Lieu historique national du Canada du Fort-George

Le Corps de fifres et tambours du 41e régiment

PETITE HISTOIRE DE LA MUSIQUE MILITAIRE

La musique a toujours fait partie de la vie militaire. Les armées marchent au son d'airs et de rythmes connus et ont recours à la musique pour souligner les événements importants. La musique militaire tire son origine de l'Extrême-Orient et des cultures anciennes de la Grèce et de Rome. Les armées ont conçu des systèmes de communication en se servant d'instruments de musique tels que les tambours, les flûtes et les trompettes pour signaler à leurs soldats le train-train quotidien. Au 16e siècle, la plupart des armées européennes ont adopté le fifre, le tambour militaire ténor à cordes tendues et le clairon. Ces instruments sont encore utilisés dans le monde aujourd'hui. C'est au 17e et au 18e siècle que les armées européennes font des rudiments du tambour le système que les joueurs de tambour connaissent aujourd'hui. Les armées utilisent les battements de tambour pour régler la vie des campements militaires, les combats et les marches. Le fifre sert surtout d'instrument d'accompagnement tandis que les clairons sont utilisés pour diriger l'artillerie, la cavalerie et les troupes légères.

Le tambour est fabriqué à partir d'une simple feuille de bois trempée dans l'eau, puis arrondie au-dessus de la vapeur de façon à former un cylindre. Le cylindre est maintenu en place par des broquettes et de la colle. On utilise des peaux de veau et parfois des peaux de chèvre pour recouvrir le dessus et le dessous du tambour. On place par-dessus les peaux de tambour des cercles de bois d'une circonférence légèrement plus grande que le cylindre, puis on ramène les cercles l'un vers l'autre à l'aide d'un simple bout de corde de lin que l'on a fait passer dans les cercles. On augmente la tension en tirant vers le bas deux morceaux de corde attachés ensemble par des « oreilles » de cuir pour que les cercles tendent bien les peaux de tambour. On ajoute ensuite des cordes faites de boyau d'origine animale. Lorsque les cordes sont placées contre la peau inférieure du tambour, elles produisent un claquement aigu qui augmente l'intensité du son du tambour.

Fort George Défilé Niagara-sur-le-Lac, Ontario
Fort George Défilé Niagara-sur-le-Lac, Ontario
© Parcs Canada

On privilégiait le fifre "à cause de la puissance de sa sonorité et de la distance à laquelle il peut être entendu". (Potter Fife, 1815). Le fifre est un simple tube de bois dont l'une des extrémités est fermée par un morceau de liège, à côté duquel se trouvent une embouchure et six autres trous plus petits pour les doigts. Des embouts métalliques sont fixés aux extrémités pour empêcher le bois de se fendre. Il est possible de jouer correctement deux gammes au fifre, et son registre atteint presque deux octaves. Des milliers de chants et d'appels ont été écrits par des fifres-majors, ce qui a permis de préserver une bonne partie de la musique populaire du 18e et du début du 19e siècle.

Le clairon est fabriqué à partir d'une feuille de métal roulée de manière à former un tube. Pour en diminuer la longueur, on replie le tube de façon à former un cercle ou un ovale, ce qui le rend plus léger et facile à transporter. La sonorité aiguë du fifre, du tambour et du clairon permet d'entendre les tambours malgré le bruit et la confusion de la bataille. Le terme "tambour" désignait tous ceux qui jouaient d'un instrument de signal.

Les régiments britanniques font grand cas de leurs corps de tambours qui sont traditionnellement constitués de tambours professionnels. Les tambours marchent en tête de leurs régiments dans les parades et portent des uniformes très décoratifs. Leur musique ainsi que leur apparence qui sort de l'ordinaire font affluer les recrues. La tunique est la pièce de leur uniforme qui les distingue le plus. Pendant la guerre de 1812, les tambours de l'armée britannique portent leurs tuniques à l'envers pour en inverser les couleurs de sorte que leurs tuniques sont de la couleur du revers des tuniques du reste du régiment. Par exemple, les membres du 49e Régiment de fantassins portaient des tuniques rouges avec des revers de manches et de col de couleur verte. Par conséquent, les tambours avaient des tuniques vertes avec des revers de manches et de col de couleur rouge.

Dans les années 1750, les besoins en musique militaire des grandes armées européennes deviennent plus importants. À l'époque napoléonienne, on recrute des jeunes garçons âgés d'à peine dix ans à titre de tambours. Ils sont souvent des fils de soldats ou des orphelins. Les soldats qui ne peuvent plus servir dans les troupes finissent parfois leurs dernières années de service parmi les tambours. Même si le tambour est mieux rémunéré que le simple soldat, il reste qu'il est quelque peu dégradant de se retrouver avec les "petits tambours". La principale responsabilité des tambours consiste à battre les signaux. En plus de leur solde régulière, les tambours reçoivent une ration de soldat et disposent d'un endroit bien à eux pour dormir. Ils sont également assujettis à la même discipline militaire que les soldats.

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