Lieu historique national du Canada de Port-Royal

Personnes



Père Pierre Biard

Confessional, autel, tabernacle et crucifix de la chapelle de l’Habitation Confessional, autel, tabernacle et crucifix de la chapelle de l’Habitation
© Parcs Canada/A. Rierden

En 1608, le confesseur d’Henri IV somme Pierre Biard, prêtre jésuite spécialiste en théologie et en hébreu, de mener la mission jésuite en Acadie. Les Jésuites ont une alliée influente à la cour en la personne d’Antoinette de Pons, marquise de Guercheville, épouse du gouverneur de Paris et première dame de compagnie de la reine. Très pieuse, celle ci appuie le souhait des Jésuites de fonder des missions en Amerique du Nord et, après le désistement d’autres investisseurs, recueille des fonds à la cour afin que Biard et le père Énemond Massé puissent faire partie de l’expédition de Poutrincourt vers la Nouvelle-France.

Grâce à la protection de Madame de Guercheville, les Jésuites obtiennent leur place dans l’expédition en devenant partiellement propriétaires du navire et de sa cargaison. Ils arrivent à Port-Royal en mai 1611. Le père Biard sera le premier de nombreux éminents Jésuites à rédiger des récits sur l’Amérique du Nord et aussi le premier à décrire les peuples autochtones.

Son ministère à Port-Royal ne sera toutefois pas facile. En raison de désaccords avec Charles de Poutrincourt sur les conditions de conversion des autochtones (pour Poutrincourt, plus on faisait de conversions, plus on avait de chances d’obtenir du financement de la cour) et du climat général de méfiance et de préjugés qui règne entre les colons et les prêtres, la mission des Jésuites n’est guère concluante. Madame de Guercheville, qui succède au sieur de Mons en tant que propriétaire de la Nouvelle-France, y envoie, en 1613, un autre navire commandé par René Le Coq , sieur de la Saussaye, et ordonne à celui ci de faire escale à Port-Royal pour prendre les deux Jésuites afin de les emmener fonder une nouvelle colonie ailleurs. La Saussaye navigue jusqu’à l’actuel Bar Harbor (Maine). La colonie, qu’ils baptisent Saint-Sauveur, est à peine établie lorsque Samuel Argall de Virginie pille l’établissement lors d’une mission qui a pour but de détruire tous les établissements français de la région. Argall envoie la moitié des colons, accompagnés du père Massé, à la dérive dans un petit navire qui finira par arriver en France. Il emmène l’autre moitié des colons et le père Biard comme prisonniers, à Jamestown, en Virginie. Une autre expédition menée par Argall part peu après, avec le père Biard, pour terminer la destruction de Sainte-Croix et de Port-Royal.

Après avoir détruit Port-Royal, Argall renvoie Biard à Jamestown, où il risque l’exécution. Toutefois, une mer déchaînée et des vents forts entraînent le navire à bord duquel Biard est prisonnier jusqu’aux Açores. Le capitaine finit par relâcher Biard qui, de retour en France, est fustigé pour avoir participé volontairement à la chute de Port-Royal.

Champlain prend toutefois sa défense. Biard reprend ses fonctions de professeur de théologie et devient un éminent missionnaire dans le sud de la France. Vers la fin de sa vie, il est nommé aumônier des armées du roi.


Pour en savoir davantage sur Père Pierre Biard, consulter le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

 

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