Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Histoire

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L’Habitation de Port-Royal se trouve en bordure de la rivière Annapolis et du bassin du même nom L’Habitation de Port-Royal se trouve en bordure de la rivière Annapolis et du bassin du même nom
© Parcs Canada/T. Bunbury

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



« Ce lieu estoit le plus propre & plaisant pour habiter que nous eussions veu. »

En écrivant ces mots, au début des années 1600, Samuel de Champlain décrivait un territoire composé de collines boisées et de prairies, et un plan d’eau magnifique qui allait s’appeler plus tard le bassin d’Annapolis, du nom de la rivière qui s’y jette, dans le sud ouest de la Nouvelle-Écosse. Entouré d’un milieu naturel abondant en ressources de toutes sortes – poissons, animaux à fourrure, bois, terres cultivables – le lieu fit naître dans les esprits un grand rêve : la création d’un monde meilleur en Acadie.



Tout d’abord, un peu de contexte...

L’histoire de Port-Royal commence en France, sous le règne du roi Henri IV. En 1603, un noble du nom de Pierre Dugua, sieur de Mons, propose au roi de fonder un établissement dans une région appelée Acadie. L’origine du nom remonte au début du 16e siècle. À l’époque, l’explorateur italien Verrazano avait baptisé Arcadie une partie de la côte de l’actuelle Caroline du Nord. Au fil des cartes successives, ce nom se déplace vers le Nord Est, jusqu’à ce qu’il désigne une région qui englobe le nord de l’actuel État du Maine, le sud du Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse continentale. Il est fort probable qu’à la même époque, le nom Arcadie ait été changé en Acadie, sous l’influence d’un nom mi’kmaq local signifiant « endroit ».

Les premières tentatives de colonisation des Français en Amérique du Nord, au 16e siècle, n’ont pas été concluantes. Le sieur de Mons, homme d’affaires avisé, est résolu à y établir une présence française. Son plan fait appel à des investisseurs privés pour financer la colonie. En retour, ces investisseurs se verront accorder le monopole de la traite des fourrures sur un territoire beaucoup plus vaste situé entre les 40e et 46e parallèles. Après de nombreuses négociations, le roi accorde le monopole au sieur de Mons à condition qu’il fonde une colonie en Acadie et qu’il convertisse les peuples autochtones au christianisme.

Après avoir rassemblé les sommes nécessaires au voyage et à l’acquisition des navires et des vivres, le sieur de Mons part pour le nord est de l’Amérique du Nord, accompagné d’un groupe composé d’ouvriers, de soldats, d’artisans et d’explorateurs, tant protestants que catholiques. Le sieur de
Mons, par exemple, est un huguenot, tandis que d’autres, comme Champlain, sont catholiques. Même si cette période de tolérance religieuse n’est que de courte durée, la France d’Henri IV est alors le seul pays qui accorde un statut d’égalité aux deux religions.

Au cours de l’été 1604, le groupe s’établit à Sainte Croix, une petite île située dans la rivière Sainte Croix, entre le Maine (É.-U.) et le Nouveau-Brunswick (Canada) actuels. Après un hiver exceptionnellement rigoureux, livrés à leur sort sur cette île, sans source fiable d’eau ou de bois de chauffage, près de la moitié des 79 colons meurent du scorbut. Au printemps 1605, accompagné du cartographe Samuel de Champlain, de Mons entreprend un voyage vers le Sud, à la recherche d’un lieu plus accueillant.

Après avoir exploré les régions situées plus au Sud et fait face à l’hostilité des peuples autochtones dans les régions de l’actuel Cape Cod et du Maine, les explorateurs remontent vers le Nord, où les Mi’kmaq, dont les ancêtres vivaient déjà dans la région – appelée Mi’kma’ki – des milles années auparavant, accueillent chaleureusement les nouveaux venus. Les Français leur rendent la politesse et c’est le point de départ d’une amitié et d’une alliance durables. En raison des conditions favorables qu’offre le lieu, les colons s’installent dans une magnifique baie abritée qu’ils ont brièvement visitée en 1604, de l’autre côté de la baie de Fundy. Située au confluent de l’actuelle rivière Annapolis et du bassin qui porte son nom, cette bande de terre, large et abritée, possède un sol fertile et des ressources abondantes. Une longue chaîne de hautes collines l’abrite des redoutables vents du Nord Ouest.

Les colons baptisent leur nouvel établissement Port-Royal. Conformément au régime de gestion de la propriété du sol instauré en Nouvelle France, de Mons accorde à Jean de Biencourt, sieur de Poutrincourt, la seigneurie de Port-Royal.

                                                                                                                

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