Lieu historique national du Canada du Fort-Edward

Fouilles archéologiques au fort Edward

Des archéologues ont travaillé au lieu historique national du Fort-Edward à diverses périodes entre 1986 et 1999. Les travaux ont été exécutés pour des raisons d’ordre pratique, afin de dégager des espaces pour l’installation de câbles électriques, pour l’aménagement de sentiers et pour la stabilisation du blockhaus. Chaque fouille archéologique a toutefois révélé des renseignements précieux sur le fort et ses occupants.

Le tertre du blockhaus : Des trésors parmi les détritus 

Un boulet de canon repose sur le sol sous les planches du plancher du blockhaus 1998 : Un boulet de canon repose sur le sol sous les planches du plancher du blockhaus. Il s’agirait de remblais provenant d’un tertre (amoncellement de détritus) datant du début du 18e siècle et placé à l’intérieur du fort, peut-être pour isoler le bâtiment.

Des plans visant à stabiliser la fondation du blockhaus ont mené à l’excavation complète de l’intérieur, ainsi que du contour extérieur du bâtiment. Durant ces travaux, la découverte la plus étonnante a été sans contredit la grande quantité de détritus qui avaient été jetés sous les planches du plancher avant le milieu du 19e siècle. On voulait peut-être ainsi réduire l’espace libre sous le plancher et fournir une certaine isolation. Sous le plancher, les archéologues ont donc découvert des boutons d'uniforme, des boucles de chaussures, des balles de mousquet et des pierres à fusil, de la vaisselle en céramique et des bouteilles en verre cassées, des pipes, des guimbardes, des bouteilles d’encre et une grande variété d’os d’animaux, jetés après les repas. Tous ces articles semblaient dater du premier quart du 19e siècle.

Voici quelques-uns des articles que les archéologues ont découverts :

Assiette en terre cuite grossière anglo-américaine à décor d’engobemâchoire d’une baudroie (Lophius americanus), attrapée et mangée par des soldats de la garnisonles soldats façonnaient des disques à partir d’os plats pour remplacer les boutons d’uniforme qu’ils avaient perdus pipes, bouteille d’encre et bille en argile

Assiette en terre cuite grossière anglo-américaine à décor d’engobe; mâchoire d’une baudroie (Lophius americanus), attrapée et mangée par des soldats de la garnison ; les soldats façonnaient des disques à partir d’os plats pour remplacer les boutons d’uniforme qu’ils avaient perdus ; pipes, bouteille d’encre et bille en argile


Avant le blockhaus : L’église paroissiale acadienne de l’Assomption

l’archéologue Stephen Powell En 1986, l’archéologue Stephen Powell a découvert des preuves de la présence de l’église acadienne sous le bastion nord-ouest

Sous le plancher du blockhaus, une couche de charbon marque l’emplacement original de l’église acadienne de l’Assomption Sous le plancher du blockhaus, une couche de charbon marque l’emplacement original de l’église acadienne de l’Assomption



















Les fouilles archéologiques ont aussi confirmé la présence de l’église paroissiale de l’Assomption au sommet de la colline. Une tâche aussi banale que l’installation d’un éclairage de sécurité autour du blockhaus a mené à la découverte de la première preuve. Au fond d’un petit trou carré creusé pour y installer la lumière du bastion nord-ouest, l’archéologue Stephen Powell a mis au jour des morceaux d’argile brûlés durant un incendie qui présentaient clairement des traces d’herbes des marais salés (spartina sp.).

Spécimen du torchis

Le torchis, un mélange d’argile et de spartina, était couramment utilisé comme isolant dans les maisons acadiennes. Des fouilles ultérieures à l’intérieur du blockhaus ont révélé la présence d’une couche de charbon et de torchis sous le sol de la fondation du bâtiment. Cette couche datait manifestement d’avant la construction du blockhaus. Comme l’a indiqué Jonathan Fowler, de la Saint Mary’s University, Joshua Winslow a consigné dans son journal, en juin 1750, que les Acadiens ont démoli l’église (qui avait été abandonnée) pour niveler le terrain en vue de la construction du blockhaus.

Photos © Parcs Canada/R. Ferguson


Ressources

À dix minutes de marche du lieu se trouve le musée de la West Hants Historical Society (en anglais seulement). Vous pouvez vous y rendre en empruntant la rue King adjacente. Vous pourrez y admirer des boutons d’uniforme, des boulets de canon et d’autres artefacts qui ont été exhumés au fort Edward.