PARCS CANADA AUTHENTIFIE LA SIGNATURE DE SIMON FRASER SUR UN ROCHER
Version imprimable de la fiche d'information - PDF 2,11 Mo
QUI ÉTAIT SIMON FRASER?
Simon Fraser
© Parcs Canada / BCARS
Commerçant et explorateur au service de la Compagnie du Nord-Ouest, Simon Fraser (20 mai 1776 – 18 août 1862) cartographia la majeure partie du territoire de la Colombie Britannique. En 1805, Fraser était devenu responsable de l’ensemble des opérations de la Compagnie à l’ouest des Rocheuses, et il était chargé de construire et d’établir le premier réseau de postes de traite de la Nouvelle-Calédonie. En 1808, il descendit le fleuve Fraser vers le sud jusqu’à l’océan Pacifique – un périple jalonné de dangers et de conflits périlleux. Persuadé qu’il se trouvait sur le puissant fleuve Columbia, Fraser fut déçu d’arriver dans la région de Vancouver pour découvrir qu’il était trop au nord. Le cours d’eau qu’il avait suivi n’était pas le Columbia, mais plutôt un nouveau fleuve encore inexploré. Peu après cette expédition historique, Simon Fraser quitta la Nouvelle Calédonie pour aller gouverner le district de la Rivière-Rouge de la Compagnie du Nord-Ouest au Manitoba. Le puissant fleuve Fraser, le lac Fraser et plusieurs collectivités et institutions de la Colombie-Britannique portent aujourd’hui son nom en souvenir de ses réalisations dans l’Ouest canadien.
ÉTAIT-CE OU NON LA SIGNATURE DE FRASER?
Pendant des années, les rives du spectaculaire lac Stuart, dans la région de Fort St. James, ont recelé un secret qui a défié l’épreuve du temps. En 1806, Simon Fraser signa son nom sur un bloc de roche calcaire dans ce qui est aujourd’hui l’actuel parc provincial du Mont-Pope. Estompé après 200 ans, ce croquis est un rappel durable du rôle de Simon Fraser dans l’histoire de l’exploration du Centre de la Colombie-Britannique par les Européens. Les lettres Simon F furent imprimées sur le roc avec de l’ocre de couleur rougeâtre. Après plus de 200 ans d’érosion du calcaire, le carbonate de calcium a réduit la clarté du croquis et a sans doute érodé les autres lettres du nom Fraser. Jusqu’à tout récemment, il n’avait pas été possible d’authentifier la roche et de confirmer que la signature correspondait à celle de Fraser. BC Parks a délimité l’emplacement de la signature et d’une série de pictogrammes qui se trouvent tout près, et il leur a attribué le statut de ressources culturelles. Ces ressources sont maintenant protégées dans le parc provincial du Mont-Pope, un parc de catégorie A qui fait partie du réseau d’aires protégées administrées par BC Parks.
1806 OU 1808?
Même si le croquis était connu de la Première nation locale des Nak’azdlis depuis bien des années, il subsistait un doute quant à son authenticité. Était-ce en 1806 ou en 1808, et pourquoi cette date est-elle importante? Les archives révèlent que Simon Fraser se trouvait dans la région du fort St. James en 1806. Si la signature datait de 1808, Parcs Canada aurait présumé qu’elle était fausse.
© Parcs Canada
En 1994, les archéologues de Parcs Canada ont photographié le site en recourant à diverses méthodes, mais l’analyse des photos n’a pas permis d’authentifier la date de la signature. En 2009, par suite de l’introduction d’un logiciel d’allongement par décorrélation (logiciel DStretch) pour l’analyse des pictogrammes et de l’art rupestre dans le monde, Parcs Canada a pu obtenir des images plus claires de la signature. Le logiciel DStretch a précisé la pigmentation de la signature et a permis aux archéologues de Parcs Canada de conclure ce qui suit :
- L’ocre utilisée pour la signature est semblable à celle qui a été employée pour les pictogrammes voisins (hématite).
- La présence d’une couche de carbonate de calcium sur la signature témoigne d’un vieillissement authentique. Même si la signature est fausse, il s’agit d’une vieille reproduction.
- La graphoanalyse révèle que les lettres ressemblent de très près aux entrées de journal de Simon Fraser et à la correspondance qu’il a écrite en 1806. Le caractère fluide de la signature vient corroborer la notion voulant que les marques laissées sur la roche résultaient d’un mouvement libre plutôt que d’une tentative de copier l’écriture de Simon Fraser.
La graphoanalyse de la signature repose sur une certaine subjectivité. Cependant, l’âge de la signature, l’authenticité des matériaux utilisés et le fait que Fraser se trouvait dans la région à l’époque sont autant d’éléments qui appuient la thèse d’une signature authentique.
POURQUOI SIMON FRASER A-T-IL SIGNÉ SON NOM SUR LA ROCHE?
Personne n’en est absolument sûr, mais on sait que certains explorateurs de l’époque avaient l’habitude d’attester leur passage en laissant une trace indélébile. Par exemple, Alexander Mackenzie consigna sa première traversée terrestre du Canada sur un rocher près de l’actuel hameau de Bella Coola, en Colombie-Britannique. La roche où Simon Fraser inscrivit son nom se trouve près de la rive du lac, juste en aval d’un site hautement sacré de pictogrammes attribués aux Premières nations locales des Nak’azdlis. Il fut peut-être influencé par le fait que des Autochtones de la région avaient déjà recours à cette méthode dans des buts semblables au sien.
OÙ PUIS-JE ME RENSEIGNER SUR SIMON FRASER?
Parcs Canada exploite deux lieux historiques nationaux qui portent sur l’histoire de Simon Fraser en Colombie-Britannique. Pendant votre séjour dans la province, profitez-en pour les visiter :
LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU FORT-ST. JAMES :
Poste de traite exploité de 1806 à 1950, fondé par Simon Fraser pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest. Ne manquez pas le programme d’interprétation sur Simon Fraser qui vient d’être élaboré pour 2011 et visitez la plus grande collection canadienne de bâtiments en bois originaux de l’époque de la traite des fourrures. Un séjour extraordinaire sur les rives du spectaculaire lac Stuart.
LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU FORT-LANGLEY :
Poste de traite fondé dans les années 1820 sur les berges du puissant fleuve que Simon Fraser explora pendant son périple historique en 1808. C’est au fort Langley que fut lue la proclamation créant la province de la Colombie Britannique. Ce dépôt d’approvisionnement faisait à l’époque partie du réseau complexe de postes de traite de la Nouvelle-Calédonie. Une visite agréable et charmante au cœur de la vallée du Fraser.
N. B. : Vous avez besoin du logiciel Adobe Acrobat Reader pour lire la version PDF.
Si vous n'avez pas accès au site de téléchargement d'Adobe, vous pouvez télécharger le logiciel Acrobat Reader d'une page accessible.
Si l'accessibilité à un document PDF pose un problème, vous pouvez convertir le fichier en format texte HTML ou ASCII en utilisant l'un des services d'accès offerts par Adobe (en anglais seulement).