Duane Collins, un interprète de Parcs Canada, à côté du cadran originale créé par William Wales et Joseph Dymond. Le cadran est exposé au centre d'accueil de Parcs Canada au Churchill (Manitoba). Illustration détaillée du cadran. © Parcs Canada
Un transit de Vénus au fort Prince-de-Galles
Une photographe du transit de Vénus au 2004 © Tom Van Baak
Le lieu historique national du Fort-Prince-de-Galles, près de Churchill, au Manitoba, évoque des images de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la lutte épique entre la France et l’Angleterre pour les ressources de la région de la baie d’Hudson.
Ce fort fut aussi l’un des quelques endroits au monde où des scientifiques se réunirent au XVIIIe siècle pour observer le « transit de Vénus » – un phénomène qui survient lorsque la planète Vénus passe entre la Terre et le Soleil et occulte ainsi une petite partie du disque solaire. Pendant le transit, Vénus forme un petit disque noir qui peut être observé devant le Soleil.
Les transits de Vénus sont un phénomène astronomique rare. Ils surviennent par paires à peu près tous les cent ans. Le transit le plus récent s’est produit en juin 2004. Il s’agissait du premier d’une série de deux phénomènes semblables qui auront lieu au cours du siècle actuel. Le second transit sera visible en Amérique du Nord le 5 juin 2012, après quoi il faudra attendre jusqu’en décembre 2117 pour assister au prochain transit.
En 1768, la Royal Society d’Angleterre organisa des expéditions au fin fond du monde pour observer et consigner le transit de Vénus de 1769. Les Anglais espéraient se servir de l’information recueillie pour calculer la distance entre la Terre et le Soleil et surclasser ainsi les Français dans cette quête scientifique. Des astronomes furent dépêchés dans diverses régions du monde, dont la Norvège, Tahiti et le fort Prince-de-Galles, sur les côtes glaciales de la baie d’Hudson.
William Wales et son adjoint, Joseph Dymond, arrivèrent au fort Prince-de-Galles en 1768, une année complète avant le phénomène astronomique prévu. Dans le bastion sud-est du fort, ils construisirent deux « observatoires » d’où ils pourraient observer le transit. Wales et Dymond durent inventer un cadran solaire spécial pour recueillir leurs données; depuis le fort, le soleil traçait une ligne trop basse sur l’horizon pour qu’un cadran solaire classique puisse enregistrer les données nécessaires. Ils taillèrent leur outil dans du grès provenant d’une source située à 50 km au nord-ouest du fort. Le cadran solaire original se trouve dans le Centre d’accueil de Parcs Canada à Churchill.
Après avoir observé le transit de Vénus en 1769, Wales et Dymond rentrèrent chez eux armés de leurs données. Ils devinrent les premiers scientifiques connus à passer l’hiver sur les côtes de la baie d’Hudson.
Illustration, basé sur une description historique, d’un observatoire dont se sont servais par William Wales et Joseph Dymond pour observer le transit de Vénus à partir du Fort Prince-de-Galles en juin 1769; Une carte du style du18 e siècle montrant où ils se trouvaient.© Specula astronomica minima