Lieu historique national de la Citadelle-d'Halifax

L’internement à la citadelle d’Halifax durant la Première Guerre mondiale

L’internement au Canada

Carte de la citadelle d’Halifax montrant l’enceinte barbelée à l’intérieur de laquelle étaient détenus les prisonniers de guerre, 1916 Carte de la citadelle d’Halifax montrant l’enceinte barbelée à l’intérieur de laquelle étaient détenus les prisonniers de guerre, 1916
© Parcs Canada

Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, en 1914, plusieurs Canadiens ont commencé à mettre en doute la loyauté des immigrants provenant des pays ennemis, soit l’Allemagne, l’Autrice Hongrie, l’Empire ottoman et, éventuellement, la Bulgarie. Le gouvernement fédéral a donc édicté un règlement l’autorisant à contrôler et à interner toutes les personnes qui ne sont pas devenues des sujets britanniques par naturalisation. Celles ci étaient qualifiées de « sujets d’un pays ennemi ».

Les personnes sans emploi ou pièces d’identité, celles qui avaient omis de s’inscrire auprès des autorités ou de s’y rapporter régulièrement, de même que celles qui tentaient de quitter le Canada sans permission pouvaient être internées. Au total, 8 579 hommes ont été internés en tant que prisonniers de guerre dans 24 camps situés à divers endroits au pays. La citadelle d’Halifax abritait l’un de ces camps.

Les prisonniers de guerre en Nouvelle-Écosse

La citadelle d’Halifax était l’un des trois camps d’internement de la Nouvelle-Écosse. Les deux autres étaient situés dans l’île Melville, dans la partie nord ouest du port d’Halifax, et à Amherst. Ailleurs au Canada, la plupart des personnes internées étaient d’origine est européenne, alors qu’en Nouvelle-Écosse, il s’agissait principalement de réservistes allemands.

L’internement à la citadelle d’Halifax

Prisonniers de guerre derrière l’enceinte barbelée de la citadelle vers 1915 Prisonniers de guerre derrière l’enceinte barbelée de la citadelle vers 1915
© Museé de l'armeé à la Citadelle-d'Halifax

Le camp d’internement de la citadelle d’Halifax a été ouvert le 1er octobre 1914 et est demeuré en activité pendant deux ans. Les prisonniers étaient logés dans des casemates installées à cette fin dans le saillant nord est et le cavalier. Une enceinte barbelée les séparait des soldats canadiens. À un certain moment, on comptait plus de 180 prisonniers dans le camp.

En avril 1915, comme les installations d’internement de la citadelle étaient rendues surpeuplées, les autorités ont ouvert un autre camp à Amherst. Le camp de la citadelle était désormais réservé aux prisonniers de guerre de première classe (les officiers), alors que le camp d’Amherst abritait les prisonniers de deuxième classe (les réservistes des troupes ennemies et les sujets de pays ennemis). Lors de la fermeture du camp de la citadelle, le 3 octobre 1916, les prisonniers ont été transférés à Amherst. À un certain moment, vers la fin de la guerre, le camp d’Amherst constituait le plus grand centre d’internement du Canada, avec ses 854 prisonniers. Il a été fermé le 27 septembre 1919.