Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Personnes



Jean de Poutrincourt

En 1603, Jean de Poutrincourt, baron et militaire, apprend que son ami Pierre Dugua, sieur de Mons a obtenu une concession pour explorer l’Acadie et projette une expédition dans la région. Rêvant de fonder une colonie agricole dans le Nouveau Monde, il demande à Henri IV la permission d’accompagner de Mons, permission qui lui est accordée. Grâce à sa ténacité et à son ingéniosité, Poutrincourt obtient les armes et les soldats nécessaires à la défense de l’établissement que de Mons prévoit de fonder. Les membres de l’expédition mettent les voiles au début de mars 1604.

Monument dédié à Poutrincourt, près du lieu où se trouvait son moulin à grain sur la rivière Lequille Monument dédié à Poutrincourt, près du lieu où se trouvait son moulin à grain sur la rivière Lequille
© Parcs Canada/A. Rierden

Après quatre longs mois de traversée, ils atteignent la côte atlantique de l’Amérique du Nord à hauteur du 45e parallèle. Alors qu’ils sont à la recherche d’un endroit où passer l’hiver, ils franchissent un étroit passage entre deux hautes falaises et pénètrent dans ce que Champlain appelle « l'un des beaux ports que j'eusse veu en toutes ces costes. » En raison de la grandeur et de la magnificence du lieu, Champlain l’appelle Port-Royal.

Impressionné par la beauté du pays, Poutrincourt demande au sieur de Mons de lui en octroyer la concession, promettant en échange de fonder une colonie à Port-Royal. Le sieur de Mons accède à sa demande et la concession, qui inclut des privilèges pour la traite des fourrures et des droits de pêche, est confirmée par le roi en 1606. De Mons et la plupart des membres de l’expédition décident de passer l’hiver dans une île qu’ils appellent île Sainte Croix, tandis que Poutrincourt rentre en France à l’automne, avec une cargaison de fourrures.

Au printemps 1606, Poutrincourt revient, à titre de lieutenant gouverneur de l’Acadie, pour prendre le commandement du nouvel établissement de Port-Royal. Il amène avec lui quelque 50 hommes, dont Louis Hébert, Marc Lescarbot et son propre fils, Charles de Biencourt, et se met à l’ouvrage pour renforcer la colonie. Il érige plusieurs bâtiments, dont un moulin à eau qui est vraisemblablement le premier en Amérique du Nord. Sous son commandement, les colons défrichent la terre et ensemencent les champs. Il noue des liens d’amitié avec les peuples autochtones dont il gagne la confiance. Sous la gouverne de Poutrincourt un climat de bonne entente s’instaure entre les Français et les Mi'kmaqs.

À l’automne 1607, le navire Jonas arrive en Acadie, apportant la nouvelle selon laquelle le conseil du roi a révoqué le monopole de la traite accordé au sieur de Mons. Les habitants de Port-Royal sont contraints de retourner en France. Malgré ce contretemps, Poutrincourt s’accroche à son rêve de coloniser l’Acadie mais n’y revient qu’en 1610. Ce retard est dû en partie aux difficultés rencontrées avec ses bailleurs de fonds et à sa réticence à emmener les Jésuites avec lui. Bien qu’ayant une grande influence auprès du roi, qui insistait pour qu’ils se rendent à Port-Royal, les Jésuites avaient la réputation d’être trop intéressés par les profits commerciaux. Malgré tout, dès son retour à Port-Royal, Poutrincourt travaille avec ardeur pour fonder sa colonie agricole et entreprend avec empressement de convertir les peuples autochtones. C’est ainsi que le vieux chef Membertou est baptisé, ainsi que les membres de sa famille. Vingt autres suivent son exemple.

La lutte qui oppose Poutrincourt aux Jésuites et à leurs alliés a toutefois raison de la mission initiale du colon, qui est forcé de rentrer en France, discrédité. Inébranlable, Poutrincourt conclut un partenariat avec des armateurs français, leur promettant une part des profits de la traite des fourrures dans la région de Port-Royal, dont il jouit toujours du monopole. En décembre 1613, il s’embarque à nouveau pour la région de Port-Royal où il arrive au mois de mars suivant. Il trouve alors le fort en ruines et les habitants affamés, des suites de l’attaque menée sur l’établissement au mois de novembre précédent par Samuel Argall. Poutrincourt n’a de choix que de rentrer en France avec la plupart des colons. Il transmet à son fils son titre de propriété sur ses terres en Amerique du Nord.

Poutrincourt meurt en 1615. Son fils, Charles de Biencourt, demeure en Acadie et continue la traite des fourrures jusqu’à sa mort en 1623, à l’âge de 31 ans.


Pour en savoir davantage sur Jean de Poutrincourt, consulter le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

 

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