Lieu historique national du Canada du Fort-George
Citations Historiques
Autres héroïnes de la guerre de 1812
À l'été et à l'automne de 1813, le fort George est occupé par une armée américaine. Les Britanniques et leurs alliés autochtones se sont retirés en position défensive sur les hauteurs de Burlington. La péninsule du Niagara est devenue en quelque sorte une « no man's lane » (une zone inoccupée) que se disputent soldats britanniques et américains, milice canadienne et guerriers autochtones en livrant bataille dans les champs, les villages et les boisés. Le premier document est tiré de la Gazette de Québec du jeudi 15 juillet 1813 et il raconte comment mesdames Kirby et Dunfield ont pu prêter une assistance opportune au lieutenant James Fitzgibbon quand il a rencontré des troupes américaines en patrouille. Heureusement qu'aucun officier américain n'était abonné à la Gazette de Québec, car les deux femmes sont demeurées pendant quelques mois dans une zone occupée par les Américains après la publication de cet article!
« Immédiatement après notre valeureuse avancée, le 6 du mois écoulé [la bataille de Stoney Creek, le 6 juin 1813], le lieutenant Fitzgibbon demande au général Vincent d'être affecté à un petit groupe distinct du 49e Régiment de la manière qu'il jugerait la plus à propos; l'offre est acceptée et la petite bande [connue sous le nom des Bloody Boys'] se déplace dès lors constamment entre les deux armées&
Le lieutenant Fitzgibbon se lance à la poursuite d'une cavalerie de 46 volontaires errants, amenés là par un certain Dr Chapin de Buffalo, et qui depuis quelques semaines pillent les habitants autour du fort Erié et de Chippewa; il s'en approche à Lundy's Lane, à environ un mille en aval de la chute [du Niagara], mais il découvre que ces cavaliers ont été rejoints par 150 membres d'infanterie. Comme son effectif ne se compose que de quelque 44 mousquetaires, il ne juge pas bon d'attaquer; la petite troupe demeure donc cachée. Habillé de vert, il se rend toutefois dans le village, au bout de l'allée, afin de faire de la reconnaissance l'ennemi n'est pas en vue. Mme Kirby, qui le connaît, accourt et le supplie de partir, car certains membres des troupes de l'ennemi se trouvent dans une maison peu éloignée; il voit un cheval à la porte et croyant qu'il n'y a personne d'autre que son cavalier dans la maison, descend de cheval et s'approche, quand soudain un fantassin s'avance et le met en joue; il se jette sur lui, saisit son mousquet et lui demande de se rendre; l'Américain résiste et tient bon; au même moment, un fusilier surgit de la porte et pointe son arme à l'épaule du lieutenant Fitzgibbon; elle est tellement près qu'il peut saisir le fusil par la bouche et le glisser sous son bras gardant ainsi la gueule du fusil devant lui et celle du mousquet derrière lui. Dans cette situation, le lieutenant Fitzgibbon demande à deux hommes qui se trouvent là de l'aider à désarmer les deux Américains mais ils ne veulent pas s'en mêler. La pauvre Mme Kirby apparemment affolée, use de toute son influence mais en vain. Le fusilier constatant qu'il ne pourrait libérer son arme, sort l'épée du fourreau du lieutenant F. de sa main gauche dans l'intention de frapper ce dernier. C'est alors qu'une autre femme, Mme Dunfield, s'empare de l'épée brandie et réussit à le faire lâcher prise. À ce moment, un vieil homme du nom de Johnson arrive et oblige l'Américain à lâcher son arme. Aussitôt, le lieutenant F. réussit à coucher l'autre soldat par terre. Un jeune garçon de 13 ans, fils du Dr Fleming, participe fort utilement à la lutte qui se poursuit pendant quelques minutes. Ainsi libéré, le lieutenant F. ne tarde pas un instant à amener ses deux prisonniers et le cheval, les forces ennemies se trouvant à moins de 200 verges de lui en train de fouiller une maison au détour de la route. »
Mme Kirby était la femme de celui qui allait devenir le capitaine James Kerby, du Second Regiment of Lincoln Militia. Quant à Mme Sarah Defields, elle était l'épouse d'Edward Defields.
Récit tiré de The Records of Niagara, # 44, A Collection of Contemporary Letters and Documents January to July, 1813, publié par le brigadier-général E.A. Cruikshank, 1939, gracieuseté de la Niagara Historical Society.