Lieu historique national du Canada de La Fourche

Histoire

La Fourche et l'immigration : 1870-1920

Hangars de l'immigration
Hangars de l'immigration
© Archives national du Canada / PA-122676

Grand centre ferroviaire, il est facile d'imaginer que La Fourche a vu arriver bon nombre de ceux qui ont immigré dans l'Ouest canadien. Cependant, le rôle du lieu dans l'immigration est antérieur à l'avènement du chemin de fer au Manitoba. En effet, dès l'incorporation du Manitoba au Canada en 1870, de nombreux immigrants sont arrivés à Winnipeg par bateau et liaisons ferroviaires par le nord des États-Unis. En 1872, le gouvernement canadien a construit deux hangars d'immigration à La Fourche, chacun d'eux pouvant accueillir 500 personnes à la fois.

Peu après, on a vu naître un bidonville appelé les « flats » au nord-ouest de La Fourche, où s'entassait une grande partie des immigrants démunis de la ville. Les flats abritaient jusqu'à 2000 personnes. Le secteur a été dévasté par l'inondation de 1882, mais les bidonvilles ont vite réapparu.

Affiche d'encouragement à l'immigration
Affiche d'encouragement à l'immigration
© Archives provincial de Manitoba

Les immigrants ne venaient pas que de l'Est du Canada. Le gouvernement canadien investissait des ressources considérables pour attirer des gens de l'Europe de l'Est et de l'Ouest, de même que des États-Unis. Curieusement, les dépliants destinés à attirer des gens au Manitoba ne faisaient pas mention du temps. Les hivers canadiens étaient décrits comme vifs et tonifiants, mais jamais simplement comme froids. La perspective d'acquérir beaucoup de terres à bon marché a fait accourir des milliers de personnes du monde entier, malgré les difficultés énormes qu'elles ont dû surmonter pour y arriver.

Les immigrants qui se sont rendus dans l'Ouest du pays en passant par La Fourche ont modifié le caractère de la ville et du pays. Les signes de changements matériels qui sont présents à La Fourche correspondent à des périodes de mutation de l'histoire canadienne, mutations qui ont eu une incidence profonde sur tous les Canadiens.