Lieu historique national du Canada de la Maison-de- Sir-John-Johnson

Merveilles naturelles et trésors culturels

Histoire

Sir John Johnson

Sir John Johnson
Sir John Johnson
© Parcs Canada

Le déclenchement de la guerre de l'Indépendance en 1776 divisa les habitants des Treize Colonies. La majorité était en faveur de l'indépendance de la Couronne britannique, mais une minorité substantielle conservait sa loyauté à l'égard de la Couronne et était prête à combattre pour soutenir la cause royale. En 1776, sir John Johnson (1742-1830) était un riche propriétaire foncier dans la vallée de la Mohawk, dans ce qui est aujourd'hui l'État de New-York. Fils de sir William Johnson qui avait favorisé la colonisation de la région et fondé la communauté de Johnstown, il demeura fidèle à son allégeance à la Grande-Bretagne, au prix de sa magnifique maison de Johnstown et de ses vastes propriétés dans la vallée de la Mohawk.

Johnson et sa famille furent arrêtés dès les débuts du conflit, mais il réussit à s'échapper, à la tête d'un groupe nombreux de ses tenanciers et d'alliés loyaux de la Confédération des Six-Nations, qu'il mena vers le nord jusqu'à Montréal. Ce groupe forma le noyau du régiment que le commandement militaire britannique autorisa Johnson à recruter. Sous le nom du King's Regiment of New York, cette unité, sous son commandement, connut de nombreux engagements pendant la durée de la révolution, et Johnson devint un chef militaire hautement respecté et souvent décoré des Britanniques, atteignant le grade de brigadier général en 1782. À cette époque cependant, il était manifeste que la cause britannique était perdue. En moins d'un an, on négocia le Traité de Paris, qui reconnaissait l'indépendance des Treize Colonies et condamnait Johnson et les milliers de loyalistes qui s'étaient enfuis au Canada, en exil permanent.

Plaque de ceinturon d'officier, v.1780
Plaque de ceinturon d'officier, v.1780
© Nor'wester-Loyalist Historical Society, Williamstown, Ontario

L'instauration de la paix fut accompagnée d'un problème majeur pour les Britanniques. Les loyalistes avaient fait de grands sacrifices à l'appui de la cause britannique, et il fallait faire quelque chose pour les aider à commencer de nouvelles vies au Canada. On fit à nouveau appel à sir John Johnson, qui avait tant contribué à la cause du Roi au cours de la guerre, pour qu'il apporte son aide dans cette tâche difficile. Sa mission spécifique fut de distribuer les terres de la Couronne dans la partie est de ce qui est aujourd'hui l'Ontario aux loyalistes qui s'étaient réfugiés dans la région de Montréal, puis de les aider à s'établir sur leurs nouvelles propriétés. Il s'agissait d'une tâche énorme, mais dans le courant du printemps et de l'été de 1784, Johnson avait, selon ses propres estimations, organisé le déménagement de 3 776 loyalistes jusqu'à leurs nouvelles terres le long du fleuve Saint-Laurent et de la rive nord du lac Ontario.

Les terres de la Couronne furent distribuées aux loyalistes selon une formule précise d'après laquelle un civil marié recevait 100 acres, alors que les soldats recevaient des terres d'après leur grade. Un homme de l'importance de sir John Johnson était admissible à des concessions très considérables, et les domaines de Johnson finirent par s'étendre à travers tout l'Est de l'Ontario. L'une de ces propriétés, d'environ 2,300 acres, se trouvait dans le canton de Charlottenburgh, immédiatement à l'est de ce qui est aujourd'hui Cornwall. C'est là qu'il choisit un emplacement sur la rivière Raisin pour y construire une maison.

Le lieu historique national du Canada de la Maison-de-Sir-John-Johnson

Le lieu historique national du Canada de la Maison-de-Sir-John-Johnson
© Parcs Canada

Le lieu historique national du Canada de la Maison-de-Sir-John-Johnson, situé dans la ville historique de Williamstown, est l'une des plus vieilles demeures encore debout en Ontario.

Sir John Johnson, Loyaliste de l'Empire-Uni de grande renommée, a été à l'origine de l'établissement d'autres Loyalistes dans l'Est de l'Ontario à la fin de la guerre d'Indépendance aux États-Unis. Entre 1784 et 1792, il a fait construire une maison, un moulin à broyer le grain et une scierie sur les terres qui lui avaient été concédées dans la région de l'actuelle ville de Williamstown. La maison a survécu jusqu'à nos jours et est l'une des plus vieilles qui existent en Ontario. La maison originale a été agrandie dans les années 1820; sous sa forme actuelle, elle est un bel exemple de l'architecture domestique des premières années de la colonisation de l'Ontario.

Ces dernières années, la maison de Sir-John-Johnson a trouvé un nouveau rôle dans la communauté. En 1975, une partie du bâtiment a été louée à la succursale de Williamstown de la bibliothèque de Stormont, Dundas and Glengarry, et sert aujourd'hui de bibliothèque locale active.

En 1996, un groupe de citoyens déterminé à faire connaître la propriété et à travailler en partenariat avec Parcs Canada afin d'en assurer la protection et la mise en valeur à long terme a formé une organisation sans but lucratif, le Sir John Johnson Manor House Committee. Ce groupe conserve les archives de Glengarry et d'autres sources généalogiques dans la maison, en plus d'offrir des visites guidées et d'organiser des activités spéciales toute l'année.

La partie de la maison occupée par le Sir John Johnson Manor House Committee et les Archives de Glengarry est ouverte au public de 10 h à 14 h durant les mois d'été et chaque lundi pendant le reste de l'année. Pour obtenir de l'information ou fixer un rendez-vous, composez le 613-347-2356 ou envoyez un courriel à l'adresse suivante : sirjohnjohnson@sympatico.ca.

Nous espérons que cette visite de notre site Web sera pour vous une expérience agréable et enrichissante, une occasion d'en apprendre davantage sur sir John Johnson et sur sa maison de Williamstown.

La maison de sir John Johnson House et Williamstown

L'emplacement de la maison de sir John Johnson prit le nom de Williamstown, en mémoire de son père, sir William Johnson. Propriétaire foncier important dans la région, le but de Johnson était d'encourager la colonisation, et pour y arriver, il fit également construire un moulin à grains ainsi qu'un moulin à bois sur la rivière, à proximité de la maison. On peut douter que Johnson ait eu l'intention de vivre dans cette maison. Pendant tout le temps où il en fut le propriétaire, la maison semble avoir été occupée uniquement par un homme embauché pour s'occuper des moulins, tandis que Johnson lui-même vivait à Montréal. Mais sa vision fut réalisée, dans la mesure où Williamstown devint un village florissant au centre d'une collectivité agricole prospère.

Les premiers propriétaire de la maison de Sir John Johnson étaient des membres importants de la communauté. Johnson fit don de terres pour le champ de la foire de Williamstown www.williamstownfair.com et plus tard vendit la moitié d'un acre à un conseil scolaire local, là où se trouve aujourd'hui le Nor'westers Museum.

Hugh McGillis, le juge de paix de la région de Williamstown, fit don de la propriété pour la construction de l'église St Mary's. Le moulin à broyer le grain et la scierie procuraient des services essentiels aux colons et aux membres de cette communauté en plein croissance. À l'époque de McLennan – Robertson, la maison était désignée localement comme le « manoir ».

Vue aérienne de Williamstown, Ontario, 1920
Vue aérienne de Williamstown, Ontario, 1920
© McCarthy Aero Service Ltd., Toronto

Le maison

En 1961, la maison de sir John Johnson House est désignée lieu d'importance historique nationale en raison de son association historique avec sir John Johnson, de sa conception architecturale.et du fait qu'elle compte parmi les plus vieux bâtiments qui subsistent en Ontario.

Les transformations qu'a subies la maison au fil des années rendent sa conception architecturale particulièrement remarquable. Son plan à hall central et le fait qu'elle ait été érigée selon la technique pièce sur pièce, notamment, en font un exemple intéressant de maison du XVIIIe siècle. Les agrandissements dont elle a fait l'objet – les premiers ayant également été effectués selon la technique pièce sur pièce – ont donné lieu à une masse irrégulière qui renforce le caractère vernaculaire d'origine. Il en résulte un bâtiment aux formes irrégulières qui constitue un dossier documentaire remarquable des méthodes de construction vernaculaires employées aux XVIIIe et XIXe siècles au Canada.

Transformation de la maison

Le moulin

Dans une lettre datée du 11 août 1784, Johnson écrit au gouverneur Haldimand qu'il a quitté Montréal pour aller voir l'emplacement où il envisage de construire un moulin, le long de la rivière Raisin. Il précise que cet endroit se trouve derrière un de ses lots et constitue l'emplacement idéal pour construire des moulins, et qu'il compte y construire un moulin à grains et un moulin à bois à même un seul barrage, bien qu'il s'agisse d'un projet très coûteux. Il ajoute que compte tenu que les nombreux habitants qui s'établissent le long de cette rivière auront grandement besoin de planches, il aimerait construire le moulin à bois immédiatement, à la condition que Son Excellence ne voie aucun problème à ce que Jonathan Muchmore, le bâtisseur de moulin responsable des canaux à Des Cèdres, puisse superviser les travaux et utiliser les outils du magasin du roi dont il pourrait avoir besoin. Johnson précise aussi qu'il paiera Muchmore pour son travail, et que ce dernier devra trouver une personne qualifiée pour le remplacer durant son absence.

Muchmore meurt en juin 1787, tué par la roue d'un des moulins, ce qui indique, à tout le moins, que le moulin à bois était en activité cette année là. En 1792, le moulin à bois et le moulin à grains sont tous deux illustrés dans une carte de Charlottenburgh.

Hugh et John McGillis continuent d'exploiter les moulins ainsi que la terre entourant la maison et les moulins. On ne peut confirmer si Hugh a embauché un meunier pour faire fonctionner les moulins, mais l'on sait que John l'a certainement fait. D'après les résultats du recensement de 1861, il aurait embauché un total de huit hommes pour l'exploitation des deux moulins. Compte tenu du fait que seuls deux hommes travaillaient aux moulins en 1851, tout porte à croire que John McGillis a amélioré ou agrandi l'entreprise aux cours des années suivantes.

Le moulin à grains est la plus grande des deux structures et est maintenu en activité bien des années après la fermeture du moulin à bois en 1897. Partiellement ou entièrement actionné par la vapeur à partir de 1897, il servira à la préparation d'aliments pour le bétail distribués localement jusqu'en 1935.

En 1914, une inondation entraîne la destruction du moulin à bois; le moulin à grains quant à lui est démoli en 1935.

Sur le bord de la rivière Raisin à Williamstown, à la hauteur de la deuxième courbe de la route de comté 17 à l'est de la route de comté 19, la Commission des sites archéologiques et historiques de l'Ontario a érigé une plaque en souvenir des moulins de sir John Johnson.

Glossaire

L’architecture des premières résidences en Ontario
L’architecture des premières résidences en Ontario se caractérise par l’ajout de rallonges à des maisons petites et simples, souvent sur une période de plusieurs années. La maison originale de même que chacune des rallonges présentent des styles différents reflétant ainsi la dernière mode, la technologie accessible au moment de la construction ainsi que les moyens financiers et les aspirations sociales du propriétaire.

Construction en pièce sur pièce
La construction en pièce sur pièce se résume à des rondins verticaux fixés à une lisse basse avec d’autres rondins placés à l’horizontal remplissant l’espace entre les rondins verticaux. Cette technique est également appelée construction à ossature-bois dite « de la rivière Rouge ».

Masse irrégulière
On dit qu’un édifice a une masse irrégulière quand son empreinte n’a pas une forme simple en carré ou en rectangle; l’empreinte peut être composée de 2 formes géométriques ou plus qui sont connectées ou qui se chevauchent.

Bâtiments vernaculaires
Des bâtiments vernaculaires, ou régionaux, sont construits à l’aide de matériaux locaux facilement accessibles s’adaptant au climat local. Même si de tels édifices peuvent emprunter à d’autres styles des éléments esthétiques particuliers, leur apparence est forcément influencée par les matériaux utilisés.