Lieu historique national du Fort-George

Le début de la guerre - La campagne de 1812

Biographies

Major-général Sir Isaac Brock

Le Major-general Isaac Brock
Le Major-general Isaac Brock.
©Public Domain / FGE.HIP.002

Le major-général sir Isaac Brock est né le 6 octobre 1769 sur l'île de Guernsey, l'une des îles Anglo-Normandes, dans une importante famille locale. Il entre dans l'Armée britannique en 1785 comme enseigne dans la 8th Regiment of Foot. En 1790, il est promu capitaine dans le 49th Regiment of Foot et se retrouve à la Barbade et en Jamaïque jusqu'en 1793. En 1796, il est promu lieutenant-colonel principal du 49th, malgré son expérience limitée en campagne. C'est sur la côte néerlandaise, à Egmont op Zee, que Brock connaît son premier engagement contre des défenseurs français et néerlandais. Le 49th est transféré au Canada en 1802, et Brock est nommé officier-commandant principal du Haut-Canada. Il s'impose comme chef civil et militaire du Haut-Canada et règle les problèmes courants du temps de paix, notamment un début de mutinerie au fort George en 1803. Brock commande à un total de moins de 1 000 hommes de l'armée régulière, quelques Indiens et 11 000 miliciens au Haut-Canada. Il retourne brièvement en Angleterre, puis il est réaffecté au Bas-Canada en 1806. En 1810, il détient le commandement de toutes les forces au Haut-Canada, et il est membre du Conseil exécutif. Ses premières tentatives de préparer la province à la guerre sont frustrantes, particulièrement par rapport au Conseil législatif du Haut-Canada. Le Conseil était prêt à accorder des fonds pour renforcer la milice, mais une fois la guerre commencée, il refuse de suspendre l'habeas corpus. Lorsque la guerre éclate en 1812, Brock lance une campagne agressive, même si Prevost lui a enjoint de demeurer sur la défensive. Son exploit le plus audacieux se produit le 16 août 1812, lorsqu'il mène une force de soldats réguliers et d'Indiens dans la prise de Détroit. Il continue à renforcer le Haut-Canada après cette prise, en préparation à un assaut américain qu'il attend quelque part sur la frontière du Niagara. La première attaque américaine importante survient aux Hauteurs de Queenston le 13 octobre 1812. Après avoir perdu son avantage initial, et obligé d'abandonner l'important canon de la batterie du redan, il rallie les troupes qui sont présentes au pied des Hauteurs de Queenston et se prépare à reprendre la position de la batterie du redan. Brock se serait tourné vers ses hommes et aurait dit « Reprenez haleine les gars - vous en aurez besoin dans quelques moments ». Brock lui-même conduit les troupes dans une tentative de prendre d'assaut les hauteurs, mais il est ciblé par un franc-tireur américain, et il est tué instantanément. Aujourd'hui, le Monument de Brock se dresse comme un rappel à tous les Canadiens de son sacrifice à la bataille des Hauteurs de Queenston et de ses efforts qui ont permis la préservation du Haut-Canada.

Major-général Henry Dearborn

Henry Dearborn Général d'Armée des E.-U.
Henry Dearborn Général d'Armée des E.-U..
©Public Domain / FGE.HIP.0007

Le major-général Henry Dearborn est un vétéran de la Révolution américaine, et il faisait partie de la force d'invasion de Benedict Arnold en 1775. Il est nommé « Premier major-général » de l'Armée des États-Unis, et chargé des opérations terrestres contre le Canada ainsi que de la défense de la côte de la Nouvelle-Angleterre au début de la guerre. Sa stratégie est de suivre la route d'invasion traditionnelle utilisée par Amherst en 1758 et par Richard Montgomery en 1775, à partir d'Albany dans l'État de New York avec Montréal comme principal objectif, et une solide défense à Sackets Harbour. D'autres attaques viendraient de Détroit, du Niagara et de Sackets Harbour, forçant les Britanniques à abandonner l'ouest du Haut-Canada et détournant ainsi les Tribus de l'Ouest de vouloir participer à la guerre. Une attaque à partir du fort Niagara ou de Sackets Harbour occuperait l'armée du général Brock ou le forcerait à se retirer ou à voir sa ligne de retraite coupée par la prise de Montréal. Lorsque la guerre éclate réellement, Dearborn convient d'un cessez-le-feu avec Prevost sur la frontière du Niagara, donnant à Brock le temps de déplacer ses troupes et de capturer Détroit au cours de l'été de 1812. En 1813, il commande les forces américaines qui capturent York et Niagara, bien qu'il n'ait pas mené personnellement ses troupes au combat à cause de son rhumatisme.

Sir George Prevost

Lieutenant-Général George Prevost
George Prevost Gouverneur - General du Canadas.
© Bibliothèque et Archives Canada

Sir George Prevost est le gouverneur-général des Canadas et le commandant en chef des Forces de Sa Majesté de 1812 à 1815. Né en Suisse et de langue française, Prevost détient le rang de lieutenant-général dans l'Armée britannique. Il réussit à obtenir la confiance et le soutien des Canadiens-français pour la cause britannique, et à lever des miliciens pour servir au Bas-Canada, ce qui représente sa contribution la plus importante à la guerre. Prevost adopte une attitude défensive, avec environ 10 000 hommes sous ses ordres, comme le lui ordonne lord Bathurst. En 1814, il conduit une force combinée dans l'État de New York, pour finalement faire retraite à la bataille de Plattsburg le 11 septembre 1814. Après cette retraite jusqu'à la ville de Québec, Prevost est accusé d'incapacité par sir James Yeo, qui commande alors la Marine royale sur les Grands Lacs. Prevost est rappelé en Angleterre en 1815 pour faire face à la Cour martiale, mais il meurt avant de pouvoir subir son procès. Des années plus tard, sa famille obtient sa réhabilitation, mais sa défaite infamante continue à nuire à sa réputation jusqu'au XXe siècle.

Major-général Roger Hale Sheaffe

Le major-général Roger Hale Sheaffe est l'officier supérieur du 49th Regiment et détient le commandement du fort George en 1812. Il a servi en Amérique du Nord depuis 19 ans. Sheaffe est né à Boston, au Massachusetts, en 1763, et il a eu de la difficulté à se faire accepter dans la société des autres officiers britanniques à cause de ses antécédents coloniaux. Pour l'aider à obtenir des postes de commandement, il est parrainé par le patron de la famille, le comte Percy, duc de Northhumberland. Sheaffe achète son brevet d'enseigne le 1er mai 1778 dans le 5th Regiment. En 1779, il achète une lieutenance dans ce même régiment, et sert en Irlande de 1781 à 1787. Ce n'est pas un officier populaire, mais comme commandant, il connaît le succès et remporte la journée à la bataille des Hauteurs de Queenston le 13 octobre 1812. Le 27 avril 1813, le village de York (Toronto) est attaqué par des forces américaines supérieures qui forcent Sheaffe et sa force de réguliers à faire retraite jusqu'à Kingston. Sheaffe est par la suite critiqué pour avoir abandonné York. Ses principaux critiques sont le révérend John Strachan, ses collègues officiers et d'autres citoyens éminents qui persuadent Sir George Prevost de rappeler Sheaffe au Bas-Canada. Sheaffe est fait chevalier pour ses services au cours de la guerre de 1812.

Tecumseh

Chef Tecumseh de Shawnee
Chef Tecumseh de Shawnee.
©Lossing, Field-Book 1869

Tecumseh est né en 1768; c'est un chef de guerre Shawnee qui, de concert avec son frère le Prophète (Tenskwatawa), cherche à faire cesser l'avance de la colonisation par les Blancs dans le Nord-Ouest. Tecumseh croit que les Indiens doivent revenir à leurs façons traditionnelles, qu'ils doivent oublier les rivalités intertribales et qu'ils doivent se confédérer, et il veut empêcher les différentes tribus de vendre des terres qui selon lui appartiennent en commun à tous les Indiens. En 1809, des tribus dans le Territoire de l'Indiana cèdent une bonne partie de leurs terres aux États-Unis. Tecumseh proteste en vain auprès du gouverneur William Henry Harrison. À l'automne de 1811, il entreprend de porter son message aux Chickasaws, aux Choctaws et aux Creeks. Il se dirige vers le sud, laissant son frère en charge à Prophet's Town, près du ruisseau Tippecanoe, un village utopien où les Indiens devaient vivre selon les principes de Tecumseh. Avant de partir, Tecumseh avertit son frère de ne pas s'attaquer aux forces de Harrison, qui sont à proximité. Le Prophète fait fi de cet avertissement et les attaque quand même. La bataille de Tippecanoe n'est pas une victoire américaine bien tranchée, mais Prophet's Town est détruit et la résistance des Indiens est brisée. À son retour, Tecumseh se joint aux Britanniques contre les Américains dans la guerre de 1812. Son appui à Isaac Brock est décisif lors de la prise de Détroit. Avant que les Britanniques n'approchent, les guerriers de Tecumseh se montrent en une file interminable aux Américains. Les guerriers à la tête de la file reviennent sur leurs pas pour se placer à la queue, de sorte que le général Hull est convaincu qu'il est assiégé par une force innombrable d'Indiens. La manœuvre l'incite à la reddition afin d'éviter un massacre. En tant que brigadier-général, Tecumseh est à la tête de plus de 2 000 guerriers. Il combat aux sièges du fort Meigs et du fort Stephenson, et sa dernière bataille est celle de la Thames à Chatham, en Ontario, où, dans ses vêtements traditionnels indiens en peau de daim, il est tué à la tête de ses guerriers dans un dernier effort de résistance contre les envahisseurs américains.