Lieu historique national du Canada de Castle Hill

Merveilles naturelles et trésors culturels

Sélections : Cette semaine en histoire

Le 11 avril 1713. Dans la ville néerlandaise d'Utrecht, les royaumes de l'Europe de l'Ouest signent une série de traités de paix mettant fin à douze années de combats acharnés. Le dénouement de cette guerre dont l'enjeu de départ était la couronne d'Espagne a des répercussions de l'autre côté de l'Atlantique Nord. Le roi de France, Louis XIV, qui a essuyé des revers importants sur les champs de bataille de l'Europe, se voit contraint de compenser ces pertes en cédant ses possessions d'Amérique du Nord.

Endroits en Amerique Nord affectés par la traité d'Utrecht Endroits en Amerique Nord affectés par la traité d'Utrecht
©Parcs Canada / Krista Banwell
Lorsque débute la guerre de Succession d'Espagne, en 1701, Louis XIV revendique une bonne partie de la moitié nord de l'Amérique du Nord. La France avait des possessions à Terre-Neuve et dominait l'Acadie (les provinces maritimes actuelles), la vallée du Saint-Laurent et la région des Grands Lacs. Elle possédait également des avant-postes le long du Mississippi, jusqu'à son embouchure. L'ouest du continent était encore inconnu des Européens, mais des sections de la baie d'Hudson appartenaient aux Français. L'Angleterre était établie à la baie James et sur une partie de la côte de Terre-Neuve et possédait des colonies maritimes du Maine aux Carolines. Les colonies espagnoles se trouvaient plus au sud et à l'ouest. Le traité de paix signé en 1713 devait modifier tout cela : dans l'est, les conflits à venir se profilaient déjà.

La France abandonne la baie d'Hudson. Dès lors, le commerce français des fourrures dans l'Ouest se fait à partir de Montréal. Plus à l'est, la frontière entre la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France reste floue. Des Sioux à l'Ouest aux Micmacs à l'Est, les Premières nations continuent de subir la rivalité entre la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France, dans laquelle elles jouent aussi un rôle.

La Grande-Bretagne s'empare des possessions françaises à Terre-Neuve. Les colons et les pêcheurs français de Plaisance (Placentia) déménagent à l'Isle Royale (île du Cap-Breton). L'ancienne capitale de l'Acadie, Port Royal, se rend aux troupes de la Nouvelle-Angleterre en 1710 et reste britannique après le traité d'Utrecht. Les administrateurs français, comme les pêcheurs de Plaisance, s'installent au Cap-Breton. Là, dans un havre magnifique, la forteresse de Louisbourg prend forme et devient la gardienne des pêches françaises et des voies navigables menant à Québec. La partie continentale de la Nouvelle-Écosse devient un avant-poste de la Nouvelle-Angleterre.

Le conflit entre les puissances européennes en Amérique du Nord est commémoré dans de nombreux lieux historiques nationaux. Fort Anne, à Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse), York Factory, dans le nord du Manitoba, et Castle Hill (Placentia), à Terre-Neuve, ont tous changé de main en 1713. La spectaculaire forteresse de Louisbourg n'aurait peut-être jamais été construite si la France avait conservé l'Acadie ou Plaisance. Aux deux extrémités de la Nouvelle-Écosse s'élèvent encore des villes portant le nom des deux monarques impliqués dans le conflit - Annapolis Royal pour la reine Anne et Louisbourg, pour Louis XIV. Dans ces noms résonne la puissance des royaumes d'Europe, une puissance qui allait ébranler les fondements des colonies nord-américaines.