Lieu historique national du Canada du Fort-George

Le guerre de 1812

1813 Le tournant de la guerre

De l'autre côté de l'Atlantique

En France, Napoléon est revenu de son invasion désastreuse de la Russie avec une armée cruellement réduite. La retraite à partir de Moscou a coûté les trois quarts de l'armée de Napoléon, qui comptait 400 000 hommes au départ. L'effort britannique sur le continent peut donc être réduit. En conséquence, en janvier 1813, la Grande-Bretagne déclare officiellement la guerre aux États-Unis. En même temps, elle envoie d'autres hommes et d'autres approvisionnements qui vont peu à peu contribuer à la défense du Haut-Canada.

La défense du Haut-Canada

En règle générale, au cours de l'hiver, la guerre en Amérique du Nord est impossible du point de vue logistique. L'hiver est le moment pour bâtir des bateaux et pour dresser les plans des campagnes à venir au cours de la prochaine saison. Dans quelques cas, la glace qui fige les lacs et les rivières rend possibles des raids rapides d'un côté vers l'autre, et au cours des quelques premiers mois de 1813, un certain nombre de raids sont menés sur le Saint-Laurent à Prescott et plus loin sur la rivière Détroit. L'année 1812 n'a pas été une bonne année pour l'effort de guerre américain. En 1813, la nature de la guerre devait changer substantiellement. L'échec de tous les officiers de Dearborn dans leurs efforts d'envahir le Haut-Canada et d'atteindre Montréal porte un dur coup à l'assurance du peuple américain. Madison, un président favorable à la guerre, a besoin d'une victoire pour en maintenir la popularité.

L'une des principales préoccupations de la campagne de 1813 concerne le contrôle naval des Grands Lacs. Pour les Britanniques, les lacs représentent l'unique ligne possible d'approvisionnement et de transport. Si les Américains devaient réussir à prendre le contrôle des lacs, les Britanniques seraient forcés d'abandonner leur défense du Haut-Canada. À cette fin, la construction de navires commence pour de bon à la fin de 1812 et au début de 1813. À York, à Kingston et à Sackets Harbour , les chantiers navals bourdonnent d'activité. On envoie sir James Lucas Yeo prendre charge de la Marine intérieure sur les Grands Lacs, et on relève la Marine provinciale de cette tâche en avril.

Autochtones

Les Autochtones des Tribus de l'Ouest sont impatients d'agir avec le début de la campagne de 1813. L'initiative dont les Britanniques ont fait preuve à Détroit et à Michillimackinac a impressionné les Autochtones en 1812, et leur appui aux forces minuscules de la division de droite (fort Malden) a été important. L'apport de 1 500 hommes au siège du fort Meigs a plus que doublé le nombre de soldats réguliers et de miliciens présents. L'échec devant le fort Meigs et plus tard l'impasse au fort Stephenson, combinés avec la mort de Tecumseh à Moraviantown en octobre, détruisent le désir des Autochtones de l'Ouest d'appuyer les Britanniques (1 000 d'entre eux font retraite avec Proctor et Tecumseh le long de la rivière Thames, et seulement 400 continuent vers Burlington après la défaite à Moraviantown).

Dans la réserve de la rivière Grand, les pressions pour reprendre du service sont devenues fortes lorsque les Américains ont pénétré dans la région du Niagara. On avait pensé à apporter de l'aide à York à la fin d'avril, car il y avait 500 guerriers disponibles près de Hamilton, mais la prudence et les questions de temps l'emportent, et la force autochtone ne se rend pas à York. Après l'invasion de la région du Niagara un mois plus tard, les Autochtones de la région et quelques guerriers du Bas-Canada jouent un rôle crucial dans la défaite des Américains à Beaver Dams et l'encerclement subséquent des miliciens du général américain McClure au fort George, lorsque les troupes régulières partent pour Sackets Harbour. L'impuissance des miliciens devant les raids des Autochtones et des groupes d'éclaireurs mène à la retraite précipitée et mal organisée des Américains en décembre 1813.

Les soldats noirs sur la frontière du Niagara.

Le Corps de couleur de Runchey est en service constant sur la frontière du Niagara tout au long de l'hiver de 1812, après la bataille des Hauteurs de Queenston à laquelle le corps a participé, et il participe aux combats lors des batailles du fort George et de Stoney Creek . En 1813, la composition du corps change au cours de l'été, lorsqu'il est amalgamé à deux autres corps de volontaires pour former la Company of Provincial Artificers qui est rattachée aux Royal Engineers et qui travaille au renforcement des fortifications et à la réparation du matériel militaire. Auparavant, ces tâches étaient assumées par les miliciens, et le nouveau corps des artificiers est créé pour les soulager de ce fardeau.

Miliciens et territoriaux

Reconnaissant que la guerre allait se prolonger, sir Roger Hale Sheaffe change la structure de la milice pour aider l'armée. Les miliciens sont mieux entraînés et équipés que l'année précédente, et des plans sont faits pour réorganiser la milice en trois bataillons de " Incorporated Militia " à Kingston, à York et à Niagara. Avant qu'elles ne puissent se réorganiser, les compagnies de flanc de la milice à York sont mises à l'épreuve, et avec des citoyens éminents comme le révérend John Strachan, elles sont forcées de négocier les conditions de reddition de la ville. Les pertes du début de 1813 ralentissent considérablement le processus de réorganisation.

Le recrutement est difficile, car le service dans la "Incorporated Militia" exige la présence permanente jusqu'à la fin de la guerre. Ceux qui choisissent de servir dans la "Incorporated Militia" sont forcés d'abandonner leurs foyers lorsque les Américains envahissent le Niagara, et doivent vivre dans de mauvaises conditions, obligés de se débrouiller pour trouver de la nourriture et un abri. Revenus dans les ruines incendiées de Niagara en décembre, les miliciens participent à l'incendie des établissements américains de l'autre côté de la rivière à la fin de l'année.

Niagara

La moisson est mauvaise en 1812, et en conséquence, les civils, tout comme l'armée, souffrent de privations. La prise et l'incendie de York coupent le chaînon le plus proche dans la ligne d'approvisionnement sur le lac Ontario (du fort George à Kingston) et l'arrivée de la même armée américaine de l'autre côté de la rivière au fort Niagara 12 jours plus tard suscite bien des craintes. Un peu plus de deux semaines plus tard, Niagara est la scène d'un bombardement et d'une invasion, une bataille se déroulant dans ses rues. Les forces britanniques qui tentent de défendre la ville doivent battre en retraite et ne pourront revenir avant près de sept mois.

L'occupation américaine ne change pas fondamentalement les activités dans l'agglomération, les soldats américains ayant besoin de nourriture et de provisions tout comme les Britanniques. La présence américaine sera renforcée par des blocus navals à l'embouchure de la Niagara. Les résidents ne tireraient aucun avantage d'agir contre les envahisseurs. Dans quelques cas, les habitants font plus que coopérer avec les Américains. Ceux qui sont ouvertement déloyaux forment une compagnie de "Canadian Volunteers" pour soutenir la cause américaine. Joseph Willcocks, Benejah Mallory et Abraham Markle (les deux derniers d'anciens membres de la législature du Haut-Canada) se mettent à la tête de l'unité; ils sont les principaux responsables des dommages et des vols, ainsi que de l'ultime incendie de Niagara, lorsque les Américains se retirent en décembre. L'aide fournie à l'ennemi par les " Canadian Volunteers " de Willcock est dominée par un désir de revanche sur ses concitoyens, et porte atteinte aux relations entre les résidents et la garnison américaine. Dans l'agglomération elle-même, 130 bâtiments sont incendiés, et 400 des habitants sont laissés sans abri.

Fort George

Le fort George subit des changements considérables en 1813. Il n'est pas clair qui, des Britanniques ou des Américains, achèvent la division du fort qui se produit au cours de l'année. Le 25 mai commence le bombardement à boulets rouges dans le fort George, et à cause de sa position exposée, il est rapidement la proie des flammes. Les Britanniques l'abandonnent, et deux jours plus tard, ce sont les Américains qui le prennent. Le fort qu'ils viennent de raser devra abriter une garnison américaine pour les six prochains mois, et il est donc reconstruit sous une forme réduite avec plusieurs ouvrages avancés additionnels comme défense contre une attaque terrestre, le complexe original ayant été disposé face à la rivière.

Le moral des Américains dans le fort est très bas, à cause du départ rapide des soldats américains réguliers, des maladies qui ravagent le camp américain, et de la pression constante qui pèse sur les patrouilles américaines sur tout le périmètre des terres qu'ils ont capturées.

Les miliciens américains en garnison dans le fort commencent à déserter à l'époque des récoltes, et le brigadier-général McClure se retrouve en mauvaise posture pour défendre le Niagara contre les pressions grandissantes des forces britanniques basées à Burlington Heights. Les Américains abandonnent le fort George reconstruit intact, et plein d'approvisionnements militaires. Avec la prise du fort Niagara par les Britanniques 10 jours plus tard, la nécessité de réparer le fort George s'atténue, et l'année suivante, c'est au site du fort Mississauga que commence la construction.

Tranchées américaines au fort George en 1813

Lignes américaines de fossé au fort George
Changements américains au fort et au fossé américain
© Parcs Canada / 1816

Cette carte de 1816 du fort George montre comment les Américains ont prolongé les fortifications. Depuis le coin supérieur droit du fort, la ligne de tranchées s'étend jusqu'à l'église St. Mark, puis descend jusqu'à la rivière Niagara. À l'origine, le fort était conçu comme un ouvrage défensif par rapport à la rivière, et les occupants américains devaient réorganiser les fortifications pour rendre le fort défendable contre une attaque provenant de l'intérieur des terres.