Lieu historique national de la Citadelle-d'Halifax

Les Maroons de Trelawny en Jamaïque

Le combat en exile pour la liberté

Un capitaine des «Maroons» de Jamaïque, Leonard Parkinson Un capitaine des «Maroons» de Jamaïque, Leonard Parkinson
photo courtoisie de Nova Scotia Archives, Halifax, N-É

Quelque 600 esclaves noirs dits «Maroons» de Trelawny en Jamaïque, hommes, femmes et enfants, débarquent à Halifax en juillet 1796. Le gouvernement de la Jamaïque craint que leur militantisme et leur désir d’indépendance ne donnent aux Noirs non affranchis le goût de se soulever et de vouloir être libres, décide d’envoyer les Maroons de Trelawny en exile en Nouvelle-Écosse. Ces derniers restent que quatre ans, mais laisseront une marque indélébile.

Les hommes de Trelawny travaillent à l’aménagement des défenses de la troisième citadelle. On croit d’ailleurs que c’est en leur honneur que l’un des ouvrages des fortifications a été baptisé le bastion «Maroon». Ils participent à la construction de Government House, appartiennent à une unité de la milice, déboisent pour la construction des routes et travaillent comme manœuvres. Entre autres tâches, les femmes et les enfants cueillent des fruits et des baies, et cultivent des légumes qu’ils vendent au marché de Halifax. Les Maroons sont d’abord logés dans des tentes et des casernes sur les terrains de la Citadelle, et dans des étables de la propriété du gouverneur Wentworth, pour être ensuite déménagés sur des terres à Preston.

Les Maroons de Trelawny sont vite déçus, surtout par la tentative du gouverneur Wentworth de vouloir les «civiliser». Mais ce sont surtout les hivers rigoureux et la nourriture à laquelle ils ne s’habituent pas qui poussent les Maroons à demander à quitter la Nouvelle-Écosse pour des contrées au climat plus doux.

En août 1800, 500 Maroons partent pour Sierra Leone en Afrique occidentale. Certains restent cependant en Nouvelle-Écosse, et certains patronymes néo écossais, comme Downey, Colley et Johnston, constituent aujourd’hui l’héritage des Marrons de la Jamaïque.1

«Maroon» est une déformation du mot espagnol «cimarron», qui veut dire sauvage et libre.


Apprenez plus :

The Maroons - Black Cultural Centre of Nova Scotia (en anglais seulement)
 

1 Dr Henry Bishop, conservateur en chef du Black Cultural Centre of Nova Scotia, mai 2002. Tiré de The Maroons in Nova Scotia, de John N. Grant.