuniques Rouges se rendaient, les Américains se concentrèrent sur les guerriers qui occupaient le marais. Au cours de la bataille qui s'ensuivit, Tecumseh et de nombreux autres Amérindiens furent tués.

Harrison et ses hommes occupèrent le village moravien de Fairfield dans la nuit du 5 octobre. Le village fut incendié le lendemain avant le départ des Américains pour Détroit.

Procter et environ 250 de ses hommes réussirent à s'échapper et à se rendre à la frontière du Niagara, mais plus de 600 hommes furent tués ou capturés. La bataille de la Thames mit fin au contrôle du sud-ouest de l'Ontario par les Britanniques pendant le reste de la guerre de 1812, exception faite d'un raid de temps à autre.

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