Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Histoire

Introduction    Saveurs historiques    Période difficile pour les colons    Port-Royal : Un modèle de préservation

 

Saveurs historiques

Herbes du jardin
Des olives
Des épices
Des limons
© Parcs Canada/A. Rierden

Interprète répresentant Champlain à la table Interprète répresentant Champlain à la table
© Parcs Canada

 




L'Ordre de bon temps

Créé dans le courant de l’hiver 1606-1607, l’Ordre de bon temps permet aux hommes de bien se nourrir et de se divertir pour améliorer leur santé et leur moral durant le long hiver. Même s’il ne dure qu’un seul hiver, la société est une grande réussite. Comme l’a écrit Lescarbot, à intervalles réguliers, le souper est un festin. Pour l’occasion, les membres sont désignés tour à tour « architriclin » ou maître d’hôtel.

« Or avoit-il le soin de faire que nous fussions bien et honorablement traités. Ce qui fut si bien observé, que (quoy que les gourmens de deçà nous disent souvent que nous n'avions point là la ruë aux Ours de Paris [cette rue de Paris, qui existe encore aujourd’hui, était la rue des rôtisseurs ou vendeurs de viandes cuites]) nous y avons fait ordinairement aussi bonne chere que nous sçaurions faire en cette ruë aux Ours et à moins de frais. Car il n'y avoit celui qui deux jours devant que son tour vinst ne fut soigneux d'aller à la chasse, ou à la pécherie, et n'apportast quelque chose de rare, outre ce qui estoit de nôtre ordinaire. Si bien que jamais au déjeuner nous n'avons manqué de saupiquets de chair ou de poissons, et au repas de midi et du soir encor moins: car c'estoit le grand festin, là où l'Architriclin, ou Maître-d'hotel (que les Sauvages appellent Atoctegic), ayant fait preparer toutes choses au cuisinier, marchoit la serviete sur l'épaule, le baton d'office en main, et le colier de l'Ordre au col, qui valoit plus de quatre escus, et tous ceux d'icelui Ordre apres lui, portans chacun son plat. Le méme estoit au dessert, non toutefois avec tant de suite. Et au soir, avant rendre graces à Dieu, il resinoit le collier de l'Ordre avec un verre de vin à son successeur en la charge, et buvoient l'un à l'autre. »

Les membres de l’Ordre de bon temps sont selon toute vraisemblance des hommes importants de la colonie. Membertou et Messamouet, les chefs mi’kmaq de la région, sont fréquemment invités. Messamouet avait servi de guide à Champlain lors de ses expéditions autour de la baie de Fundy à la recherche de mines de cuivre. Le chef avait raconté à Champlain que, lorsqu’il était jeune homme, il avait traversé l’Atlantique dans un bateau de pêche basque et s’était rendu en France où il avait demeuré dans la maison du gouverneur de Bayonne. Voici ce qu’écrit Lescarbot à propos des autres invités autochtones :

« En telles actions nous avions toujours vingt ou trente Sauvages hommes, femmes, filles et enfans, qui nous regardoient officier. On leur bailloit du pain gratuitement. »

Au menu

Les gentilshommes sont en mesure de proposer un grand choix de viandes, notamment de la volaille (canards sauvages, oies et perdrix entre autres), de l’orignal, du caribou, du castor, de la loutre, de l’ours, du lapin, du chat sauvage et du raton laveur. À cette époque, en Amérique du Nord, le castor est une viande délicate, aussi prisée que le mouton. Les épices les plus utilisées sont, entre autres, le poivre, la cannelle, le clou de girofle et la muscade. On utilise aussi couramment des herbes aromatiques comme le thym, le cerfeuil, le laurier et la marjolaine. Un plat épicé ou au goût sauvage, selon les critères d’aujourd’hui, aurait paru insipide aux résidents de l’Habitation.

Voici quelques exemples de plats actuels qui auraient pu figurer au menu d’un dîner de l’Ordre de bon temps : potage à la citrouille, anguille à l’étuvée, esturgeon à la Sainte-Menehould, fricassée d’épinards, topinambours en beignets, tarte à la chair de pommes et de poires et tarte de massepain.


retour  
suite