Lieu historique national du Canada de la Maison-Riel

Patrimoine Culturel – Visite virtuelle

Maison-Riel
Maison-Riel
© Parcs Canada

On est au printemps de 1886. La famille est en deuil, comme l'indique la croix noire érigée sur le toit de la maison. Louis-David Riel, fondateur du Manitoba, était le père, le frère, l'époux et le fils des membres de cette famille. Son exécution comme traître, à peine six mois plus tôt, les laisse dans une profonde tristesse. Voilà l'impression que l'on ressent en entrant dans la Maison-Riel : l'univers d'une famille et d'un peuple humilié à Batoche, la fin du rêve des Métis.





Salon
Salon
© Parcs Canada

Dans le salon, le deuil est évident : un crêpe noir drape la photo de Riel, dont la dépouille a été exposée pendant deux jours en attendant sa sépulture dans le cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface. Ce qui n'empêche pas la vie de continuer, comme en témoignent les traces de la culture métisse. Des articles achetés au magasin, comme des lampes à huile et des horloges, côtoient des pièces artisanales, comme les chaises en lanières de peau de bêtes et les articles tissés à la main. Le mélange des cultures européenne et autochtone est évident. Les hamacs (wewepisoni) servaient souvent de lits pour les bébés, tout comme les berceaux d'origine européenne.


Poêle du salon
Poêle du salon
© Parcs Canada

De l'autre côté de la pièce, un poêle en fonte rappelle à la réalité des hivers manitobains. Les plaques de métal qui l'entourent pour réfléchir la chaleur indiquent qu'il était le point de ralliement des 12 membres de la famille en quête de chaleur pour vaquer à leurs activités quotidiennes. Il peut être étonnant de voir que 12 personnes pouvaient partager un si petit espace, mais beaucoup d'autres familles étaient encore plus à l'étroit dans leur maison.



Cette chambre privée, par exemple, révèle un luxe inhabituel à cette époque. Normalement utilisée par Julie Lagimodière-Riel, mère de Louis Riel, elle était occupée en 1886 par Marguerite Monet-Riel, veuve de Louis, car elle avait une maladie contagieuse et fatale; la tuberculose. D'autres signes dans la maison confirment la prospérité de la famille : la porcelaine, les miroirs et le lit acheté au magasin.

Riel House Summer Kitchen
Riel House Summer Kitchen
© Parcs Canada

La cuisine d'été se trouvait juste à côté du salon. Au printemps, d'une façon presque rituelle, les gens sortaient de la maison le poêle qui, pendant l'hiver, avait servi à faire la cuisine et à chauffer. On le transportait dans une petite pièce à part qu'on appelait cuisine d'été, et dans laquelle on préparait les repas pour ne pas surchauffer la maison. L'hiver, la famille Riel se servait de cette pièce pour entreposer le bois de chauffage et garder la nourriture au frais, car elle n'était pas isolée.



Jardin de la Maison-Riel
Jardin de la Maison-Riel
© Parcs Canada

Si la vie en hiver se déroulait surtout à l'intérieur de la maison, l'été donnait l'occasion d'exécuter en plein air les travaux nécessaires à la subsistance de la famille. La propriété des Riel était comme les autres, c'est-à-dire une longue parcelle de terrain étroite qui s'étendait de la Rouge à la Seine et dont la largeur ne dépassait pas 150 ou 200 mètres. Les gens jouissaient donc d'un accès légal à la rivière et aux pâturages. On y cultivait des légumes et des céréales, telles que le blé, le seigle et l'avoine, pour subvenir aux besoins de la famille. Les jardins de la Maison Riel sont encore cultivés, mais ils ne sont plus aussi vastes que dans les années 1880.

La famille Riel a occupé le Lieu historique national actuel jusqu'en 1969. Parcs Canada a acheté la propriété en 1970 et lui a redonné son aspect de 1886. Aujourd'hui, elle est le symbole non seulement d'une personne et d'une famille, mais de tout le peuple métis issu de la traite des fourrures. Grâce au leadership que leur a légué Louis Riel, les Métis continuent toujours de participer à la vitalité du Manitoba et du Canada.