Lieu historique national de Lower Fort Garry
Histoire
C´est au lieu historique national de Lower Fort Garry que fut signé le traité no 1 entre les Ojibwa et les Moskégons du Manitoba, d'une part, et la Couronne, d'autre part.
Dans le magasin© Parcs Canada/ FGPN 325
Lower Fort Garry était un important lieu d'affaires pour toute la colonie de la rivière Rouge. Les agriculteurs et les trappeurs s'y rendaient pour obtenir ce dont ils avaient besoin pour l'année et les communautés autochtones des régions environnantes faisaient de nombreuses affaires avec la Compagnie de la baie d'Hudson. De nombreux Autochtones échangeaient des objets de cuir, des produits agricoles et du poisson séché avec la Compagnie et d'autres encore travaillaient pour cette dernière en participant aux expéditions annuelles de chasse au bison.
Ce mode de vie s'est poursuivi tout au long des années 1850 et 1860. De nombreuses femmes Autochtones étaient d'ailleurs embauchées dans les fermes de la Compagnie tandis que certains hommes travaillaient pour une petite exploitation de pêche sur la rivière Rouge.
C'est en 1871 que le traité no 1 fut signé à Lower Fort Garry. Une plaque commémorant la signature de cet accord a été posée à l'extérieur du portail ouest du fort.
Lower Fort Garry fut également un important centre d'approvisionnement agricole et industriel au temps de la traite des fourrures dans l'Ouest du Canada.
Charrette de la rivière Rouge© Parcs Canada/ Summer 1999
Contrairement à la croyance populaire, Lower Fort Garry n'était pas principalement un poste de traite des fourrures. S'il est vrai que la Compagnie de la baie d'Hudson y achetait des peaux, bon nombre d'entre elles étaient cependant expédiées au fort depuis les régions environnantes, puis emballées de nouveau en vue de leur transport en Angleterre via Norway House et York Factory.
En fait, c'est surtout le commerce des produits agricoles qui se faisait avec les colons de la région. Les colons avaient tous une ferme qui servait tout d'abord à leur propre approvisionnement; toutefois, lorsqu'ils avaient des produits excédentaires, ils les vendaient à la Compagnie.
La Compagnie de la baie d'Hudson espérait que les agriculteurs de la colonie seraient en mesure de lui fournir une bonne partie des vivres nécessaires à l'approvisionnement de ses employés dans le Nord. En effet, l'expédition de marchandises à partir de Lower Fort Garry présentait deux avantages : premièrement, les coûts étaient moins élevés, car il ne serait désormais plus nécessaire de faire expédier des vivres de la lointaine Angleterre, et deuxièmement, la nourriture serait plus fraîche une fois arrivée à destination.
À partir des années 1840, la Compagnie de la baie d'Hudson fit construire, à Lower Fort Garry, un certain nombre de bâtiments à des fins industrielles. Il y avait notamment un moulin à broyer le grain, une scierie, une brasserie et distillerie, une forge et des fours à chaux.
L'emplacement stratégique du fort du point de vue du transport fluvial était d'une importance capitale.
Un bateau York© Parks Canada/ FGPN 146
Pour aller de la baie d'Hudson à la colonie de la rivière Rouge, les bateaux York devraient parcourir environ 1100 km (700 milles) entrecoupés de douzaines de portages épuisants. Chaque bateau York pouvait contenir jusqu'à trois tonnes de marchandises et, lors des portages, les membres d'équipage devaient porter des charges de plus de 91 kg (200 livres) sur le dos.
Upper Fort Garry se prêtait bien à l'expédition de marchandises en raison de son emplacement au confluent des rivières Rouge et Assiniboine; toutefois, à cause des rapides de St. Andrew's (qui exigeaient un autre portage) et du risque annuel d'inondation, il s'avéra nécessaire de construire un fort sur un terrain plus élevé, situé en aval des rapides.
Lower Fort Garry a donc été, pendant une courte période, un important poste de transbordement pour la Compagnie de la baie d'Hudson. En raison des facteurs ci-dessus, et de tout l'espace dont disposait la Compagnie pour héberger les équipages, le fort était l'endroit idéal pour le transport de marchandises.
Les structures en pierre qui existent encore aujourd'hui constituent d'importants exemples de l'architecture qui prévalait au début de l'époque de la traite des fourrures.
Devant l'entrepôt des fourrures © Parcs Canada/ Summer 1999
Lower Fort Garry est caractérisé par divers styles architecturaux qui ont connu une grande popularité à l'époque de la traite des fourrures.
Plusieurs différentes méthodes de construction furent employées au fort étant donné que l'on trouvait du bois à 32 km (20 milles) au nord de l'établissement et qu'il y avait une abondance de calcaire sur place. Les structures construites à la fois de pierre et de bois abondaient à l'époque, et les bâtiments historiques qui existent toujours aujourd'hui témoignent des méthodes de construction en usage il y a 150 ans.
Les deux principales techniques étaient le colombage pierroté et la construction à ossature-bois dite "de la rivière Rouge". La première technique a été utilisée pour construire la maison des hommes, l'annexe de la grande maison ainsi que l'écurie, qui n'existe plus aujourd'hui. Quant à la seconde, on peut en voir des exemples dans le bastion sud-ouest, où une exposition explique certaines des techniques architecturales de l'époque.
Les tuniques rouges à Lower Fort Garry