Lieu historique national du Canada Fort Charles

Patrimoine culturel

L'emplacement du fort Charles

Le fort Charles fut construit sur l'escarpement qui domine le confluent des rivières Annapolis et Allain. Cet endroit est l'un des points les plus élevés de la rivière Annapolis, cours d'eau bordé de marais salés bas qui, à l'époque des Écossais, étaient inondés par les marées printanières de la baie de Fundy, mais qui sont protégés par des digues depuis 1640 environ. Le site offre une vue imprenable sur la rivière Annapolis et l'île Goat. Comme il s'agit d'une hauteur entourée de terrain relativement plat, l'endroit servait de campement aux Mi'kmaqs et à d'autres tribus autochtones qui voyageaient en canot de la baie de Fundy à la côte sud de la Nouvelle-Écosse, en parcourant les cours d'eau de ce qui est aujourd'hui le parc national et le lieu historique national du Canada Kejimkujik. C'est également là que les Français, pendant la période de l'Habitation de Port-Royal (1605-1613), faisaient pousser du blé et peut-être également d'autres cultures.

Pendant bien des années, on crut que le fort Charles avait été construit du côté nord de la rivière Annapolis, sur une élévation de terrain située derrière l'Habitation de Port-Royal, poste de traite et centre névralgique des efforts de colonisation de la France de 1605 à 1613. Une carte française de 1708 et une carte anglaise de 1725 y plaçaient toutes deux le fort, et la tradition orale perpétua l'idée. (La carte de 1725 faisait mention du « Scotch Fort »). Cependant, l'endroit ne concorde pas avec les détails d'un récit de première main publié en 1940, où il est écrit que Claude de Saint-Étienne de La Tour, qui avait vécu à l'Habitation et qui se trouvait à bord du navire avec Alexander, montra à ce dernier l'emplacement de l'Habitation, puis celui d'un ouvrage de fortification appelé fort La Tour. Alexander, qui n'aurait aimé ni l'un ni l'autre, remonta la rivière jusqu'à un endroit situé près d'un petit cours d'eau. Une version plus détaillée du document qui a été publiée en 1992 fait état de la présence de ruines d'un moulin français au bord du cours d'eau. Ce détail permet de confirmer qu'il s'agissait de la rivière Allain, où les Français avaient construit un moulin à provende en 1607 pour moudre le grain cultivé dans les champs de blé avoisinants.