Lieu historique national du Canada du Fort-Anne

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Les Alliances Mi’kmaq

Illustration du livre « The Micmac and How�0;D;�0;A;Their Ancestors Lived Four Hundred Years Ago » Illustration du livre « The Micmac and How Their Ancestors Lived Four Hundred Years Ago »
© Parcs Canada/K. Kaulbach

La vie des Mi’kmaq et des autres peuples autochtones n’a plus jamais été la même après l’arrivée des Européens. Alors que les Français ont généralement entretenu des relations de collaboration avec les Mi’kmaq et leurs alliés, les Abénaquis, les relations entre les Britanniques et les Mi’kmaq ont pour leur part souvent été conflictuelles.

Dès 1605, Port-Royal a été abandonné pour une courte période par les colons français aux mains d’un chef Mi’kmaq qui en a assuré la garde. Avec le temps, et grâce à des mariages unissant les deux peuples, leurs relations s’approfondissent. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les troupes françaises et les guerriers Mi’kmaq joignent leurs forces pour lutter contre l’expansion britannique. Les Britanniques parviennent également à établir des liens militaires avec les peuples autochtones, notamment en leur offrant des cadeaux et en échangeant des biens. Les batailles de Bloody Creek illustrent d’ailleurs clairement ces relations.

Après la victoire des Britanniques à Port-Royal en 1710, le fort, alors délabré, doit à tout prix être réparé pour devenir réutilisable. Des entrepreneurs acadiens vivant en amont de la rivière Annapolis acceptent de fournir du bois pour les réparations des fortifications et à le transporter sur la rivière jusqu’au fort. Cette collaboration a toutefois des conséquences désastreuses. L’opération est freinée par des guerriers autochtones qui libèrent les billots disposés en radeau et s’acharnent sur les Acadiens ayant accepté de prêter main forte aux Anglais. La situation s’aggrave au point où le gouverneur Samuel Vetch décide d’envoyer des soldats sur place pour tenter de calmer la situation.

Le 10 juin 1711, quelque 70 soldats quittent Annapolis Royal à bord d’une baleinière et de deux plates. Lorsqu’ils atteignent la rivière René Forêt, située près de la ville actuelle de Bridgetown, les soldats à bord de la baleinière font face à des Abénaquis, réunis à cet endroit en prévision d’une attaque contre Annapolis Royal. Les Britanniques, beaucoup moins nombreux, sont vite dépassés par les événements. La bataille fait environ 18 morts et 12 blessés. Tous les soldats sont faits prisonniers sauf un. Les Français serviront plus tard des prisonniers pour s’approvisionner en nourriture et en matériel.

À la suite de cette première bataille, le colonel John Livingston, cousin de Samuel Vetch, revient de New York accompagné d’une cinquantaine d’hommes recrutés au sein de la Confédération iroquoise. Leur mission est la suivante : surveiller le fort et empêcher toute attaque des soldats français et de leurs alliés autochtones, les Mi’kmaq. Un fort est construit pour les soldats dans la partie sud d’Annapolis Royal. La compagnie iroquoise est renvoyée au printemps 1713.

En 1755, des Acadiens qui ont réussi à fuir lors de la déportation forment des groupes de résistance dans les forêts, certains d’entre eux s’alliant avec les Mi’kmaq. En décembre 1757, un groupe de travailleurs d’Annapolis Royal en train de couper du bois de chauffage près de l’emplacement de la première bataille tombe dans une embuscade tendue par une troupe d’Acadiens et de Mi’kmaq. Un homme est tué et sept autres sont faits prisonniers. Pour répondre à cette attaque, les Britanniques envoient 130 soldats pour tenter de récupérer les prisonniers.

Le matin du 8 décembre, au moment de traverser le pont sur la rivière René Forêt, les troupes britanniques subissent l’assaut de guerriers Mi’kmaq et acadiens. Après avoir perdu 25 hommes, les Britanniques battent en retraite vers Annapolis Royal. Malgré cette victoire contre les Britanniques, la force mixte ne tente pas d’attaquer Annapolis Royal. La rivière René Forêt sera plus tard rebaptisée « Bloody Creek » (ruisseau Bloody) en l’honneur de ces deux batailles.



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