Lieu historique national du Canada de la Maison-Laurier
IV : Documents visuels
1) Caricature montrant R.B. Bennett présidant aux délibérations de son Cabinet
2) L'émeute de Regina en 1935
3) Mackenzie King dans une carriole « à la Bennett »
4) Extrait de la Loi de 1944 sur les allocations familiales
5) Discours de Mackenzie King intitulé « Programme d'après-guerre » (1945)
6) Le cabinet de travail de Mackenzie King à la Maison Laurier
7) Évaluation moderne des réalisations de Mackenzie King
1) Caricature montrant R.B. Bennett présidant aux délibérations de son Cabinet
Caricature intitulée My government montrant le premier minister R.B. Bennett president les deliberations de son cabinet. Tous les personages ont le visage de Bennett.
© Dale/Winnipeg Free Press / 1935
Question :
- Qu'est-ce qui vous frappe dans les visages des Bennett et des personnages dans les tableaux au mur? Qu'est-ce que cela vous suggère au sujet de l'approche de Bennett en matière de gouvernement?
(Au cours des années 30, on racontait une anecdote qui illustrait de façon succincte l'approche autoritaire et autocrate de R.B. Bennett : Un touriste observe une personne solitaire marchant en direction du Parlement et se parlant à elle-même. Quand il s'informe de qui il s'agit, on lui répond que c'est le Premier ministre tenant une réunion du Cabinet.)
2) L'émeute de Regina en 1935
Émeutiers montés sur des voitures de chemin de fer, certains autres en Train de grimper aux voitures et d'autres encore sur les voies aux côtés de policiers.
© Archives nationale du Canada / #C-24840
Pendant la dépression, les grèves et les protestations de masse étaient malheureusement très fréquentes, et dégénéraient souvent en violence. R.B. Bennett avait très peu de sympathie pour les actes de désobéissance civile et les demandes « impudentes et radicales » des agitateurs, qui à son avis cherchaient à renverser l'ordre établi. Sous le gouvernement de Bennett, la GRC était souvent appelée à assister les autorités locales dans le maintien de l'ordre au cours des conflits de travail. En juin 1935, les travailleurs dans un camp de secours aux chômeurs à Vancouver décidèrent de prendre le train pour Ottawa afin de protester contre les conditions dans les camps et de réclamer l'aide du gouvernement. À l'arrivée du train à Regina, le Premier ministre ordonna à la GRC d'empêcher les travailleurs de poursuivre leur voyage jusqu'à la capitale. L'ordre fut exécuté; une émeute éclata cependant au cours de laquelle un policier fut tué et de nombreux policiers et civils furent blessés. Cette « émeute de Regina » fut l'incident le plus violent de la dépression.
Questions :
- Malgré l'aversion de Bennett pour les grèves et les protestations, était-il sous l'obligation dans les circonstances de permettre aux travailleurs des camps de secours de poursuivre leur chemin jusqu'à Ottawa pour présenter leurs doléances au gouvernement?
- Dans des conditions particulièrement pénibles, comme l'étaient celles de la dépression, les protestations de masse et d'autres formes de désobéissance civile sont-elles justifiées?
3) Mackenzie King dans une carriole « à la Bennett »
King dans un chariot à la Bennett: un châssis d'automobile attelé à un cheval.
© Archives nationale du Canada / #C-087860
Comme Mackenzie King, Bennett croyait que la récession économique était temporaire. En réalité, bien sûr, la situation était beaucoup plus grave que l'un ou l'autre ne voulait l'admettre. Bennett promettait des mesures énergiques, mais en 1935, il n'avait toujours pas élaboré une stratégie économique cohérente pour combattre les effets de la dépression. Malgré le fait que son gouvernement avait dépensé plus de 100 millions de dollars en secours aux fermiers et aux chômeurs, et malgré les actes de générosité personnelle de la part du Premier ministre lui-même - comme d'envoyer des billets de deux dollars aux Canadiens nécessiteux - Bennett s'était mis à dos la majorité de la population. On le considérait comme détaché et indifférent à la détresse des Canadiens ordinaires luttant pour leur survie. Il devint lui-même le symbole moqueur de la dépression : les automobiles dont on avait enlevé les moteurs et auxquelles on avait attelé des chevaux parce que les propriétaires n'avaient plus les moyens d'acheter de l'essence, étaient surnommées des carrioles « à la Bennett », et les sordides huttes de papier goudronné des chômeurs étaient surnommées « Bennettburghs ». À l'élection de 1935, Mackenzie King et les Libéraux reprirent le pouvoir avec la plus forte majorité obtenue jusque-là dans l'histoire canadienne.
Questions :
- Les Canadiens ont à peu près oublié R.B. Bennett. Pensez-vous qu'on l'a jugé injustement à cause de ses politiques inefficaces?
- Si Mackenzie King avait été Premier ministre de 1930 à 1935, aurait-il connu le même sort que Bennett? King était-il un meilleur chef politique, ou bien a-t-il profité des erreurs de ses prédécesseurs? Ou les deux?
4) Extrait de la Loi de 1944 sur les allocations familiales
« 3. À compter du premier jour de juillet mil neuf cent quarante-cinq et sous réserve des dispositions de la présente loi et des règlements d'exécution, il peut être versé, sur les deniers non attribués du Fonds du revenu consolidé, à l'égard de chaque enfant résidant au Canada et entretenu par un parent, l'allocation mensuelle suivante :
- dans le cas d'un enfant âgé de moins de six ans, cinq dollars par mois;
- dans le cas d'un enfant de six ans ou plus mais de moins de dix ans, six dollars par mois;
- dans le cas d'un enfant de dix ans ou plus mais de moins de treize ans, sept dollars par mois;
- dans le cas d'un enfant de treize ans ou plus mais de moins de seize ans, huit dollars par mois.
Toutefois, l'allocation payable en ce qui concerne un cinquième enfant entretenu par le parent, doit être réduite de un dollar; en ce qui concerne respectivement un sixième et un septième enfant ainsi entretenu, de deux dollars; en ce qui concerne respectivement un huitième enfant et chaque enfant en plus ainsi entretenu, trois dollars. »
(Extrait des Statuts du Canada, 1944-1945.)
Les critiques considéraient cette « prime aux bébés » comme un gaspillage de l'argent des contribuables, pensant que cela encouragerait simplement les familles pauvres à procréer. (En réalité, l'allocation n'allait pas entraîner une augmentation du taux de natalité, qui a diminué régulièrement depuis le milieu des années 50.) On suggérait plutôt de consacrer l'argent du gouvernement à des services aux familles nécessiteuses au lieu de leur donner une allocation mensuelle en argent. Mais les partisans d'un programme universel d'allocations familiales affirmaient que l'identification des familles véritablement nécessiteuses entraînerait des coûts administratifs élevés, et considéraient que l'argent donné directement aux mères assurerait un revenu de base pour les familles avec enfants.
Questions :
- Croyez-vous qu'on devrait payer une allocation mensuelle aux familles avec des enfants afin de les aider à payer les dépenses encourues pour les enfants?
- Êtes-vous d'accord que les allocations familiales soient payées directement aux mères, ou bien croyez-vous qu'elles devraient être distribuées sous forme de services du gouvernement aux familles nécessiteuses?
5) Discours de Mackenzie King intitulé « Programme d'après-guerre » (1945)
King lisant un discours à haute voix.
© Archives nationale du Canada / #C-23279
Transcription :
« À une autre occasion, j'espère parler des plans du gouvernement pour réaliser, une fois la guerre gagnée, ce que j'ai défini précédemment comme un "minimum national de sécurité sociale et d'assistance humaine", non pas pour les travailleurs seulement mais pour tout le monde. Ce minimum national devrait comprendre un emploi utile pour tous ceux qui sont prêts à travailler; des normes de nutrition et de logement, suffisantes pour assurer la santé de la population au complet; une assurance sociale contre les privations résultant du chômage, d'un accident, du décès du chef de famille, de la maladie ou de la vieillesse. Voilà nos objectifs pour l'après-guerre. » [Trad.]
Questions :
- Pensez-vous que Mackenzie King a dû attendre que l'opinion publique se développe avant de mettre en place des mesures sociales comme l'assurance-chômage?
- Devait-il faire face à des restrictions à cause des pouvoirs attribués aux provinces par l'Acte de l'Amérique du nord britannique?
6) Le cabinet de travail de Mackenzie King à la Maison Laurier
Mackenzie King a passé de longues heures dans ce cabinet tapissé de livres au troisième étage de la maison Laurier. On a dit que c'est de cette pièce que le pays a été gouverné pendant plus de deux décennies.
Photographie couleur du cabinet de travail situé au 2e étage de la
Maison-Laurier.
© Parcs Canada / Employé de la Maison-Laurier
King dans son cabinet de travail, 1932.
© Archives nationale du Canada / Hands studio / #C-009063
7) Évaluation moderne des réalisations de Mackenzie King
Mackenzie King.
© Archives nationale du Canada / #C-027645
« King a été celui qui a le moins divisé le Canada, et il a dirigé des gouvernements qui ont accepté la responsabilité d'assurer aux Canadiens un niveau de vie minimum à l'échelle nationale. Les Libéraux de King ont donné l'État providence aux Canadiens. Ils attendaient la contrepartie d'une population reconnaissante au moment des élections, et ils l'obtinrent. Depuis le temps de Macdonald, l'essence de la politique électorale canadienne, et peut-être l'essence de la politique électorale dans la plupart des pays, a été l'échange de faveurs pour obtenir l'appui des électeurs. King a élevé le système à des niveaux de raffinement et de complexité qui n'avaient pas encore été atteints jusque-là, et, il faut le dire, à des niveaux de services idéalistes pour les moins fortunés.
Le comte Grey [gouverneur général du Canada] avait prédit [en 1908] que King « ferait comme les autres, offrant des édifices publics avant les élections, etc. » Mais peut-être qu'en donnant des chèques de prime aux bébés aux mères, avant, pendant et après les élections, Mackenzie King n'était pas comme les autres. L'État providence a attaché les gens à leur gouvernement. Dans les temps difficiles, ce gouvernement a donné une nouvelle signification au fait d'être Canadien. Dans les années subséquentes, la relation entre un gouvernement paternaliste et des citoyens soumis serait élargie et avilie, pour devenir finalement impossible à soutenir de la même façon. King pressentait vaguement quelques-uns des périls à venir. Les autres Libéraux s'étaient moqués des inquiétudes et de la prudence du vieil homme par rapport aux dépenses trop élevées et à l'activisme. A posteriori, c'est lui qui devait avoir raison. Les qualités qu'il apportait au gouvernement du Canada, soit une intelligence élevée, une immense connaissance du gouvernement et de la politique, la ruse et la circonspection, et le dévouement total à sa vocation, l'aidèrent à maintenir le cap du navire de l'État et à prévenir les désastres dans des eaux tumultueuses remplies de danger. À commencer par Saint-Laurent, ses successeurs ne montrèrent pas cet ensemble unique d'habiletés politiques que possédait Mackenzie King. »
(Tiré de Michael Bliss. Right Honourable Men: The Descent of Canadian Politics from Macdonald to Mulroney. Toronto: Harper Collins, 1994, p. 183.) [Trad.]
Questions :
- L'historien H.B. Neatby a écrit que Mackenzie King « n'était pas un innovateur; ce n'était pas un homme aux idées originales&[sa] force se situait dans son engagement en faveur d'une politique de l'unité du parti, et dans sa capacité à accepter et à adopter de nouvelles idées lorsque l'autre solution aurait été une division dans le parti.» Pensez-vous que ce concept de leadership est préférable à l'approche plus autoritaire de R.B. Bennett?
- On a dit de Mackenzie King qu'il était « le chef qui nous a le moins divisé ». Êtes-vous d'accord avec cette évaluation?
- Pensez-vous qu'il est vrai, comme de nombreux historiens et politiciens le prétendent, que le Canada est un pays très difficile à gouverner? Si c'est vrai, pourquoi en est-il ainsi?
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