Lieu historique national du Canada de L’Anse aux Meadows
Histoire
La saga de Vinland (sommaire)
Les récits de découverte des Scandinaves, incluant leur
découverte de l’Amérique du Nord, viennent des sagas —
des histoires anciennes qui étaient racontées pendant des
années, et plus tard, écrites pour que les générations
à venir puissent les lire. (La version écrite la plus ancienne nous
vient du XIIe siècle.) Le début des voyages des Scandinaves vers
l’ouest et vers l’Amérique du Nord peut être retracé
en lisant les sagas des voyages marins d’Érik le Rouge et Bjarni
Herjolfsson.
Section du saga de Erik le Rouge
© Parcs Canada
Selon ces sagas, voilà près d’un millier d’années,
un gros navire à proue fière, en provenance du Groenland, jette
l’ancre dans une baie accueillante, le long de la côte de
l’Amérique du Nord. Après avoir ferlé l’unique voile
carrée, les 30 hommes d’équipage mettent pied à terre. Au
nord, une pointe de terre avance dans la mer; une île émerge
au-delà. La côte est basse et légèrement ondulée.
Des prairies luxuriantes, entourées de forêts, s’offrent
à la vue. Une petite rivière coule d’un lac à quelques
pas. Les flots sont impressionnants. À marée basse, la baie toute
entière se transforme en une vaste terre asséchée.
Enchantés par la beauté du paysage, les nouveaux venus
décident d’y demeurer. Ils remontent la rivière à bord de
leur navire et installent leur campement sur la berge. Après quelques
courtes excursions, ils connaissent bien le pays qu’ils trouvent
extrêmement riche. Les cours d’eau foisonnent de saumon. Il y a du
bois d’oeuvre à profusion et le climat est si doux que l’herbe
reste verte tout l’hiver.
C’est ainsi que la saga Groenlandaise du XIIIe siècle décrit
la première expédition de Leif Eriksson en Amérique du Nord,
cinq siècles avant Christophe Colomb. La saga raconte qu’un jour,
un membre de l’équipage, Tyrkir l’Allemand, s’est
éloigné du campement et a trouvé des vignes sauvages dans la
forêt. Cette découverte excitante inspira Leif qui décida
d’appeler cette terre nouvelle Vinland, la terre du vin. Au début
de l’été suivant, Leif et son équipage retournent au
Groenland avec un plein chargement de bois de construction et de raisins
transformés en vin ou séchés. Le bois de construction
était particulièrement important pour des Groenlandais qui
n’avaient pas chez eux le bois d’oeuvre servant à construire
les maisons.
Le succès que connut Leif dans le nouveau pays en incita d’autres
à venir. C’est ainsi que Thorfinn Karlsefni, commerçant
islandais de passage au Groenland, organisa une expédition comptant
près de 135 hommes et 15 femmes, du bétail et trois ou quatre
navires. Le groupe utilisa le campement de Leif et passa plusieurs
étés à explorer et à rassembler un chargement de bois de
construction, de fourrures et autres, qui pourraient être vendus à
profit au Groenland ou en Europe.
Les Scandinaves rencontrèrent des autochtones qu’ils
appelèrent « skrælings ». Bientôt, des
échauffourées se produisirent. Beaucoup moins nombreux que ses
assaillants, le groupe de Karlsefni retourna au Groenland. Au cours d’un
voyage — celui d’Eriksson, de Karlsefni ou d’un autre
capitaine scandinave — les explorateurs s’arrêtèrent un
certain temps à la pointe de la péninsule nord de Terre-Neuve,
à l’endroit maintenant appelé L’Anse aux Meadows.
Lieu historique national de L’Anse aux Meadows
© Parcs Canada
Ils y établirent une petite communauté, à une faible distance
de la côte, sur une étroite terrasse de gravier, à
proximité d’un marais tourbeux et d’un petit cours d’eau.
Nul ne sait combien de temps ils y passèrent — peut-être
quelques années seulement — mais ils y vécurent assez
longtemps pour y construire de grandes maisons, plusieurs ateliers et une
petite forge, où pour la première fois, le fer fut fondu au Nouveau
Monde. Après leur départ, les bâtiments tombèrent en
ruines et la nature reprit possession des lieux.