Lieu historique national du Canada de la Forteresse- de-Louisbourg

Les thèmes de l'histoire du lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg qui revêtent un intérêt national

Louisbourg, au coeur de la rivalité franco-anglaise en Amérique du Nord (1713-1768)

Depuis sa fondation par les Français en 1713 jusqu'au retrait des dernières troupes britanniques en 1768, Louisbourg a toujours joué un rôle prépondérant dans la lutte qui opposa les Anglais et les Français pour la maîtrise du pouvoir en Amérique du Nord. Pendant les trente années qui suivent sa fondation, Louisbourg connaît la paix et la prospérité, bien que la menace d'une guerre ne cesse de planer sur la place forte. En 1745, une troupe de soldats de la Nouvelle-Angleterre, appuyée par une escadre de la marine anglaise, s'empare de Louisbourg après un siège de 46 jours. La ville est rendue aux Français aux termes d'un traité, mais est assiégée de nouveau en 1758. L'assaut dure sept semaines, et oppose l'armée anglaise composée de 27 000 hommes, forces terrestre et navale confondues, et les troupes françaises composées de 7 000 soldats et marins. La forteresse et la base navale françaises finissent par tomber de nouveau aux mains des Britanniques, laissant ainsi le champ libre à ces derniers, qui se lanceront à la conquête du reste de la Nouvelle-France.

Lieu historique national du Canada Forteresse de Louisbourg
© Parcs Canada

Louisbourg : le port de pêche (1713 - 1758)

L'économie de Louisbourg et de l'Isle Royale (Cap-Breton) se fonde sur la pêche de la morue. À la fois hauturière et côtière, la pêche compte deux saisons et est la principale activité économique de la colonie; elle représente également des enjeux internationaux énormes. Le poisson, séché et salé, est une denrée alimentaire importante en Europe. La lutte que se livrent les pêcheurs pour les stocks de poisson est souvent la cause de rivalités entre pays. En 1737, la valeur des exportations de morue de l'Isle Royale est huit fois supérieure à la valeur de la traite des fourrures au Canada à la même époque. Les principaux marchés d'exportation sont la France et les Antilles.

Louisbourg : la ville de commerce (1713 - 1758)

Grâce à son grand port, libre de glace et bien protégé, à une industrie de la pêche lucrative et à sa situation stratégique sur l'Atlantique quasi-idéale en Amérique du Nord, Louisbourg devient rapidement un port de commerce important. Des navires en provenance de la France, des Antilles et du Canada ainsi que des caboteurs de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie mouillent dans cette plaque tournante du commerce et du transbordement. Le port de Louisbourg accueille en moyenne chaque année 150 navires, ce qui en fait le port de mer le plus achalandé de la Nouvelle-France et l'un des plus importants en Amérique du Nord. La présence de nombreux entrepôts, d'un quai de carénage, d'une cour d'amirauté, d'ouvrages de défense et d'un phare, d'ailleurs le premier au Canada, suffisent d'ailleurs à prouver l'importance de Louisbourg.

Lieu historique national du Canada Forteresse de Louisbourg
© Parcs Canada

Louisbourg : sa culture et sa société (1713-1768)

À l'apogée de sa prospérité, Louisbourg compte quelques milliers d'habitants. C'est une importante colonie sur l'Atlantique, stratégiquement située en Amérique du Nord. Bien que la colonie fasse partie de la Nouvelle-France, sa société se distingue de celle des autres établissements français situés le long du Saint-Laurent. Son économie, la composition de sa population et sa situation géographique en font une société distincte à l'intérieur de la structure sociale de la Nouvelle-France. En effet, il n'y a pas de système seigneurial à Louisbourg; la traite des fourrures n'y est pas une activité économique importante; le pouvoir institutionnel de l'Église est moindre; on y compte beaucoup plus d'hommes que de femmes, et un certain nombre d'étrangers (la plupart des Basques, des Allemands et des Suisses) travaillent aux côtés des Français. La vie culturelle de la colonie reflète cependant indéniablement la civilisation française. Pendant cette période, Louisbourg n'est pas occupée que par les Français, mais tombe à deux reprises aux mains des Anglais, de 1745 à 1749 puis de 1758 à 1768. Ces derniers apportent eux aussi à Louisbourg leurs traditions sociales et leur culture.

Louisbourg : préservation et évocation (1767-1980)

Au cours des deux siècles et demi environ qui suivent la prise de Louisbourg en 1758, l'histoire de la forteresse est commémorée plus d'une douzaine de fois, de différentes façons. Ce sont les Britanniques qui installent le premier monument en 1767. Dans les années suivantes, un certain nombre de plaques, de cairns et autres monuments soulignant l'importance de divers aspects de l'histoire de la place fortifiée y sont installés. Des sociétés privées y font également placer un monument et la Commission des lieux et monuments historiques du Canada y fera poser en tout six plaques. On construit un musée et on met au jour les vestiges et les rues de l'ancienne place forte dans les années 1930. Environ un quart de la ville originale fortifiée est complètement reconstruit dans les années 1960. Cette reconstruction, qui nécessite une recherche exhaustive dans de nombreuses disciplines, est en fait un modèle qui influencera énormément la sauvegarde du patrimoine au Canada. Le projet permet aussi la constitution d'une base de données historiques et archéologiques sur une colonie particulière du XVIIIe siècle, qui nous ouvre une fenêtre sur le passé comme jamais auparavant.