Lieu historique national du Canada de Port-Royal

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Pierre Dugua, sieur de Mons

Un buste en bronze de Pierre Dugua, sieur de Mons Un buste en bronze de Pierre Dugua, sieur de Mons
© Parcs Canada/T. Bunbury

Un buste en bronze de Pierre Dugua, sieur de Mons trône sur une colline gazonnée surplombant la rivière Annapolis, au lieu historique national du Fort-Anne. Le caractère imposant du monument symbolise l’importance des réalisations de cet explorateur, marchand et visionnaire français. Son expédition dans la région, en 1604, dont faisait partie le navigateur et cartographe Samuel de Champlain, a fortement contribué à l’intérêt qu’a suscité en France l’exploration de l’Amérique du Nord, et a apporté des connaissances qui allaient fortement influencer le développement du Canada. De création antérieure à la fondation de Québec et de l’établissement anglais de Jamestown, en Virginie, la colonie – sous la gouverne énergique du sieur de Mons – est devenue l’un des premiers établissements européens permanents au nord de la Floride et un point de départ crucial pour l’exploration par les Européens et leur installation aux 17e et 18e siècles.

Né dans une famille d’aristocrates français, de Mons a combattu pour Henri IV et occupé les fonctions d’administrateur. Il sait donc comment traiter avec les investisseurs. Ces facteurs s’avèrent essentiels lorsque, en 1603, lui et Champlain sollicitent l’appui du roi à un plan visant à explorer l’Amérique du Nord. Ayant convaincu des investisseurs privés de financer la colonisation en échange du monopole de la traite des fourrures, de Mons jette son dévolu sur l’Acadie. La région se trouve à la même latitude que la Saintonge, sa province natale, où les hivers sont doux et le sol fertile.

Bien que le choix de s’installer à l’île Sainte-Croix ait des conséquences désastreuses, il n’en est pas moins instructif puisqu’il permet aux colons de connaître les conditions atmosphériques changeantes de la région. Avant de s’installer à l’île Sainte-Croix, de Mons a exploré le port abrité que Marc Lescarbot indique que de Mons avait appellé Port-Royal. Ce port devient son second choix. Dès leur arrivée, les colons se mettent à l’ouvrage pour construire un établissement et une base pour l’exploration de la région. Entre 1605 et 1607, les Français de Port-Royal s’emploient à développer la traite des fourrures, à explorer et cartographier la côte de l’Atlantique, à chercher des minéraux précieux et à fonder une colonie agricole, mais surtout, ils apprennent à cohabiter pacifiquement avec les Mi’kmaq, qui leur témoignent régulièrement leur amitié.

Dans son poème intitulé Adieu à la France, écrit en 1606, Marc Lescarbot évoque en ces termes la tâche entreprise par de Mons pour promouvoir la colonisation française, explorer le pays et développer le commerce :

« ...tu és celui de qui le haut courage a tracé le chemin à un si grand ouvrage : Et pource de ton nom malgré l’effort des ans, la feuille verdoira d’un éternel printemps. »

En 1607, en réaction aux protestations de marchands concurrents, Henri IV met fin au monopole de la traite des fourrures accordé à de Mons, forçant celui ci à ramener les habitants de Port-Royal en France. Dans les années qui suivront, le sieur de Mons continuera à aider et à appuyer Champlain dans sa contribution à la fondation de la Nouvelle-France. Grand visionnaire à l’esprit ouvert, il a contribué largement à la création du Canada en prouvant que les Européens étaient capables de vivre en ce pays et de subvenir à leurs besoins.


Pour en savoir davantage sur Pierre Dugua, sieur de Mons, consulter le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.


 

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