Lieu historique national du Canada de l'Île-Georges

Carte

Carte antenne numérotée de l'Île-Georges
© Parcs Canada / Ship to Shore Photography

Fort Charlotte

En 1794, le prince Edward, futur duc de Kent, arriva à Halifax pour prendre le commandement des forces armées. Considérant l'île Georges comme un élément essentiel des défenses du port, il y fit construire une forteresse en forme d'étoile à laquelle il allait donner le nom de sa mère, la reine Charlotte. Dans les années 1860, la forteresse fut en grande partie reconstruite, pour pouvoir accueillir de nouveaux canons à âme rayée et à chargement par la bouche. Elle fut alors dotée de deux puissantes batteries faisant face au large.

No 1 – Batterie inférieure : Compte quatre emplacements de canons de 10 pouces à âme rayée et à chargement par la bouche. Chaque canon pesait 18 tonnes et permettait de tirer des projectiles de 400 livres.
No 2 – Fossé : De profondes tranchées étaient creusées entre les murs intérieur (escarpe) et extérieur (contrescarpe) de la forteresse. 
No 3 – Caponnières : Passages couverts percés de meurtrières reliant les murs intérieur (escarpe) et extérieur (contrescarpe) de la forteresse et permettant de tirer au fusil depuis le fossé.
No 4 – Batterie supérieure : La batterie supérieure compte huit emplacements de canons ainsi qu'un magasin et un complexe de tunnels souterrains.
No 5 – Emplacements des canons de 9 pouces à âme rayée et à chargement par la bouche : Cinq des huit emplacements d'origine des canons à âme rayée et à chargement par la bouche datant de la reconstruction du fort Charlotte (1864-1889) sont toujours présents dans la batterie supérieure. Chaque canon pesait 12 tonnes et permettait de tirer des projectiles de 250 livres.
No 6 – Emplacements des canons à tir rapide : En 1902, les canons à âme rayée et à chargement par la bouche de fort Charlotte, tombés en désuétude, furent remplacés par une batterie de trois canons à tir rapide de 4,7 pouces.
No 7 – Magasin principal et complexe de tunnels : Ce complexe souterrain servait à alimenter les canons de la batterie supérieure.
No 8 – Atelier des canons rayés à chargement par la bouche : Atelier où les obus explosifs et les charges de poudre ou les cartouches étaient remplis avec des quantités soigneusement mesurées de poudre noire.
No 9 – Magasin d'artillerie : Lieu d'entreposage des pièces utilisées pour le fonctionnement des canons comme des dispositifs de visée et probablement des leviers de manœuvre et du matériel servant à déplacer les canons.
No 10 – Forge : Ce bâtiment servait à effectuer les petites réparations aux pièces et affûts de canons. Il était doté d'une cheminée, d'une enclume, d'une meule et d'un établi muni d'un étau.
No 11 – Terrain de rassemblement de fort Charlotte : Terrain plat à l'intérieur d'une forteresse où les troupes se rassemblaient.
No 12 – Batterie nord : La batterie nord, qui n'a pas subi de modifications importantes lors des travaux de reconstruction du fort Charlotte, entre 1864 et 1869, a conservé ses emplacements de canons à âme lisse.
No 13 – Porte principale/Poste de garde : Un pont roulant enjambait le fossé, permettant aux gardes de limiter l'accès au fort Charlotte.

Phare et maison du gardien de phare

En 1856, à la suite de nombreux accidents ayant eu lieu la nuit ou dans un épais brouillard où les navires entraient en collision avec l'île Georges, les marchands de Halifax exercent des pressions sur le gouvernement local pour faire construire un phare sur l'île. Vingt ans plus tard, en 1876, le premier phare est construit sur le versant ouest de l'île Georges, servant d'aide à la navigation des navires dans le port. Il est construit en bois et la résidence du gardien de phare y est rattachée. Le phare est exploité pendant 40 ans avant d'être détruit par le feu en 1916.

No 14 – Phare : Complété en 1919, le phare actuel a été construit en béton pour réduire sa vulnérabilité au feu. Aujourd'hui, le phare est la propriété de la Garde côtière canadienne qui l'exploite, tout comme la tour de radar déguisée en sémaphore, qui se trouve dans l'enceinte du fort Charlotte. Cette tour a été érigée en 1974 pour faciliter la régulation du trafic portuaire.
No 15 – Maison du gardien de phare : Pendant près de 100 ans, un gardien de phare vivait sur l'île Georges. À l'origine, la maison était rattachée au phare, mais à la suite de l'incendie de 1916 qui a détruit le premier bâtiment, un logement séparé a été construit. Le dernier gardien du phare a quitté l'île avec sa famille en 1972, après l'installation d'un phare totalement automatisé, un des premiers de la sorte au Canada.

Fabrique de mines sous-marines

Dans les années 1870, l'île Georges devint le quartier général de la création d'un système de mines sous-marines destiné à protéger le port d'Halifax des navires ennemis. Les mines sous-marines avaient vu le jour grâce aux progrès scientifiques réalisés dans le domaine des explosifs et en électricité. Les mines étaient fabriquées de charges de fulmicoton (matériau fibreux ressemblant à du coton ou à du lin trempé dans un liquide explosif comme l'acide nitrique) enfermées dans des enveloppes en métal étanches, et mouillées à la profondeur qu'il fallait pour couler ou endommager, en déclenchant l'explosion par contact électrique depuis la terre, les navires qui passaient à proximité. C'était, à l'époque, une technologie de pointe, et Halifax fut l'un des premiers ports coloniaux de l'Empire britannique où l'installation d'un système de champs de mines sous-marins fut approuvée. Grâce à l'ajout des mines sous-marines à son arsenal d'armes, l'île Georges avait atteint l'apogée de son rôle militaire. Toutefois, en raison des dangers qu'elles représentaient pour les navires « amis », l'installation de mines sous-marines fut interrompue en 1906.

No 16 – Quartiers des officiers mariés : Construits en 1901, et utilisés jusqu'en 1905 pour loger les officiers mariés et leurs épouses.
No 17 – Magasin des amorces : Servait à mettre à l'essai et à entreposer les amorces.
No 18 – Réservoirs de fulmicoton : Le fulmicoton n'est pas explosif lorsqu'il est mouillé mais retrouve ses propriétés explosives une fois sec, placé dans une enveloppe de mine et mis à feu avec une amorce.
No 19 – Magasin d'enveloppes de mines : Utilisé pour entreposer les enveloppes de mines vides qui plus tard seraient remplies de fulmicoton.
No 20 – Magasin de mines chargées : Utilisé pour entreposer les mines sous-marines chargées.
No 21 – Local d'assemblage : Lieu où les câbles, les amorces et les dispositifs électriques étaient reliés aux mines chargées, qui étaient ensuite entreposées dans le magasin des mines fortifié construit à l'arrière du local.
No 22 – Bâtiment de stockage du charbon : Bâtiment multifonctionnel qui servait de poste de garde, de caserne de pompiers et de lieu de stockage du charbon.
No 23 – Magasin des câbles : Probablement utilisé pour entreposer les câbles en vrac avant qu'ils ne soient coupés en longueurs voulues et entreposés dans les caissons à câbles.
No 24 – Atelier : Abritait une forge et un atelier de menuiserie et était utilisé pour préparer les matériaux et réaliser les travaux d'électricité reliés aux mines.
No 25 – Caissons à câbles : Utilisés pour entreposer, mettre à l'essai et entretenir les câbles préparés qui allaient être reliés aux mines.
No 26 – Puits d'essai : Utilisés pour les essais de détonation par courant électrique des amorces de mines.