Merveilles naturelles et trésors culturels

Les casernes de Butler

Lieu historique national des Casernes-de-Butler
© Parcs Canada / Crédit photo Christina Chubb

Les hauteurs dominant Navy Hall, appelées "Commons", étaient réservées aux militaires. En 1796, on y commença la construction du fort George. À l'ouest du fort, des bâtiments furent construits le long d'un ruisseau à l'intention du ministère britannique des Affaires indiennes. Ce ministère, au service de la Couronne britannique, jouait pratiquement le rôle d'une ambassade auprès des Autochtones de la région. Il négociait des traités et des alliances militaires, s'interrogeait sur la conjoncture et réglait divers problèmes. Le ministère s'efforçait de maintenir de bonnes relations avec les Autochtones et de leur apporter un appui, au cas où il y aurait une guerre. Il disposait d'une chambre du conseil, de résidences et d'entrepôts, qui furent détruits pendant la guerre de 1812. Ces bâtiments furent ensuite reconstruits et utilisés jusqu'en 1822, lorsque le ministère mit fin à ses activités dans la région du Niagara.

En mai 1813, le fort George fut détruit par un tir de canon provenant du fort Niagara et par les projectiles de batteries de canons secondaires situées sur la rive américaine de la rivière Niagara. En décembre, lorsque les Britanniques retournèrent à la frontière du Niagara, ils décidèrent que la position exposée du fort George, bien que nécessaire, ne permettait plus que celui-ci reste la fortification clé dans la région. Après la guerre de 1812, des travaux furent entrepris pour construire de nouvelles casernes et de nouveaux entrepôts du côté sud-ouest des terres militaires, ou des "Commons", qui seraient hors de portée des canons américains. En 1854, ce nouvel emplacement portait le nom de Casernes de Butler; il fut baptisé ainsi en l'honneur de John Butler et de ses troupes, des soldats loyalistes qui fondèrent la ville de Niagara vers la fin de la Révolution américaine. On y trouvait alors 20 bâtiments sur une superficie de six acres, entourés d'une longue palissade de bois. D'autres bâtiments étaient situés sur les "Commons" à l'extérieur de la palissade, soit les quartiers de l'officier d'intendance, les quartiers du commandant, l'hôpital (anciennement la chambre du conseil du ministère des Affaires indiennes), le dépôt de combustible et des entrepôts. Ce complexe devint le coeur des efforts défensifs des Britanniques et des Canadiens dans la péninsule du Niagara.

En 1871, les casernes de Butler devinrent la propriété du nouveau Dominion du Canada, et servirent de camp d'entraînement d'été pour l'armée et la milice locale. Lorsque la Grande Guerre éclata en 1914, elles devinrent un camp d'entraînement pour les 14 000 soldats de la 2e division du Corps expéditionnaire canadien. Des milliers de soldats qui moururent à la crête de Vimy et à Passcendaele et qui participèrent aux nombreux et violents combats de la Première Guerre mondiale y furent entraînés. En 1917, les casernes de Butler devinrent le "Camp Kosciuszko" , un camp d'entraînement d'hiver pour l'armée polonaise. Les casernes ont donc joué un rôle à l'échelle mondiale: des Américains et des Canadiens d'origine polonaise s'engagèrent comme volontaires dans cette armée, attachée au départ à l'armée française. Ils furent entraînés dans la région du Niagara par des Canadiens, et par la suite participèrent à la reconstitution d'une Pologne indépendante après la guerre. Lorsqu'une épidémie de grippe frappa le camp en 1918, certains de ces jeunes hommes y trouvèrent la mort. Aujourd'hui, il est possible de voir leurs pierres tombales, desquelles on a pris grand soin, près d'une église située à proximité.

Les casernes de Butler, mieux connues sous le nom de Camp Niagara au XXe siècle, se sont surtout développées pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que les bâtiments, les tentes, les terrains de parade, les passages et autres installations nécessaires couvraient une bonne partie des "Commons". Le Camp Niagara est resté en activité jusque dans les années 1960. Les soldats qui y furent entraînés servirent lors de la guerre des Boers, des deux grandes guerres et de la guerre de Corée, et participèrent aux opérations de maintien de la paix du XXe siècle.

Les casernes de Butler de nos jours

Lieu historique national des Casernes-de-Butler
© Parcs Canada / Crédit photo Christina Chubb

Aujourd'hui, le lieu historique national du Canada des Casernes-de-Butler témoigne de plus de 150 ans d'activité militaire et reflète l'histoire de la croissance du Canada qui, de colonie qu'il était, est devenu une nation. Sur le site, on trouve maintenant quatre bâtiments britanniques de style colonial ainsi qu'une structure de construction canadienne.

La caserne des soldats:

Construit en 1817-1818, ce grand bâtiment à deux étages servit de caserne pour les hommes au XIXe siècle. Appelé "la nouvelle caserne", il pouvait loger 100 soldats. C'était un ouvrage fortifié, fait de rondins et de briques, où les meurtrières de mousquet remplaçaient les fenêtres. Lorsque le site servit de camp d'entraînement au XXe siècle, ce bâtiment fut employé à de nombreuses fins. Aujourd'hui, il abrite le Musée du Lincoln and Welland Regiment, ouvert tous les jours durant l'été, du 18 mai jusqu'à la fête du Travail, de 9 h 30 à 16 h 30. Pour information : le site Web du Lincoln and Welland Regiment.

Le magasin et le bureau de l'Intendance:

Construit en 1839, ce bâtiment de deux étages et demi abritait les entrepôts du British Commissariat Department, qui était basé à Niagara. L'Intendance acquérait la plupart des articles dont avaient besoin les soldats et réglementait les contrats militaires. Une énorme roue en bois, autrefois utilisée pour hisser des lots de marchandises au dernier étage du bâtiment, se trouve encore à l'intérieur. Après qu'une tentative de vol de la solde de la garnison eut lieu, on construisit un solide coffre-fort sur les lieux afin de protéger les fonds de l'armée. Au XXe siècle, ce bâtiment abritait généralement les services d'approvisionnement.

Les quartiers du sous-intendant:

Ce bâtiment fut construit en 1817. Ce qui devait d'abord être une écurie devint plutôt une résidence et un bureau d'officier. Le bâtiment comptait quatre pièces au premier étage, de même qu'une cuisine, un cellier et une pièce pour les domestiques à l'arrière. Des écuries et une remise furent également construites. Au XXe siècle, l'état-major utilisa ces quartiers, qui servirent parfois de mess ou de salle à manger pour les officiers et de résidence.

La remise à canons:

Ce bâtiment fut construit en 1821, afin d'abriter 3 canons de campagne de 6 livres en laiton, un obusier de 5 pouces et demi, des armes courtes et de l'équipement. Les canons de campagne tirés par des chevaux pouvaient accompagner les troupes et se déplacer rapidement pour faciliter leur combat. Durant la rébellion de 1837, des canons de campagne furent utilisés par la milice canadienne pour tirer sur l'île Navy, occupée par des partisans de William Lyon Mackenzie. Au XXe siècle, ce bâtiment abrita les services d'approvisionnement et servit à entreposer des tentes pour les camps d'entraînement d'été de la milice canadienne et à stocker du matériel d'artillerie.

"Le bâtiment de la guerre de Corée":

Bien que ce bâtiment fût construit après la guerre de Corée, il possède les mêmes caractéristiques que les nombreux bâtiments de la Seconde Guerre mondiale et d'après-guerre qui se trouvaient jadis au Camp Niagara. La plupart de ces structures furent démolies, car on considérait que les militaires n'en avaient plus besoin. Quelques-unes furent vendues au public et déplacées.

Le terrain de parade

Les restes d'un terrain de parade asphalté nous rappellent le caractère militaire des "Commons". Ce terrain date de l'époque de la Seconde Guerre mondiale.

Les chemins militaires

Voici le sentier Otter, ainsi nommé en souvenir de sir William Otter, l'un des plus importants officiers que l'armée canadienne ait compté dans ses rangs à ses débuts. Sir Otter commanda les troupes canadiennes durant la rébellion de 1885 et dirigea le premier contingent canadien pendant la guerre des Boers. Dans les premières années d'existence du Camp Niagara, il fut chargé de l'entraînement dans le district numéro 2 de la milice, et durant la Première Guerre mondiale, il dirigea les camps d'internement des étrangers du gouvernement canadien.

Aujourd'hui, ce sentier relie le fort George et les casernes de Butler. Il se rattache également au sentier récréatif de la rivière Niagara (qui va de Niagara-on-the-Lake à Fort Erie) et au sentier Waterfront.
Des plantations d'arbres magistrales ombragent les autres routes qu'empruntaient les soldats du Camp Niagara.

Le panneau historique de la chambre du conseil du ministère des Affaires indiennes

Ce panneau se trouve près de la série de bâtiments qu'utilisait le ministère britannique des Affaires indiennes dans la région avant la guerre de 1812 et jusqu'en 1822, lorsque ces bâtiments furent convertis en hôpital de garnison.

Le pont du Corps royal du génie canadien

Ce pont, construit par le Corps royal du génie canadien (Royal Canadian Engineers), est une des rares structures qui restent du Camp Niagara de la milice canadienne. Sur les côtés du pont figure la mention "R.C.E. 1914". Certains des soldats qui participèrent à sa construction furent tués ou blessés en servant au sein du Corps expéditionnaire canadien durant les horribles combats de la Grande Guerre (1914-1918). Ce pont est un monument commémoratif rappelant leur souvenir.

Comment se rendre aux casernes de Butler

Les casernes de Butler sont situées à Niagara-on-the-Lake, en Ontario, à l'ouest du fort George et de la promenade de la rivière Niagara/Queen's Parade. Le lieu historique est borné par la rue John et la rue King. Les automobilistes peuvent stationner leur voiture dans la rue John.