Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Personnes

 

Membertou

Image tirée du livre intitulé « The Micmac And How Their Ancestors Lived Five Hundred Years Ago »

Ce que nous savons aujourd’hui sur le grand chef ou « sagamo » Membertou nous vient des écrits de Marc Lescarbot et d’autres explorateurs. Presque tous le décrivent comme un personnage très influent, qui dirige un petit groupe de Mi’kmaq dans la région que les Français appellent Port-Royal. D’après les récits, Membertou est très âgé, quoiqu’encore vigoureux, lorsque le sieur de Mons s’installe avec ses colons de l’autre côté de la baie pour y fonder l'Habitation de Port-Royal. Selon Champlain, Membertou a le « renom d’estre le plus meschant et traistre qui fut entre ceux de sa nation ». Sa fiabilité dans ses rapports avec ses amis, voisins et invités lui vaut l’estime des Français. Le père Biard, l’un des Jésuites qui arrivent à Port-Royal en 1611, le décrit comme étant « le plus grand, renommé et redouté [Mi'kmaq] qui ayt esté de memoire d’homme : de riche taille, et plus hault et membru que n’est l’ordinaire des autres, barbu comme un françoys, estant ainsy que quasi pas un des autres n’a du poil au menton; discret et grave, ressentant bien son homme de commandement. »

Image tirée du livre intitulé « The Micmac And How Their Ancestors Lived Five Hundred Years Ago » Images tirées du livre intitulé « The Micmac And How Their Ancestors Lived Five Hundred Years Ago »
© Parcs Canada/K. Kaulbach

Lorsque les colons reçoivent l’ordre de retourner en France, en 1607, l’Habitation est laissée à la charge de Membertou qui la gardera pendant trois ans. C’est Membertou qui accueille les Français à leur retour à Port-Royal, en juin 1610. Le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, Membertou devient le premier Autochtone à être baptisé en Nouvelle-France. La cérémonie est célébrée par le père Jessé Fléché, qui vient d’arriver avec l’expédition de Poutrincourt. Fléché baptise tous les proches de Membertou. En signe d’alliance et de bonne foi, Membertou est baptisé Henri, du nom du roi de France décédé peu avant. L’année suivante, Membertou tombe gravement malade. Bien qu’il insiste d’abord pour être enterré auprès de ses ancêtres, les missionnaires Jésuites parviennent à l’en dissuader. Peu avant sa mort, Membertou demande à être enterré parmi les Français. Dans ses dernières volontés, il demande à ses enfants de demeurer de fervents chrétiens. La conversion du grand chef au christianisme aura une influence durable sur la culture mi’kmaq. Aujourd’hui, de nombreux Mi’kmaq pratiquent encore la religion catholique.


Documentation
Dictionnaire biographique du Canada en ligne
Mi’kmaq Resource Centre (en anglais seulement)


 

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