Lieu historique national du Canada de Signal Hill

Histoire

Signal Hill a une longue histoire associée à l'observation et aux communications. Avant l'avènement des transmissions navire-terre, c'est de ce point que des vigies scrutaient l'océan pour guetter l'arrivée des bateaux se dirigeant vers le port de St. John's. En hissant des pavillons sur des mâts de signalisation au sommet de la colline, ils prévenaient les militaires et les marchands de la ville de l'identité des navires en vue. Ainsi, les marchands avaient tout le temps voulu pour préparer leurs quais.

Grâce à sa position stratégique manifeste, Signal Hill a été au cSur des ouvrages de défense du port de St. John's depuis le XVIIIe siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. C'est là qu'a eu lieu, en 1762, la dernière bataille de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord. On y voit encore aujourd'hui les ruines de bâtiments militaires du XIXe siècle. Les premiers ouvrages de défense du port de St. John's ont été des batteries construites de chaque côté du goulet afin de protéger la ville contre les attaques navales. Ces ouvrages n'ont pas empêché St. John's de tomber aux mains des Français, venus de Plaisance par voie de terre, en 1696, en 1705 et en 1709. Le Traité d'Utrecht, signé en 1713, a reconnu la souveraineté de la Couronne britannique sur Terre-Neuve et a mis fin pour un temps au conflit entre la Grande-Bretagne et la France.

En juin 1762, les Français se sont à nouveau emparés de St. John's, cette fois dans le but de renforcer leur position de négociation après la perte de Louisbourg et de Québec. En septembre, les troupes du lieutenant-colonel William Amherst marchaient sur St. John's à partir de Torbay. En s'emparant d'abord de Signal Hill, Amherst a gagné un avantage stratégique : après une nuit de bombardement au mortier depuis la colline, les Français, cantonnés au fort William, se sont rendus et les Anglais ont repris la ville. Par la suite, en 1770, ils allaient ériger le fort Townsend hors de portée des pièces de Signal Hill.

La fortification de Signal Hill a commencé au cours des Guerres napoléoniennes. Les batteries de la Reine, Wallace, Waldegrave, du Duc d'York, de la passe Quidi Vidi et de caronades datent toutes de cette période. La colline devait servir de dernier retranchement aux garnisons des forts William et Townsend. En 1796, une impressionnante démonstration de force allait repousser la flotte française dirigée par l'amiral de Richery.

Au cours des années 1830, de nouvelles casernes ont été construites à la batterie de la Reine et au sommet de la colline, qui a été fortifiée à nouveau pendant la guerre de Sécession. Durant la Première Guerre mondiale, un contingent de la Newfoundland Legion of Frontiersmen a été cantonné au fort Waldegrave, dans le goulet. Durant la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui ont placé de l'artillerie anti-aérienne, des canons de défense côtière et une batterie mobile sur la colline.

Dans un autre registre, trois hôpitaux différents ont été exploités sur Signal Hill entre 1870 et 1920; tous ont été rasés par des incendies. C'est dans l'un de ces établissements, l'hôpital pour la diphtérie et les maladies contagieuses, que Guglielmo Marconi a reçu le premier signal transatlantique sans fil, le 12 décembre 1901.

La tour Cabot, l'attrait le plus visible de St. John's, a été édifiée entre 1898 et 1900 pour marquer le Jubilé de diamant de la reine Victoria et commémorer le 400e anniversaire du " voyage de découverte " de John Cabot. La tour a servi à la signalisation jusqu'en 1960. Elle abrite aujourd'hui une exposition qui rappelle l'exploit de Marconi sur Signal Hill, ainsi qu'une boutique de cadeaux.

L'un des grands points d'intérêt du lieu historique est le sentier du Poste de guet, un parcours d'interprétation tracé au sommet de Signal Hill. Du côté qui fait face à St. John's, un mur bas évoque la palissade de poutres et les batteries en demi-lune qui protégeaient le sommet des attaques. Du côté du goulet, un belvédère cerné d'un mur de pierre a été aménagé à l'endroit où se dressait autrefois la batterie du Duc d'York. À partir d'autres postes d'observation du côté de l'océan, le visiteur découvre les panoramas splendides de l'Atlantique et de la côte déchiquetée. Le long du sentier, divers panneaux thématiques expliquent l'histoire, la géographie et le climat qui ont joué un rôle crucial dans l'évolution de la culture de Terre-Neuve. Le sentier du Poste de guet a été financé conjointement par Parcs Canada et par la Johnson Family Foundation, un organisme de bienfaisance enregistré qui adopte et soutient des mesures en vue de reconnaître, de mettre en valeur, d'expliquer, de préserver et d'appuyer l'histoire, les traditions, la nature et les paysages de la province de Terre-Neuve.

Signal Hill et la tour Cabot sont devenues les symboles du passé glorieux de St. John's. Le lieu historique national de Signal Hill fait découvrir au visiteur bon nombre des aspects les plus importants et les plus fascinants de cette histoire.