Lieu historique national du Canada de la Maison-de-Sir-John-Johnson

Transformation de la maison

Les renseignements contenus dans cette section sont tirés de rapports produits par Peter J. Stokes, David Spector et Maria Blicharski.

De 1784 à 1819 Sir John Johnson

De 1784 à 1819 Sir John Johnson

La terre que Johnson a choisie est traversée par la rivière Raisin et offre un endroit idéal pour la construction d'un moulin à bois et d'un moulin à grains, deux éléments indispensables à l'établissement des colons dans le Haut Canada loyaliste. Bâtie près des moulins, la maison appelée aujourd'hui maison de sir John Johnson a fort probablement été construite pour loger le meunier et non Johnson. Cette petite maison en bois d'un étage et demi à cinq baies a été bâtie selon la méthode de construction française pièce sur pièce, qui consiste à déposer des billes équarries horizontalement les sur les autres et à les mortaiser dans des poteaux verticaux.

La maison a été construite entre 1785 et 1792, probablement avant 1787. Après avoir examiné la propriété en 1961, Peter Stokes a conclu que ses fondations avaient été posées avant que le moulin soit terminé, mais que la partie supérieure de la maison avait été achevée après la mise en service du moulin, étant donné que du bois d'œuvre avait été utilisé à cet endroit. Il a été impossible d'établir avec certitude en quelle année la remise a été annexée au mur ouest, mais l'on croit qu'elle aurait été construite au plus tard en 1813.

De 1819 à 1848  Hugh McGillis

De 1819 à 1848  Hugh McGillis

En 1819, Hugh McGillis, commerçant de fourrures à la retraite, achète la propriété de Johnson pour la somme de 3 000 £. McGillis connaît bien la région car il s'est installé à Charlottenburg avec ses parents après la Révolution américaine, avant de se joindre à la Compagnie du Nord Ouest. En 1801, il est partenaire de l'entreprise. Il prend sa retraite en 1816 et revient dans le comté de Glengarry en 1819. Bien qu'il ait épousé une femme des Premières nations et qu'il ait eu sept enfants dans le Nord Ouest, on croit que Hugh McGillis vivait seul dans la maison avec un domestique. Durant cette période, la remise est remplacée par un rajout à deux baies, la maison est recouverte d'un parement en bois et de nouvelles garnitures y sont posées. Dans son rapport publié en 1982, David Spector avance que certaines des lucarnes auraient été pratiquées dans le toit pendant cette période, alors que Blicharski indique dans son rapport sur l'évaluation de la structure de 1990 qu'elles dateraient plutôt de l'époque où John McGillis habitait la maison.

De 1848 à 1872 John McGillis

De 1848 à 1872 John McGillis

À la mort de son oncle, en 1848, John McGillis hérite de la propriété. À cette époque, le domaine fait 550 acres et McGillis habite la maison avec son épouse Eliza et leurs neufs enfants. Du temps qu'ils occupent la maison, mais après 1861, ils construisent une annexe de deux étages munie d'une galerie sur le côté est de la maison ainsi qu'une véranda le long des façades sud et ouest. Selon Stokes, ces travaux d'agrandissement remonteraient à 1855, alors que Blicharski estime qu'ils auraient été effectués entre 1861 et 1871. Les lucarnes ont également été aménagées durant cette période.

Hugh et John exploitent une ferme mixte. Dans son testament, Hugh lègue les chevaux et les bovins à son neveu. Lors du recensement de 1851, la propriété de John compte 11 vaches, 14 veaux, 8 chevaux, 38 moutons et 38 porcs. Par ailleurs, John agrandit également la superficie de terre cultivable du domaine : le recensement de 1861 indique en effet qu'il exploitait 180 acres, comparativement à 150 acres dix ans plus tôt.

De 1872 à 1897 Murdock McLennan

De 1872 à 1897 Murdock McLennan 

En 1872, Murdock McLennan achète la maison de John McGillis. Pendant 25 années, il exploite la terre et possède huit maisons à Williamstown et dans ses environs. Au cours de cette période, la maison ne subit aucune modification importante.

De 1897 à 1938 Donald Murdock Robertson

De 1897 à 1938 Donald Murdock Robertson

Le colonel Donald Murdock Robertson reçoit la maison en héritage de son oncle. Il n'a jamais vécu à Williamstown, mais, durant les seize premières années où il en est propriétaire, il exploite la ferme par l'entremise d'un gérant local. En 1913, son beau fils Gibson P. Shaw emménage dans la maison et y habitera jusqu'en 1939. Au cours de cette période, à l'exception du retrait de la galerie de l'aile est et de l'ajout d'une petite remise dans le coin nord ouest, peu de changements sont apportés à la maison.

De 1938 à 1956 Lionel et Lionel Patrick Devaux

De 1938 à 1956 Lionel et Lionel Patrick Devaux

Lionel Devaux achète la propriété lorsque Robertson meurt, en 1938. Devaux et son fils Patrick continuent d'exploiter la terre, mais concentrent leurs efforts sur l'élevage de chevaux de course et de bovins de race. Durant la période où ils habitent la maison, ils enlèvent la remise qui avait été bâtie dans le coin nord ouest et ajoutent deux fenêtres à l'extrémité sud de l'aile est.

De 1956 à 1971 Les Soeurs du Sacré Coeur

1956-1971 Les Soeurs de Sacré Cœur

En 1956, les Soeurs du Sacré Coeur se portent acquéreur de la propriété et s'en servent comme lieu de retraite et résidence d'été pour les novices. En 1965, elles avaient vendu la plupart des terres récréatives adjacentes. Quelques travaux de rénovation sont effectués à l'intérieur de la maison, mais l'extérieur n'est modifié en rien.

En 1961, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada désigne la maison de sir John Johnson lieu d'importance historique nationale.

1971 à aujourd'hui Gouvernement du Canada

1971 à aujourd'hui Gouvernement du Canada

En 1971, le ministère des Affaires indiennes et du Nord fait l'acquisition de la maison. En 1974, des travaux de rénovation visant à aménager un espace pour la succursale de Williamstown du réseau de bibliothèques de Seaway Valley sont effectués au premier étage de l'aile est. On y installe un système d'extincteurs et améliore l'isolation du deuxième étage.

En 1996, un groupe communautaire appelé les Friends of the Manor House (Les amis du manoir) voit le jour. Ce groupe veut que la maison soit utilisée à des fins communautaires et collabore avec Parcs Canada à l'élaboration d'un plan d'utilisation. Ainsi l'aile ouest, alors inoccupée et inutilisable, est rénovée pour que le groupe puisse y exercer ses activités. Entre autres, depuis 1998, les amis du manoir gèrent les archives de Glengarry.

Leur collection comprend notamment les résumés des documents relatifs aux terres de Glengarry, des instruments légaux liés aux cessions de terres, les index des registres de baptêmes, de mariages, et d'enterrements de l'église de Glengarry, des livres sur l'histoire locale ainsi que de nombreuses photos et cartes.