Lieux historiques nationaux du Canada de Boishébert et du Chantier-naval-de-l'île Beaubears, J. Leonard O'Brien Memorial

Lieux historiques nationaux du Canada de Boishébert et du Chantier-naval-de-l'île Beaubears, J. Leonard O'Brien Memorial

Merveilles naturelles et trésors culturels

Lieu historique national du Canada de Boishébert

Portrait de Charles Deschamps de Boishébert et de Raffetot, Marquis de Boishébert (1727-1797), c. 1753.  Peinture du marquis, tête et torse, portant une armure de métal.  Il porte l'Ordre de Saint-Louis attaché avec un ruban rose sur la poitrine. La peinture fait partie de la collection permanente du Musée McCord, McGill University à Montréal, Québec.
Portrait de Charles Deschamps de Boishébert et de Raffetot, Marquis de Boishébert (1727-1797), c. 1753. La peinture fait partie de la collection permanente du Musée McCord, McGill University à Montréal, Québec.
© McCord Museum, McGill University, Montréal

Depuis des millénaires, la région de la Miramichi est occupée par des Autochtones qui vécurent des richesses de la rivière et des forêts adjacentes. Les archéologues croient que les Mi'kmaqs se servaient de Quoomeneegook, l'île des Pins et des environs comme campement et comme lieu de cérémonie. Plus tard, les riches ressources de la région attirèrent les entrepreneurs européens dans la région.

En 1636, le commerçant Nicolas Denys se vit conférer une vaste seigneurie qui englobait le confluent de la Miramichi Sud-Ouest et de la Miramichi Nord-Ouest. Au milieu du 18e siècle, plusieurs hameaux acadiens avaient vu le jour autour du port de Miramichi et le long de la rivière. La population de ces petits établissements ne cessait de fluctuer, certains Acadiens choisissant d'aller vivre plus au nord, au Québec et dans la région de la Ristigouche, et d'autres arrivants de la région de la baie de Fundy. Après la Déportation des Acadiens en 1755, un officier canadien français affecté à cette région, Charles Deschamps de Boishébert, amena plusieurs grands groupes d'Acadiens dans la région de la Miramichi. Le premier de ces groupes serait arrivé dans la région pendant l'été de 1756.

En 1757 et en 1758, il semble que les Français se soient servis des hameaux de la Miramichi comme points de rassemblement pour des campagnes contre les Anglais de la Nouvelle-Écosse et pour des expéditions à l'appui des Français à Louisbourg. Ils l'utilisaient également comme station de transbordement des marchandises destinées à Louisbourg. La description la plus ancienne de ce secteur donne à entendre que le hameau se trouvait en grande partie sur ce qui est aujourd'hui la pointe Wilson.

En 1785, l'arpenteur Benjamin Marston indiquait en effet qu'il existait jadis sur cette pointe un village français de taille considérable dont les ruines étaient alors encore visibles. De même, dans ses écrits sur les débuts du Nord-Est du Nouveau-Brunswick, l'historien Robert Cooney associe lui aussi le hameau à cette pointe. À ses dires, la pointe Beaubair's [sic] comprenait autrefois plus de deux cents bâtiments, y compris une chapelle et des magasins de provisions, et on pouvait encore y voir les ruines de caves, de puits et de cheminées.

Pendant les hivers de 1756-1757 et de 1757-1758, les habitants des hameaux de la Miramichi furent terrassés par la famine et la maladie. Personne ne sait précisément combien en moururent, mais les ouvrages de référence de l'époque et ceux des années subséquentes laissent entendre que le nombre de victimes aurait atteint bien au-delà de 1 000 personnes dans les trois principaux hameaux. En septembre 1758, le colonel James Murray détruisit plusieurs hameaux acadiens à l'embouchure de la rivière Miramichi. Il ne voyagea pas jusqu'à l'île et il se peut que le hameau de l'île Beaubears, qui était déjà en déclin par suite de l'exode des familles vers le Québec, fut détruit par l'Anglais John Byron, capitaine du Fame en juin 1760.