Lieu historique national du Canada de Port-Royal

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Feuille d'information - Les bâtiments à Port-Royal 

Samuel de Champlain est celui qui a conçu l’Habitation originale et en a géré la construction. La structure regroupait une série de bâtiments disposés sous la forme d’un carré au centre duquel se trouvait une cour centrale.
L’Habitation fut majoritairement construite en bois. Toute la charpente et toutes les poutres de support étaient faites de rondins joints par des chevilles en bois. Les toits et les murs extérieurs étaient faits de planches sciées à la main. Quelques-uns des toits étaient faits de bardeaux de fente.

Le forgeron s’occupait de forger tous les articles de quincaillerie en fer (charnières, loquets et serrures) nécessaires pour les portes et les fenêtres ainsi que les clous à tête carrée utilisés pour fixer les planches en place. Des pierres des champs étaient utilisées pour construire les cheminées et du mortier fait d’argile, de sable et de coquilles (palourdes et moules) était utilisé pour tenir les pierres en place. Des briques pour l’âtre des foyers et les fours à cuisson ont été faites à partir d’argile trouvée sur le littoral de la rivière. Du verre pour les résidences a été envoyé de France et des peaux d’animaux huilées ont été placées dans les fenêtres des ateliers.

Le fait que les bâtiments étaient regroupés sous la forme d’un carré permettait d’offrir une protection contre le vent et le froid de l’hiver. Une défense minimale surplombant la rivière était aussi assurée. Une plate forme avec des canons à son sommet offrait une protection à l’approche ouest de la rivière et une palissade, où des gardes pouvaient être postés, protégeait l’entrée et l’approche est de la rivière.

L'Habitation de Port-Royal L'Habitation de Port-Royal
© Parcs Canada


Parmi les bâtiments situés à l’intérieur de l’Habitation se trouvait une série d’ateliers. La cuisine et la boulangerie jouaient un rôle important dans la préparation quotidienne de la nourriture à Port-Royal. Tous les repas de la collectivité étaient préparés dans la cuisine, et le pain pour les hommes était fait à la boulangerie, tout comme celui destiné à l’échange avec les Mi’kmaq. La forge était un endroit très occupé. Tous les articles de quincaillerie (charnières, serrures, loquets, clous à tête carrée, etc.) y étaient fabriqués par le forgeron. Ce dernier s’occupait aussi des réparations des objets de fer dans l’Habitation et fabriquait des articles supplémentaires (couteaux, têtes de hache, têtes de flèche) pour échanger avec les Mi’kmaq si les Français venaient à manquer d’objets de commerce. Les ateliers des artisans permettaient aux charpentiers et aux menuisiers de fabriquer divers produits pour la collectivité. Ceux-ci répondaient à la majorité des besoins en bois de l’Habitation.
Les logements étaient attribués selon la classe sociale des gens. Le gouverneur avait la maison la plus luxueuse : un bâtiment de deux étages où la chambre à coucher était à l’étage et l’aire de séjour au rez-de-chaussée. Les gentilshommes de la classe supérieure partageaient une série de maisons sur le côté nord de l’enceinte. On pouvait compter parmi les gentilshommes des personnes comme l’apothicaire, le chirurgien, les capitaines de navires, les membres du clergé, l’avocat et tout autre professionnel de classe supérieure. Ces logements offraient confort et intimité. La classe ouvrière ou les artisans partageaient des dortoirs communs au deuxième étage de l’Habitation. Il s’agissait de dortoirs à aire ouverte avec des lits superposés et des matelas. Le niveau de confort n’était pas aussi élevé que celui du domicile des gentilshommes et l’intimité était minime en raison du caractère ouvert de la pièce.

Tous les hommes se rassemblaient dans une grande salle commune pour prendre leurs repas. Les gentilshommes de la classe supérieure avaient une meilleure table au centre de la pièce, alors que les artisans mangeaient à des tables sur les côtés. Seulement les gentilshommes participaient à l’Ordre de Bon Temps. À la demande des prêtres jésuites, une petite chapelle avait été construite afin de répondre aux besoins religieux de la collectivité. Avant sa construction, les offices religieux avaient lieu dans la salle commune ou à l’extérieur.

Il y avait aussi plusieurs zones d’entreposage dans l’Habitation. Sous la plate-forme des canons se trouvait une poudrière où des tonneaux de poudre à canon, utilisée pour les canons et les mousquets, étaient entreposés. Les céréales étaient entreposées au deuxième étage sur le côté nord de l’enceinte (au-dessus des quartiers des gentilshommes). La majorité des zones d’entreposage se trouvaient dans un grand bâtiment sur le côté est de l’Habitation. La salle d’entreposage basse était utilisée pour conserver les fourrures acquises des Mi’kmaq pendant la saison. Il y avait aussi une petite cave à vin souterraine où les vins et les cidres étaient rangés. L’étage supérieur servait à entreposer des fournitures de navires telles que des voilures, des cordages, des mâts et des filets. Les céréales pouvaient aussi être entreposées à cet endroit.

Un des bâtiments les plus importants était la salle de traite. C’est à cet endroit qu’avaient lieu toutes les activités commerciales. Les Mi’kmaq apportaient leurs fourrures et les échangeaient contre des produits européens comme des marmites en fer, des couteaux, des haches, des couvertures et du pain. Les fourrures étaient envoyées en France, et l’argent des ventes était utilisé pour payer le salaire des hommes et pour acheter le matériel nécessaire pour la colonie.
En étudiant de près l’objectif et la conception des bâtiments, on peut constater que tous les besoins fondamentaux de la collectivité étaient satisfaits dans le confort et la sécurité de l’Habitation conçue par Champlain.