Lieu historique national du Canada de la Maison-Laurier

Sir Wilfrid Laurier
Le très honorable sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada de 1896 à 1911.
William James Topley / Bibliothèque et Archives Canada / C-001971

La vie politique de sir Wilfrid Laurier

La statue de sir Wilfrid Laurier sur la colline du Parlement, à la droite de l'édifice de l'Est
La statue de sir Wilfrid Laurier sur la colline du Parlement, à la droite de l'édifice de l'Est
© Parcs Canada / Juan Sanchez

Sir Wilfrid Laurier a été député au Parlement pendant plus de quarante ans. Il a été chef du Parti libéral de 1887 jusqu'en 1919, et premier ministre du Canada de 1896 à 1911. Ses réalisations ont été telles qu'il est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands chefs politiques du Canada.

À l'accession de Laurier au poste de premier ministre, il a pris en charge un pays qui était politiquement à la dérive depuis la mort de sir John A. Macdonald en 1891. Quatre premiers ministres avaient suivi Macdonald à brefs intervalles. Généralement dépourvus des habiletés politiques du « vieux chef », ils s'étaient montrés incapables de faire face aux problèmes du jour et d'assurer le leadership nécessaire pour tirer profit de ses réalisations. L'arrivée de Laurier au poste de premier ministre a été comme un souffle d'air frais. Premier francophone à accéder au poste de premier ministre du Canada, Laurier avait une vision du potentiel du Canada qui allait le guider au cours des quinze années pendant lesquelles il allait présider aux destinées du pays.


Laurier et l'unité nationale

Le Globe, « Bengough », le 1er septembre 1987
Le Globe, « Bengough », le 1er septembre 1987
© Bibliothèque et Archives Canada / C8429

L'un des éléments principaux de sa vision était un fort sentiment d'unité nationale. En tant que jeune homme, il disait : « L'union entre les peuples, le secret de l'avenir. » [« The unity of the people is the secret of the future. »] Il voulait dire par là que le bien-être du Canada dépendait de la volonté des Canadiens, qu'ils soient francophones ou anglophones, protestants ou catholiques, de travailler ensemble pour le bien de tous. Pendant toute sa vie, Laurier a cherché à atteindre ce but, et c'est cette vision qui a influencé ses décisions concernant des problèmes politiques difficiles. Mais malgré ses meilleurs efforts, certains enjeux étaient trop controversés pour permettre des compromis. Lorsqu'il était chef de l'opposition au début de la Première Guerre mondiale, il appuyait l'envoi de troupes canadiennes outre-mer, mais il refusait d'accepter la conscription, perdant ainsi l'appui tant des Anglais qui exigeaient le service militaire obligatoire, que des Français qui considéraient qu'une guerre européenne ne concernait d'aucune façon le Canada. Il a cependant bien souvent réussi dans ce qu'il appelait « la cause de la conciliation, de l'harmonie et de la concorde », et le sentiment de l'identité canadienne qu'il a favorisé lui a permis de faire progresser un autre élément de sa vision : l'autonomie du Canada par rapport à la Grande-Bretagne.

Laurier et l'Empire britannique

La parade du jubilé de diamants de la reine Victoria, Londres, 1897
La parade du jubilé de diamants de la reine Victoria, Londres, 1897
© Bibliothèque et Archives Canada / C08689

La Confédération de 1867 a conduit à la création du Dominion du Canada, un pays doté d'un gouvernement autonome au sein de l'Empire britannique. À cette époque cependant, il n'était pas clair dans quelle mesure le nouveau dominion était toujours soumis à l'autorité du gouvernement britannique. Il était établi que la Grande-Bretagne continuait à contrôler les relations du Canada avec d'autres pays; il était moins évident dans quelle mesure l'économie canadienne devait être liée à celle de la Grande-Bretagne, et il n'était pas non plus clairement établi si le Canada devait automatiquement venir en aide à la Grande-Bretagne si la mère patrie devait se retrouver en guerre.

Laurier était un partisan convaincu de l'association du Canada avec la Grande-Bretagne et avec l'Empire britannique. Il ne lui serait jamais venu à l'esprit d'affaiblir ces liens. En même temps, il était un nationaliste fervent qui croyait à la destinée du Canada en tant que pays autonome au sein de l'Empire britannique. En conséquence, tout au long de ses années en tant que premier ministre, il s'est opposé avec succès aux pressions britanniques visant à resserrer les liens impériaux, tant économiques que politiques, car il ne pouvait voir aucun avantage pour le Canada à s'engager dans cette voie.

En plaçant les intérêts du Canada avant ceux de la Grande-Bretagne, Laurier a suscité chez les Canadiens un renforcement de leur propre esprit national.

Affiche, « The Last Best West », vers 1900
Affiche, « The Last Best West », vers 1900 Campagne d'immigration canadienne offrant des terres gratuites et visant l'Europe, la Grande-Bretagne et les États-Unis
© Bibliothèque et Archives Canada / C30620

Laurier et la croissance du Canada

Pour Laurier, l'unité et l'autonomie n'étaient pas des fins en elles-mêmes. Il les voyait plutôt comme des moyens pour encourager les Canadiens à travailler ensemble au renforcement de leur pays et à sa prospérité. Optimiste, Laurier prédisait que le XXe siècle serait une époque de grandes réalisations pour le Canada, et son gouvernement s'est attaché à encourager l'industrie dans l'est du pays et la colonisation des riches terres agricoles dans les Prairies. De bien des façons, l'approche de Laurier était une continuation de la Politique nationale de sir John A. Macdonald, mais avec encore plus de succès. Sous la conduite de Laurier, le Canada a connu une croissance sans précédent, et a fait des pas de géant dans la réalisation de sa vision de l'avenir du pays.