Lieu historique national du Canada du Fort-Anne

Histoire


Le retour des Britanniques

Peinture du bateau © Parcs Canada/D. Kadlec

La période pendant laquelle Port-Royal constitue la capitale française de l’Acadie prend fin à l’automne de 1710, alors qu’un important contingent armé dirigé par Francis Nicholson, un officier britannique, prend le contrôle du fort après un siège d’une semaine. La flotte britannique, composée de 35 navires et de 2 000 soldats de la Grande Bretagne et de la Nouvelle-Angleterre, est largement supérieure aux forces françaises. Le 16 octobre, le gouverneur Daniel D’Auger de Subercase capitule; le fort et la zone de cinq kilomètres entourant le village tombent aux main des Britanniques. Ceux ci rebaptisent le lieu « Annapolis Royal », et encore une fois, l’Acadie devient la « Nouvelle¬ Écosse ».

En 1713, le traité d’Utrecht confirme la souveraineté britannique sur l’Acadie, et Annapolis Royal (anciennement Port Royal) devient la capitale de la Nouvelle Écosse. Toutefois, les limites territoriales de l’Acadie demeurent ambigües. La France a cédé aux Britanniques l’Acadie avec « ses limites anciennes », mais ces limites n’ont en réalité jamais été établies. Bien que la Grande-Bretagne ait gagné le contrôle de l’Acadie, la guerre n’est pas terminée. D’après l’entente signée entre les deux nations, la France garde le contrôle de ses colonies au Canada (une région située le long du fleuve Saint-Laurent), de l’île Royale (aujourd’hui l’île du Cap Breton) et de l’île Saint Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard). Les Français conservent également leur rêve de conquérir à nouveau Annapolis Royal et de rebaptiser le lieu « Acadie ».

Pendant les 30 années suivantes, les Acadiens voient leur population s’accroître de façon fulgurante; une partie de cette population s’établit à divers endroits sur le territoire s’étalant jusqu’à la baie de Fundy. Toutefois, cette période est aussi caractérisée par l’incertitude. Depuis 1713, la région passe alternativement aux mains des Français et des Britanniques de nombreuses fois, ce qui porte les Acadiens à croire que les Français pourraient à nouveau contrôler la région. Les Acadiens refusent donc de prêter serment à l’une ou à l’autre des nations et préfèrent demeurer neutres. Pour communiquer avec les Acadiens dispersés dans les différents villages de la région, les dirigeants britanniques d’Annapolis Royal, dont le siège est situé à l’emplacement actuel de Fort Anne, décident de créer un gouvernement partiellement représentatif; les habitants de chaque collectivité importante de l’Acadie élisent des députés qui travaillent en leur nom avec les officiels britanniques. Les Britanniques tentent parfois de rallier les députés de leur côté, chose à laquelle continuent de résister les Acadiens.

En 1729-1730, Richard Philipps et les Acadiens négocient un compromis : ils s’entendent pour modifier le serment en lui ajoutant une promesse verbale stipulant que les Acadiens ne sont en aucun cas obligés de prendre les armes contre les Français ou les Mi’kmaq. Les dirigeants britanniques de Londres et plus tard de Halifax (après sa fondation en 1749) n’accepteront pas cette modification. Par conséquent, la loyauté demeure un sujet d’inquiétude au sein des deux camps.

Image tirée du livre : « The Micmac and How Their Ancestors Image tirée du livre : « The Micmac and How Their Ancestors Lived Five Hundred Years Ago »
© Parcs Canada/K. Kaulbach

Les Mi’kmaq, qui seulement cent ans auparavant sont les seuls à occuper la région, sont mécontents à l’égard de cette présence de plus en plus importante des Britanniques en Nouvelle Écosse. Cette hostilité n’empêche toutefois pas les Mi’kmaq d’entretenir des relations amicales avec les Français, avec certains ils partagent les mêmes croyances religieuses et des liens de parenté. En 1720, une série d’événements violents éclatent entre les Britanniques et les Mi’kmaq. Ces derniers s’emparent de nombreux bateaux ramenés de Nouvelle Angleterre servant à la traite et à la pêche. Une bataille aura également lieu près d’Annapolis.

Le conflit prend fin en 1726, moment où des chefs Mi’kmaq et des chefs d’autres Premières nations du Nord-Est se rendent au fort d’Annapolis pour ratifier un traité de paix signé l’année précédente à Boston.



Retour
retour  
Suite
suite