Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Histoire

Introduction    Saveurs historiques    Période difficile pour les colons    Port-Royal : Un modèle de préservation

 

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L’Habitation a été reconstruite partiellement d’après les esquisses de Champlain L’Habitation a été reconstruite partiellement d’après les esquisses de Champlain
© Parcs Canada

Dès que le sieur de Mons a installé son groupe, les quelques hommes de l’expédition (il n’y a pas de femmes) se mettent au travail pour reconstruire les bâtiments qu’ils ont rapportés de Sainte Croix. Poussé par la nécessité de négocier avec ses investisseurs et satisfait de voir l’établissement prendre forme rapidement, le sieur de Mons retourne en France, laissant au capitaine François Pont-Gravé, la charge de l’établissement. D’après les esquisses de Champlain, l’Habitation de Port-Royal est un grand rectangle de 18 mètres (60 pieds) de longueur sur 15 mètres (48 pieds) de largeur, ressemblant à un hameau fortifié comme il en existe en France au début des années 1600. Au coin sud ouest du rectangle, les hommes construisent un bastion armé de quatre canons. La structure comprend des logements pour les colons, qui leur sont attribués selon leur rang. Occupant le coin nord de l’Habitation, se trouve une petite maison au toit pentu à pans coupés, où vivent Pont-Gravé et Champlain en 1605-06. Près de cette maison s’étale une rangée de plus petits logements destinés aux officiers. Un prêtre catholique et un pasteur protestant y vivent, ainsi que le chirurgien Deschamps et un charpentier de marine chevronné du nom de Champdoré. Au sud ouest se trouve un dortoir pour les ouvriers spécialisés.

Champlain et Pont-Gravé plantent des jardins sur le flanc sud de l’établissement. Champlain écrit à ce propos « J'y semay quelques graines, qui proffiterent bien. » Il entoure son jardin de « fossez plains d'eau, esquels y avoit de fort belles truites que j'y avois mises » Ses serviteurs construisent un petit réservoir pour y conserver des poissons de mer. Malgré le temps plus clément que celui que le groupe a connu à Sainte Croix, environ douze des 45 hommes meurent durant le premier hiver passé à Port-Royal. Parmi eux un mineur, le prêtre catholique et le pasteur protestant; tous sont enterrés au cimetière situé à l’est de l’Habitation.

Le Sieur de Mons demeure en France pour trouver des appuis à la cour et entretenir les relations avec les investisseurs qui ont financé le projet de colonisation de l’Amérique du Nord. Il affecte Pont-Gravé à un poste situé sur la côte atlantique et envoie Jean de Biencourt de Poutrincourt, comme lieutenant gouverneur de Port-Royal. En se rendant à Port-Royal, Poutrincourt pourra visiter les terres qui lui ont été octroyées par de Mons, en quelque sorte son propre domaine au delà des mers. Au cours de l’été 1606, Poutrincourt arrive à Port-Royal avec 50 hommes. Font partie de cette nouvelle expédition, son fils de 14 ans, Charles de Biencourt, ainsi que l’écrivain Marc Lescarbot et l’apothicaire Louis Hébert.

On peut voir une réplique du moulin à grain de Poutrincourt près du lieu où était installé l’original, sur la rivière Lequille On peut voir une réplique du moulin à grain de Poutrincourt près du lieu où était installé l’original, sur la rivière Lequille
© Parcs Canada/A. Rierden

Très ouvert d’esprit, Poutrincourt, qui avait envisagé de fonder une colonie agricole autosuffisante, se met à la tâche. Sous ses ordres, ses ouvriers défrichent de grandes parcelles de terre pour y semer du grain et d’autres cultures en amont de la rivière, près de l’actuel lieu historique national du Fort-Anne. Sur une petite rivière voisine (l’actuelle rivière Allains), Poutrincourt construit un moulin à eau pour moudre le grain.

Alors que la colonie s’épanouit, la musique, les spectacles et les fêtes prennent une place grandissante dans la vie des colons. En novembre 1606, par exemple, Poutrincourt et Champlain reviennent à Port-Royal après une expédition le long des côtes, durant laquelle ils se sont heurtés à l’hostilité des Monomoyick dans la région de Cape Cod. Alors que leur navire en piteux état s’approche des côtes, ils sont accueillis par le pittoresque Lescarbot. Ami de Poutrincourt, Lescarbot a écrit une pièce de théâtre spécialement pour l’occasion. Le Théâtre de Neptune met en scène onze personnages, dont le dieu de la mer, Neptune, des tritons et des sauvages incarnés par des Français. Lescarbot y allie vers classiques, humour et poèmes à la gloire du sieur de Poutrincourt.

Musicien et compositeur de talent, Poutrincourt contribue lui aussi à la vie artistique de la colonie. Il écrit des musiques religieuses et profanes et invite les colons à chanter lors de diverses célébrations. Champlain contribue à son tour à l’aspect festif de la vie dans la colonie en créant une société gastronomique qu’il appelle l’Ordre de Bon Temps.

 

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