Lieu historique national du Canada de Port-Royal

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Feuille d'information - Le commerce à Port-Royal 

Pierre Dugua de Mons, le chef de l’expédition, s’était fait concéder le monopole du commerce des fourrures en Acadie par le roi de France, Henri IV. Il ne recevait pas d’argent du roi. Ce dernier attendait de lui qu’il finance les besoins de la colonie grâce à la vente des fourrures acquises par échange avec les peuples des Premières nations de la région.

Toutes les tâches de piégeage, de confitage, de tannage et de préparation des peaux étaient effectuées par les Mi’kmaq. Les Français acquéraient des fourrures grâce à un système de troc où ils échangeaient des produits européens contre des peaux. La fourrure qui intéressait le plus les Français était celle du castor. La fourrure du castor était utilisée pour faire des chapeaux. Il y a deux épaisseurs de fourrure sur un castor. Une fois les fourrures arrivées en France, le long jarre externe était rasé. En dessous, la couche de poils plus courts était aussi rasée. Ces poils courts ont des crochets microscopiques qui leur permettent de facilement se coller ensemble. Cette couche de poils courts était donc chauffée, mouillée et pressée pour en faire du feutre. Ce feutre permettait aux chapeliers de fabriquer des chapeaux de castor feutrés imperméables et très appréciés des gentilshommes français de l’époque.

Même si la fourrure de castor était la plus populaire, celle d’autres animaux était aussi obtenue lors d’échanges. La fourrure de loutre, de renard, de loup gris, de raton laveur, de rat musqué, de lynx et d’ours était aussi appréciée, tout comme l’étaient la peau de phoque et le cuir d’orignal et de caribou. Toutes les fourrures étaient conservées dans un entrepôt pendant l’hiver. Lorsqu’un navire de ravitaillement arrivait pendant l’été, les fourrures y étaient chargées et envoyées en France. Grâce à la vente du chargement de fourrures, Pierre Dugua pouvait payer les salaires des hommes engagés par l’expédition et fournir les provisions nécessaires à la survie de la colonie. Avec un peu de chance, une fois tous les frais acquittés, la compagnie de Sieur de Mons conservait quelques profits.

En échange des fourrures, les Français échangeaient des produits européens avec les Mi’kmaq. Les articles les plus populaires étaient des casseroles de cuivre et de fer. Celles-ci étaient très appréciées parce qu’elles conduisaient très facilement la chaleur et facilitaient considérablement la cuisson. Les Mi’kmaq étaient capables de fabriquer des outils à partir de pierre et d’os, mais faisaient des échanges afin d’obtenir des outils en fer tels que des couteaux, des têtes de hache, des têtes de flèche et des hameçons. Des couvertures de laine, du lin et des perles (à des fins de décoration) servaient aussi d’objets d’échange, tout comme le pain. Les Mi’kmaq n’étaient pas agriculteurs, ils chassaient leur nourriture et la mettaient en commun. Les Français s’occupaient de cultiver et de moudre les céréales afin de faire du pain pour répondre à leurs propres besoins et pour servir d’échange avec les Mi’kmaq.

Une solide alliance s’était formée entre les Français et les Mi’kmaq grâce au commerce des fourrures. Cette alliance s’est poursuivie pendant le conflit ultérieur entre Français et Anglais pour le contrôle de l’Acadie. Grâce à cette alliance, les Français ont acquis beaucoup d’habiletés nécessaires pour s’adapter à l’Acadie et y survivre.