Lieu historique national du Canada de La Fourche

Loisirs

Bâtons à jouer

« Les bâtons à jouer » étaient des pièces de jeu dont se servaient la plupart des peuples autochotones du Canada. Bien qu'aucune preuve archéologique ne permette de l'affirmer, on sait que les Premières nations qui se rencontraient, campaient, faisaient le commerce et socialisaient au confluent des rivières Rouge et Assiniboine, connu aujourd'hui sous le nom de La Fourche, s'adonnaient à ces « jeux de bâtons ». Parmi ces peuples, on retrouvait les Anishinaabe (Ojibwé, Saulteux), les Cris, les Dakota (Sioux), les Nakota (Assiniboine) et les Mandan.

À l'origine, selon la culture, on pouvait utiliser de 10 à plus de cent bâtons à jouer au cours d'une partie. Ces bâtons mesuraient de 10 à 51 cm de longueur et étaient fabriqués d'érable, de frêne, d'épinette, de saule, de sumac, de roseaux, de paille ou même d'os. Les bâtons de bois étaient coupés net à la taille désirée, puis polis à l'aide de la plante appelée prêle (Equisitum spp). Certaines cultures ont créé des bâtons finement sculptés, peints et incrustés de petits morceaux de coquillages ou d'ivoire. Chaque marque que portait le bâton déterminait sa valeur et son nom. Les motifs décoratifs sculptés étaient des représentations symboliques ou graphiques d'une forme animal ou d'objets liés à la nature et associés à la des gens. Ces jeux étaient des jeux où intervenaient à la fois le hasard et le calcul, et les règles et les bâtons utilisés variaient beaucoup selon la culture et les matériaux disponibles.

Les travaux de Robert Houle reproduisent deux ensembles de bâtons à jouer tahltan (habitants du Nord de la Colombie-Britannique) qui font aujourd'hui partie de la collection du University of Pennsylvania Museum. Les 21 bâtons à jouer en bronze exposés ici à La Fourche portent des décorations associées à deux des quatre éléments de la nature : la terre et l'eau. Mesurant à l'origine 20-30 cm de longueur sur 1-2 cm de largeur et portant des lignes et des bandes circulaires peintes, de couleur noire et rouge et de largeur variée, ces bâtons à jouer ont été agrandis pour en faire des reproductions artistiques de cérémonial. Robert Houle espère, par le truchement de ses bâtons, offrir une représentation tangible des activités de rencontre, de commerce et de socialisation qui avaient lieu à La Fourche et illustrer le rôle que La Fourche a joué dans la vie des tribus autochtones au cours des millénaires.

Source :

Don de la Winnipeg Art Gallery au lieu historique national de La Fourche (Parcs Canada)
Commandité par la Corporation manitobaine des loteries
Appuyé par le Conseil des arts du Manitoba et le Conseil des arts du Canada