Lieu historique national du Canada de L’Anse aux Meadows

Histoire

Les fouilles archéologiques de Parcs Canada

Parcs Canada continua les excavations du site de 1973 à 1976. Les nouvelles fouilles de Parcs Canada mirent au jour le marais tourbeux au bas de la terrasse aménagée par les Scandinaves. On y trouva trois couches distinctes et environ 2000 fragments de bois débité. L’une de ces couches remontait à la période d’occupation par les Scandinaves. Il s’agissait surtout de copeaux et de sciures provenant du bois qu’on transformait en billes et en planches au moyen d’outils métalliques et qui rappelaient les sagas décrivant l’apprêt du bois d’oeuvre qu’on ramenait au Groenland. On trouva également des objets brisés et mis au rebut, parmi lesquels ce qui fut probablement la varangue d’un petit bateau scandinave.

L’établissement scandinave se composait de trois groupes de bâtiments comprenant chacun une habitation, qui abritait les habitants pendant l’hiver, et un atelier réservé à des artisans spécialisés. Les forgerons vivaient probablement à proximité du ruisseau, dans les maisons A, B, et C (voir le plan). Ils faisaient griller le minerai de fer des marais dans le bâtiment B et forgeaient dans une pièce du bâtiment A. Ils exploitaient également une forge sur l’autre berge du ruisseau où ils faisaient fondre le fer dans un four.

Carte du lieu historique du Canada de L’Anse aux Meadows
© Parcs Canada

Le four qui servait à la fonte du minerai de fer ressemblait à une fosse tapissée d’argile, recouverte de grosses pierres. Le fer qu’on obtenait n’était pas de la meilleure qualité : les quatre cinquièmes de la production se retrouvaient sous forme de mâchefer. Une fois cette étape terminée, on détruisait le four, et le bâtiment se transformait en forge où le fer était à nouveau chauffé et martelé pour en éliminer les grosses impuretés. C’est seulement ensuite qu’on pouvait forger le fer et façonner des objets, le plus souvent des clous ou des rivets.

Les bâtiments D et E abritaient les charpentiers, comme en témoignent les copeaux et les sciures de bois qu’on trouva enfouis dans le marais à ces endroits.

Les bâtiments F et G étaient surtout réservés à la réparation de navires ou d’embarcations. Les fouilles ont permis de découvrir à ces endroits nombre de rivets provenant des navires. Ils avaient été coupés, enlevés des navires et remplacés par de nouveaux rivets, probablement forgés dans le bâtiment A.

Afin de protéger ces importantes ressources archéologiques, celles-ci ont été enterrées de nouveau sur le site sous une couche de sable blanc et l’endroit des fouilles a été recouvert de gazon.

Leur enterrement comme moyen de protection à long terme rencontre aussi une des conditions fondamentales d’inclusion sur la liste du patrimoine mondial : la protection de la ressource significative.